تقرير منظمة العفو الدولية لعام  2012
حالة حقوق الإنسان في العالم

وثيقة - Colombia: Amenazas contra el hermano de un hombre asesinado.


AU 299/09, AMR 23/026/2009 – Colombie 5 novembre 2009


ACTION URGENTE

LE FRÈRE D'UNE VICTIME D'HOMICIDE MENACÉ

Un homme dont le frère a été tué par les forces de sécurité a reçu des menaces de mort.Sa vie est en danger.

Le 2 novembre, une lettre a été glissée sous la porte de John Smith Porras Bernal.Son contenu était le suivant : « Peu importe que tu te caches et t'enfermes dans cet appartement parce que tu sortiras et on t'attrapera, parce qu'on t'a dit [...], si tu ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose, fiche le camp dès que possible car tu as très peu de temps.N'oublie pas qu'on ne joue pas, parce qu'on t'a déjà repéré, crois-nous, on ne joue pas… »

Le domicile de John Smith Porras Bernal est situé à Soacha, une banlieue pauvre de la capitale colombienne, Bogotá. Cet homme y a reçu le 20 octobre un message de menaces lui ordonnant d'« accepter les conséquences », en référence à une lettre envoyée le 10 octobre dans laquelle il était écrit que lui et les autres habitants de Soacha dont un proche avait été sommairement exécuté par l'armée devaient garder le silence,ce qu'ils n'ont pas fait.

Le frère de John Smith Porras Bernal, Fair Leonardo Porras Bernal, a été vu pour la dernière fois le 8 janvier 2008 ;il avait alors vingt-six ans. Le 16 septembre de la même année, sa mère a appris que son corps avait été retrouvé dans une fosse commune dans le département du Norte de Santander (nord-est du pays).L'armée a affirmé qu'il faisait partie d'un groupe armé illégal et était mort au combat le 12 janvier 2008. Une enquête menée par le Bureau du procureur générala révélé que l'armée mentait et qu'elle avait tué ce jeune homme et plusieurs autres originaires de Soacha et d'ailleurs.Ces derniers avaient été attirés hors de leur domicile par de fausses promesses telles qu'un travail dans une autre ville, alors qu'ils allaient être emmenés par l'armée qui les tuerait et les présenterait comme des guérilleros morts au combat.

La mère de Fair Leonardo Porras Bernal, Luz Marina Porras Bernal, s'est jointe à d'autres mères de Soacha dont les fils ont été tués par l'armée afin de tenter d'obtenir justice pour le sien. Étant donné que John Smith Porras Bernal l'aide, les menaces qu'il a reçues pourraient être destinées à empêcher cette femme de faire campagne pour que la justice soit rendue.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS (en espagnol ou dans votre propre langue) :

  • engagez les autorités à diligenter des investigations approfondies et impartiales sur les menaces reçues par John Smith Porras Bernal, à en rendre publiques les conclusions et à déférer à la justice les responsables présumés ;

  • exhortez-les à prendre des mesures radicales afin de garantir la sécurité de cet homme, de sa mère Luz Marina Porras Bernal et des autres proches de victimes d'exécutions extrajudiciaires, en respectant les souhaits des personnes concernées ;

  • demandez qu'une enquête approfondie et impartiale soit menée sur les allégations d'exécutions extrajudiciaires commises par l'armée, que ses conclusions soient rendues publiques et que les responsables présumés soient traduits en justice.

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 17 DÉCEMBRE 2009 À :

Ministre de la Défense :

Dr. Gabriel Silva

Avenida El Dorado, Carrera 52 OFI. 217, Centro Administrativo Nacional (CAN), Bogotá, Colombie

Fax : +57 1 266 0351

Formule d'appel :

Estimado Dr. Silva, / Monsieur le Ministre,




Procureur général :

Sr. Guillermo Mendoza Diago (e)

Fiscal General de la Nación, Fiscalía General de la Nación

Diagonal 22B (Av. Luis Carlos Galán No. 52-01) Bloque C, Piso 4, Bogotá, Colombie

Fax : +57 1 414 91 08

Formule d'appel :

Estimado Sr. Fiscal, / Monsieur le Procureur général,


Copies à :

Ministre des Affaires étrangères :

Sr. Jaime Bermúdez

Ministerio de Relaciones Exteriores

Calle 10 No 5-51, Palacio de San Carlos, Bogotá, Colombie

Fax : +57 1 381 47 21

Formule d'appel :

Estimado Sr. Bermúdez, / Monsieur le Ministre,


Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de la Colombie dans votre pays. Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

ACTION URGENTE

LE FRÈRE D'UNE VICTIME D'HOMICIDE MENACÉ

INFORMATIONS GÉNÉRALES

En 2008, l'assassinat de dizaines de jeunes gens de Soacha a contraint le gouvernement à admettre enfin que les forces de sécurité se rendaient coupables d'exécutions extrajudiciaires. Présentées à tort par l'armée comme des « guérilleros morts au combat », les victimes auraient été tuées avec la complicité de groupes paramilitaires ou de bandes criminelles : dans certains cas, en guise de récompense pour avoir « tué un guérillero », des soldats ont reçu de l'argent, des jours de permission supplémentaires et des lettres de félicitations de leurs supérieurs.


Le scandale provoqué par cette affaire a entraîné la mise à pied, en octobre 2008, de 27 militaires dont trois généraux, ainsi que la démission, en novembre, du chef des armées, le général Mario Montoya, qui avait été associé à des affaires de violations des droits fondamentaux. Le président Uribe a déclaré que les homicides de Soacha feraient l'objet d'une enquête par la justice civile et non par la justice militaire, qui souvent revendique sa compétence dans ce genre d'affaires mais les abandonne sans avoir procédé à des investigations sérieuses.


Selon certaines sources, le Bureau du procureur général enquête sur plus de 2 000 cas d'exécutions extrajudiciaires qui auraient été commises par les forces de sécurité.





AU 299/09, AMR 23/026/2009, 5 novembre 2009