تقرير منظمة العفو الدولية لعام  2012
حالة حقوق الإنسان في العالم

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Amnesty International

BULLETIN D'INFORMATION 219/00

20 novembre 2000 page 1



ÉGYPTE

La liberté d’expression une nouvelle fois bafouée 

Index AI : MDE 12/038/00

« En condamnant 15 membres présumés de l’organisation Al Ikhwan al Muslimun (les Frères musulmans), la Haute Cour militaire égyptienne vient de porter un nouveau coup à la liberté d’expression en Égypte », a déclaré Amnesty International ce jour (lundi 20 novembre 2000).

Parmi ces 15 personnes figurent des juristes, des médecins, des professeurs d’université et des ingénieurs qui sont en détention depuis 1999. Ces hommes ont été condamnés le 19 novembre à des peines d’emprisonnement de trois ou cinq ans en raison de leurs activités politiques, bien qu’ils aient exercé celles-ci sans recourir à la violence ni prôner son usage.

« Considérant ces hommes comme des prisonniers d’opinion, Amnesty International condamne cette décision et demande leur libération immédiate », a déclaré l’organisation de défense des droits humains.

« Dans ce procès, qui s’est déroulé devant un tribunal militaire, les normes internationales d’équité n’ont pas été observées. Amnesty International a appelé à maintes reprises les autorités égyptiennes à mettre un terme à la comparution de civils devant des tribunaux militaires, qui viole certains principes élémentaires du droit international, tels que le droit d’être jugé par un tribunal indépendant et impartial, et le droit d’interjeter appel auprès d’une juridiction supérieure », a déclaré Amnesty International.

Le jugement, reporté à plusieurs reprises à l’approche des élections législatives du 14 novembre 2000, a finalement été prononcé quelques jours après la tenue de ce scrutin. Ces derniers mois, des centaines de partisans et de candidats de l’opposition ont été victimes de harcèlement et d’arrestations, en rapport avec les élections.

Des délégués d’Amnesty International avaient assisté en qualité d’observateurs à deux audiences du procès, en mars 2000. Le 19 novembre 2000, lors du prononcé du jugement, l’accès à la salle d’audience leur a été refusé, bien que l’organisation ait officiellement demandé à être présente à ce moment.

Les trois hommes condamnés à cinq ans d’emprisonnement sont Muhammad Badia Abd al Magid, professeur d’université, Saad Zaghlul al Ashmawi Muhammad Sabir al Ashmawi, médecin, et Ahmad Ibrahim Ahmad al Halawani, enseignant. Mukhtar Nouh, ancien trésorier du Syndicat des avocats égyptiens et ex-député, était au nombre des 12 personnes condamnées à trois ans d’emprisonnement. Cinq autres membres présumés de la confrérie des Frères musulmans ont été mis hors de cause à l’issue de ce procès. 


Pour en savoir plus, veuillez consulter le rapport intitulé Égypte. Une société muselée (index AI : MDE 12/021/00), publié le 19 septembre 2000. Vous pouvez joindre les délégués d’Amnesty International, qui sont en Égypte jusqu’au 24 novembre, sur leur téléphone mobile au +44 7768 898908, ou contacter le Service de presse d'Amnesty International, à Londres, au +44 20 7413 5566. Vous pouvez également consulter notre site web :

http://www.amnesty.org