وثيقة - Sri Lanka. Deux journalistes sri-lankaises menacées
AU 288/09, ASA 37/023/2009 – Sri Lanka 27 octobre 2009
ACTION URGENTE
DEUX JOURNALISTES SRI-LANKAISES MENACÉES
Deux rédactrices d'un hebdomadaire national sri-lankais, Frederica Jansz et Munza Mushataq, ont été menacées de mort. Le fondateur et ancien rédacteur en chef de ce journal, Lasantha Wickrematunge, a été tué en janvier après avoir reçu des menaces similaires.
Le 22 octobre, Frederica Jansz, rédactrice en chef du Sunday Leader, et Munza Mushataq, directrice de l'information de ce journal, ont reçu par courrier des menaces de mort identiques, écrites à la main à l'encre rouge. Lasantha Wickrematunge a été tué trois semaines après avoir reçu des menaces similaires, également rédigées à l'encre rouge.
Ces menaces font référence à des informations publiées par le Sunday Leaderau sujet d'une vidéo, diffusée sur la chaîne de télévision britannique Channel Four en août, qui montrerait des soldats sri-lankais exécutant des prisonniers tamouls. Le gouvernement sri-lankais a affirmé que cette vidéo était truquée, mais le 18 octobre, le Sunday Leader a publié en première page un article soulignant que des sources indiquaient qu'une analyse avait permis de conclure qu'elle n'avait fait l'objet d'aucune modification ni montage.
Les lettres de menaces ont été oblitérées le 21 octobre, soit trois jours après que le journal a diffusé ces informations controversées.Dans ces deux courriers figure la phrase suivante : « Si vous écrivez encore, nous vous tuerons[et] vous découperons en morceaux. » Les deux journalistes ont signalé ces menaces à l'inspecteur général de la police du Sri Lanka, ainsi qu'à la police locale dans la capitale, Colombo. Cependant, aucune mesure n'a encore été prise par les autorités.
En septembre, Dileesha Abeysundera, qui travaille pour l'édition en cingalais du Sunday Leaderet milite en faveur d'une plus grande liberté de la presse au Sri Lanka, a également été menacée (voir l'AU 269/09, ASA 37/021/2009). Les membres du personnel du Sunday Leaderet les responsables de la publication de ce journal ont déjà fait maintes fois l'objet de graves attaques. À plusieurs reprises, ses locaux ont été incendiés, attaqués à l'explosif et condamnés.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS (en anglais, en cingalais, en tamoul ou dans votre propre langue) :
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exhortez les autorités sri-lankaises à assurer la sécurité de Frederica Jansz et de Munza Mushataq, en respectant les souhaits de ces deux journalistes ;
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demandez-leur d'enquêter sans délai sur les menaces de mort qu'elles ont reçues le 22 octobre et sur les attaques visant d'autres journalistes et professionnels des médias au Sri Lanka, de rendre publiques les conclusions de ces investigations et de traduire en justice les responsables présumés ;
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engagez-les à supprimer ou modifier les lois utilisées pour réprimer le droit à la liberté d'expression et à mettre un terme au climat d'impunité qui a permis à des agents de l'État et des groupes paramilitaires de mener une longue campagne d'intimidation et de violence contre les journalistes indépendants au Sri Lanka.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 8 DÉCEMBRE 2009 À :
Président de la
République :
His Excellency the
President
Mahinda Rajapaksa
Presidential Secretariat
Colombo 1, Sri Lanka
Fax : +94 11 2446657
Formule d'appel : Your Excellency, / Monsieur le Président,
Inspecteur général de la police :
Jayantha Wickramaratne
Sri Lanka Police Headquarters
101/1 Kew Road, Colombo 2
Sri Lanka
Fax : + 94 11 244 6174
Formule d'appel : Dear Inspector General, / Monsieur,
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques du Sri Lanka dans votre pays. Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.
ACTION URGENTE
DEUX JOURNALISTES SRI-LANKAISES MENACÉES
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Les agressions physiques et les manœuvres d'intimidation incessantes qui visent des journalistes ainsi que les restrictions imposées aux médias par le gouvernement menacent la liberté d'expression au Sri Lanka. Des violences sans précédent contre les professionnels des médias diffusant des articles critiques envers les autorités contribuent à un climat de peur et d'autocensure qui prive la population du Sri Lanka de son droit à l'information. Le journaliste J. S. Tissainayagam a été condamné le 31 août 2009 à vingt ans de réclusion au motif que ses articles portant sur des questions relatives aux droits humains encourageaient le terrorisme.
De nombreux journalistes ont été arrêtés et d'autres ont fui le pays après avoir reçu des menaces de mort. Au moins 14 professionnels des médias ont été tués depuis 2006. Les enquêtes sur les homicides illégaux dont ont été victimes des journalistes n'ont donné lieu à aucune poursuite.
AU 288/09, ASA 37/023/2009, 27 octobre 2009
