تقرير منظمة العفو الدولية لعام  2012
حالة حقوق الإنسان في العالم

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Amnesty International

BULLETIN D'INFORMATION 059/2004 page 2





ÉTATS-UNIS

Nouvelle injustice au Texas : un homme souffrant de troubles mentaux doit être exécuté dans deux mois

Index AI : AMR 51/049/2004
ÉFAI

Embargo : jeudi 18 mars 2004 (00h01 TU)


COMMUNIQUÉ DE PRESSE


L’État du Texas prévoit d’ôter la vie dans sa chambre d’exécution, par injection létale, à un autre homme souffrant de troubles mentaux, a averti Amnesty International ce jour, jeudi 18 mars 2004, à l’occasion de la publication d’un nouveau rapport sur cette affaire.

Kelsey Patterson doit être exécuté au Texas le 18 mai, pour un double meurtre commis en 1992. Il souffre depuis longtemps de graves troubles psychiques et un premier diagnostic formulé en 1981 avait fait état de psychose hallucinatoire chronique.

Il ne fait aucun doute que Kelsey Patterson a abattu Louis Oates et Dorothy Harris, et il est presque certain que la maladie mentale est à l’origine de ce crime tragique. Kelsey Patterson n’a absolument pas tenté d’échapper à son arrestation : après avoir fait feu sur les victimes, il a posé son arme, s’est déshabillé et a marché de long en large dans la rue, en chaussettes, hurlant des mots incompréhensibles. La police l’a alors interpellé.

En 2000, un juge fédéral notait que « Patterson n’avait aucun mobile pour ces homicides… Il affirme qu’il commet des actes de manière involontaire et que des forces extérieures le contrôlent grâce à des implants nichés dans son cerveau et dans son corps. Il a toujours maintenu qu’il était victime d’un complot soigneusement établi, dont ses avocats et ses médecins font partie. Il refuse de coopérer avec les uns et les autres ; il refuse de se faire examiner par des experts psychiatriques depuis 1984, de recevoir des soins dentaires et de reconnaître que ses avocats le représentent ».

Un jury a déclaré Kelsey Patterson apte à être jugé. Pourtant, lors de l’audience destinée à déterminer son aptitude à être jugé, tout comme lors du procès de 1993, il a à maintes reprises interrompu les débats pour livrer des propos décousus quant aux appareils implantés dans son corps et autres aspects du complot ourdi contre lui. Ce comportement constituait la preuve convaincante que ses hallucinations ne lui permettaient pas de comprendre de manière rationnelle ce qui se déroulait ni de s’entretenir avec ses avocats.

D’autres éléments indiquent que sa pensée se fonde sur des fantasmes : depuis qu’il a appris la date de son exécution, Kelsey Patterson a écrit plusieurs lettres aux juges et au Comité des grâces et des libérations conditionnelles, dans lesquelles il parle du sursis permanent qui lui a été accordé en raison de son innocence.

L’affaire Kelsey Patterson soulève des questions plus générales sur le traitement que la société réserve aux personnes souffrant de troubles mentaux. Sa famille avait tenté en vain de le faire soigner, et ce avant son crime. Si Kelsey Patterson est exécuté, ce ne sera pas la première fois que le système texan enterre, pour ainsi dire, sa propre défaillance dans sa chambre d’exécution. Larry Robison, exécuté en 2000, souffrait de psychose hallucinatoire chronique bien avant de perpétrer le crime pour lequel il a été condamné à mourir. Sa famille avait tenté d’obtenir de l’aide, mais cette demande avait été rejetée au motif qu’il ne s’était pas encore montré violent.Quant à James Colburn, une psychose hallucinatoire chronique avait également été diagnostiquée. Sa famille avait aussi cherché, en vain, à ce qu’il reçoive des soins médicaux appropriés avant le meurtre pour lequel il a été envoyé dans l’antichambre de la mort. Il a été exécuté en mars 2003. Le mois dernier, Scott Panetti s’est vu accorder un sursis d'une durée de soixante jours, peu avant la date qui avait été fixée pour son exécution au Texas. Il avait été hospitalisé de nombreuses fois pour troubles psychiques avant de commettre son crime.

À maintes reprises, la Commission des droits de l'homme des Nations unies a demandé de ne plus recourir à la peine de mort contre des personnes atteintes de troubles mentaux. Au mépris de ces résolutions, les États-Unis continuent d’appliquer ce châtiment à des personnes souffrant de tels troubles, perpétuant ainsi une pratique révoltante.


Pour plus d’informations, consultez le rapport ayant trait à l’affaire Kelsey Patterson :

Another Texas injustice: The case of Kelsey Patterson, mentally ill man facing execution, http://web.amnesty.org/library/Index/ENGAMR510472004

Pour en savoir plus, consultez également les documents suivants, en anglais :

Time for humanitarian intervention: The imminent execution of Larry Robison http://web.amnesty.org/library/Index/ENGAMR511071999

James Colburn: Mentally ill man scheduled for execution in Texas http://web.amnesty.org/library/Index/ENGAMR511582002

"Where is the compassion?": The imminent execution of Scott Panetti, mentally ill offender http://web.amnesty.org/library/Index/ENGAMR510112004 


Pour obtenir de plus amples informations, veuillez contacter le Service de presse d'Amnesty International à Londres, au +44 20 7413 5566, ou consulter le site http://www.amnesty.org



La version originale a été publiée par Amnesty International,
Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 0DW, Royaume-Uni.
La version française a été traduite et diffusée par Les Éditions Francophones d'Amnesty International – Éfai –
Vous pouvez consulter le site Internet des ÉFAI à l’adresse suivante :
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