تقرير منظمة العفو الدولية لعام  2012
حالة حقوق الإنسان في العالم

وثيقة - The Wire, September 2007. Vol. 37, No. 8



Le Fil d'AI


Septembre 2007


Amnesty International

Document public

NWS 21/008/2007

ÉFAI


Les négociations de paix ne tiennent pas compte des droits humains

Mexique : l'impunité règne toujours à Oaxaca

Le traité sur le commerce des armes doit se fonder sur les droits humains

Une vidéo de mauvais traitements mise en circulation par la police grecque

Violences sexuelles en Sierra Leone : le temps des réparations est venu

En bref

Éthiopie : la crise des droits humains se poursuit

Mise à jour

Royaume-Uni : nouveau développement dans l'affaire Baha Mousa

Chine : un prisonnier d'opinion passé à tabac

Syrie : emprisonné pour avoir appelé à des réformes pacifiques

Iran : sursis pour un mineur délinquant condamné à mort

Pérou : justice est enfin rendue

Appels mondiaux

Turquie. Emprisonné pour ses opinions politiques non violentes

Égypte. Un blogueur emprisonné

Maroc. Emprisonnés pour atteinte à la monarchie

Corée du Sud. Un journaliste privé de liberté d'expression

Le théâtre au service du militantisme

Vers un moratoire des Nations unies sur la peine de mort

Des détenus de Guantánamo renvoyés en Arabie saoudite

Journée d'action pour le Darfour : 16 septembre

Journée internationale de la jeunesse : les ailes de la liberté




Les négociations de paix ne tiennent pas compte des droits humains


Le regain d'intérêt de la communauté internationale pour le processus de paix au Proche-Orient a donné lieu à toute une série d'initiatives visant à le ressusciter. Mais la situation des droits humains sur le terrain est loin d'évoluer aussi vite.


La communauté internationale a commencé à se mobiliser après que le Hamas (Mouvement de la résistance islamique) eut pris le contrôle de bâtiments des services de sécurité et d'autres organes qui étaient jusqu'alors aux mains du Fatah, dirigé par le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. Les deux mouvements s'affrontent depuis des mois dans la bande de Gaza.


Les principaux donateurs internationaux, en particulier les États-Unis et l'Union européenne (UE), qui avaient suspendu leur aide au gouvernement palestinien issu du Hamas début 2006, ont rétabli leur soutien financier, qu'ils versent à présent au cabinet d'urgence formé par le président Abbas en Cisjordanie. Ils ont également renforcé les sanctions contre le Hamas, qui dans les faits gouverne aujourd'hui la bande de Gaza.


Le président Bush a annoncé que les États-Unis allaient organiser une conférence internationale d'ici à la fin de l'année en vue de redonner une impulsion au processus de paix au Proche-Orient, qui est dans l'impasse depuis un certain temps. L'ancien Premier ministre britannique Tony Blair, nommé émissaire du Quartet pour le Proche-Orient (ONU, États-Unis, UE et Russie), est chargé d'œuvrer pour la relance d'une économie palestinienne quasiment paralysée par les barrages et les restrictions à la liberté de circulation des biens et des personnes instaurés par Israël dans les Territoires palestiniens occupés (TPO).


Parallèlement, le Premier ministre israélien, Ehoud Olmert, a annoncé au terme de plusieurs réunions avec son homologue palestinien qu'il avait l'intention d'autoriser la création d'un État palestinien à l'intérieur des TPO.


L'optimisme suscité par ces initiatives contraste cependant très nettement avec la situation sur le terrain, qui se dégrade sur le plan des droits humains.


En Cisjordanie, les colonies israéliennes et les infrastructures qui y sont liées continuent de se développer, en violation du droit international. Environ deux millions de Palestiniens sont toujours soumis à de sévères restrictions entravant leurs déplacements entre certaines localités, ce qui rend même les plus banales des activités quotidiennes difficiles voire impossibles.


Dans la bande de Gaza, un million et demi de Palestiniens sont bloqués à cause des mesures strictes mises en place début juin par les autorités israéliennes, qui ont fermé les points de passage vers le monde extérieur. Sauf urgence médicale extrême, personne n'a le droit de quitter Gaza. Même les denrées alimentaires de base et l'aide médicale et humanitaire n'entrent plus qu'en quantité réduite.


Les restrictions touchant les exportations à partir de Gaza ont fait chuter la production de nombreuses usines d'environ 80 p. cent. D'autres entreprises ont même dû fermer leurs portes. Cela représente un véritable désastre dans une région où les deux tiers de la population dépendent déjà de l'aide publique et vivent en dessous du seuil de pauvreté.


La situation en matière de sécurité et de maintien de l'ordre dans la bande de Gaza est également très préoccupante. La région a certes connu un répit plus que nécessaire lorsque les affrontements armés, fréquents et sanglants, entre le Fatah et le Hamas ont pris fin et que les enlèvements de Palestiniens et d'étrangers par des bandes armées ont cessé. Mais depuis que le président Abbas a décidé de suspendre les activités des institutions judiciaires et des forces de sécurité de l'Autorité palestinienne dans la bande de Gaza, le maintien de l'ordre n'est plus assuré par des organes officiels. Le Hamas s'est chargé de combler cette lacune : il a créé son propre appareil de sécurité et de maintien de l'ordre, sans disposer d'un personnel correctement formé et sans avoir mis en place les mécanismes ou garanties nécessaires pour assurer la transparence.


La conférence internationale voulue par les États-Unis devra veiller dès le départ à ce que toutes les parties concernées comprennent que le respect des droits humains et du droit international constitue une obligation fondamentale.


Les droits humains ne sont pas un objet de marchandage qu'un camp ou un autre peut utiliser pour obtenir des concessions.


Si les précédents processus de paix ont échoué, c'est notamment parce que les considérations politiques l'ont emporté sur les droits humains et que tous les acteurs n'ont pas été soumis à la même obligation de rendre des comptes. Il ne faut pas laisser ces erreurs se répéter et anéantir une nouvelle fois l'espoir d'une paix et d'une sécurité durables.



Mexique :

l'impunité règne toujours à Oaxaca


Plus d'une année s'est écoulée depuis que José Jiménez Colmenares a été tué au cours d'une manifestation pacifique à Oaxaca, au Mexique, et ses meurtriers n'ont toujours pas été arrêtés. Personne n'a été inculpé de son meurtre, alors même que des manifestants avaient remis aux autorités, le jour de sa mort, des douilles de cartouches et plusieurs suspects, dont deux policiers de l'État d'Oaxaca.


Les autorités judiciaires ont relâché les suspects et n'ont pas préservé le lieu du crime. L'épouse de José Jiménez Colmenares a indiqué qu'elles lui avaient dit de revenir quand elle aurait rassemblé suffisamment d'éléments pour engager des poursuites.


Mi-2006, la grève déclenchée par des enseignants qui protestaient contre la faiblesse de leur rémunération et la médiocrité de leurs conditions de travail s'est transformée en manifestations généralisées. Un mouvement baptisé Asamblea Popular del Pueblo de Oaxaca (APPO, Assemblée populaire du peuple d'Oaxaca) a été créé afin de soutenir les enseignants. La réaction des autorités a provoqué une crise politique et une grave détérioration de la situation en matière de sécurité publique, qui se sont poursuivies en 2007.


Au moins 18 personnes ont été tuées et un grand nombre blessées au cours de ces troubles. Des centaines d'autres ont été arrêtées et maltraitées. Parmi ces dernières, beaucoup ont été inculpées sur la base de preuves forgées de toutes pièces puis condamnées à l'issue

de procès inéquitables.


Les violations des droits humains commises durant la crise de 2006 à Oaxaca sont encore aggravées par le fait que les autorités ne défèrent pas les responsables à la justice et ne respectent pas les droits des victimes et de leurs proches.


«L'un d'entre eux [un policier] m'a attrapée et jetée au sol en criant : "Tu te prends pour une vraie révolutionnaire, hein ? Une vraie rebelle. Maintenant tu vas comprendre ce que ça veut dire…"»,a raconté Rosalba Aguilar Sánchez lorsqu'elle a décrit son arrestation par la Policía Federal Preventiva(PFP, police préventive fédérale) dans le centre d'Oaxaca le 25 novembre 2006.


D'après les informations disponibles, 140 personnes ont été arrêtées ce jour-là après qu'une manifestation pacifique organisée par l'APPO eut dégénéré.


La Commission nationale des droits humains a conclu qu'au moins 13 des personnes placées en détention avaient été torturées par la police judiciaire de l'État d'Oaxaca et par la PFP.


Face aux demandes de justice présentées par les victimes de violations des droits humains, les autorités ont fait preuve d'inertie et d'incompétence et ont mené des manœuvres d'obstruction. Des journalistes, des proches de victimes et des défenseurs des droits humains ayant tenté de dénoncer certains agissements et de révéler la vérité ont été la cible de menaces.


La recherche de la vérité a été entravée à tous les stades des enquêtes et de la procédure judicaire. La plupart du temps, les scènes de crime n'ont pas été préservées et les éléments de preuve n'ont pas été réunis rapidement.


Les manifestations n'ont pas toutes été pacifiques. Dans ces cas, les autorités avaient effectivement le devoir de maintenir l'ordre public et de protéger la population, mais cela ne les dégageait pas de leur obligation de respecter les normes nationales et internationales relatives aux droits humains. De tels troubles ne peuvent pas non plus justifier l'impunité dont jouissent les responsables d'atteintes aux droits de la personne.


Le rapport Mexique. Oaxaca – une exigence de justice(AMR 41/031/2007) présente d'autres cas de violation et d'impunité, ainsi que toutes les recommandations qui ont été adressées aux autorités mexicaines pour qu'elles viennent à bout de l'impunité, se conforment aux normes internationales lors des opérations de maintien de l'ordre et garantissent l'équité des procès.



Le traité sur le commerce des armes doit se fonder sur les droits humains


Si l'on en croit les informations disponibles, l'Inde a entamé des négociations avec le Myanmar fin 2006 afin de livrer à ce pays des hélicoptères militaires. Cette transaction,

si elle aboutissait, violerait l'embargo sur les armes à destination du Myanmar décrété par l'Union européenne (UE).


En Afrique, les transferts irresponsables d'armes vers le Soudan et ses voisins contribuent largement à la grave crise des droits humains qui frappe le Darfour et l'est du Tchad.


Une part importante des atteintes aux droits humains et des violations du droit international humanitaire commises à travers le monde sont le fait des armées, des forces de l'ordre et des groupes armés, qui utilisent un vaste arsenal d'armes faciles à se procurer. De nombreux gouvernements ont conscience de ce problème, mais certaines puissances s'opposent farouchement au projet de traité sur le commerce des armes et peuvent encore bloquer le processus d'élaboration d'une telle norme.


Transferts d'hélicoptères


L'Inde fait partie des adversaires potentiels du traité. Dans leur récent rapport Indian helicopters for Myanmar: making a mockery of the EU arms embargo?,Amnesty International et Saferworld exposent leurs préoccupations quant à l'éventuel transfert de l'Inde vers le Myanmar de l'Advanced Light Helicopter (ALH), un engin qui contient très probablement des composants, technologies et munitions provenant d'États membres de l'UE et des États-Unis.


La réaction des autorités indiennes au contenu du rapport a été marquée par une certaine confusion. Un responsable anonyme a tout d'abord déclaré que le gouvernement «n'attache guère de crédit aux rapports d'Amnesty International».Une deuxième source, toujours anonyme mais plus haut placée, émanant du service de la production d'armement au ministère de la Défense, a reconnu les faits, déclarant à l'Agence France-Presse : «C'est un dossier délicat : l'ALH est à 90 p. cent européen, son transfert violerait l'embargo.Nous sommes dans une situation inextricable.»[Traduction non officielle.]Environ trois heures plus tard, le gouvernement a réagi officiellement, par le biais de Navtej Sarna, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, qui a rejeté les conclusions du rapport en les qualifiant de «complètement infondées».

Certaines armes ont déjà été transférées au Soudan, malgré un embargo de l'ONU exigeant que tous les États membres prennent des mesures pour empêcher que des armes ne parviennent à ceux qui se battent au Darfour. Les équipements militaires transférés à l'armée soudanaise provenaient essentiellement de la Chine et de la Russie.


Des témoignages directs



qj Des témoignages directs et précis transmis à Amnesty International ont confirmé la présence continue d'hélicoptères de combat russes Mi-24 à Geneina, El Fasher et Nyala, au Darfour, entre janvier et mars 2007. Durant la même période, des personnes ont également vu des chasseurs chinois Fantan A-5 stationnés à l'aéroport de Nyala. Ces avions sont spécialement conçus pour des attaques au sol. La Chine et la Russie n'ignorent pourtant rien des rapports de l'ONU qui accusent le gouvernement soudanais d'enfreindre régulièrement l'embargo sur les armes en transférant ce type d'équipement militaire au Darfour à des fins offensives et sans autorisation des Nations unies.


C'est pourquoi il est tellement crucial d'adopter un traité sur le commerce des armes. Les responsables du travail de campagne à travers le monde célèbrent aujourd'hui une victoire importante : plus de 90 États ont pris part à la consultation de l'ONU sur un tel traité.


Pour compléter les propositions faites par ces pays au secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, la campagne Contrôlez les armesa organisé et coordonné une bonne centaine de consultations populaires dans le monde, qui ont permis à des gens de donner leur avis sur ce que devrait prévoir le traité.


Le travail de la société civile dans son ensemble a joué un rôle majeur dans le succès du processus d'élaboration de cette norme jusqu'à présent.


En octobre, les États reprendront le débat concernant le traité sur le commerce des armes à l'ONU, puis un groupe d'experts gouvernementaux commencera, début 2008, à se pencher sur la viabilité, le champ d'application et les paramètres d'un tel instrument. Pour que ce traité soit efficace, il devra reposer sur la règle d'or suivante : aucun transfert d'armes ne doit être autorisé s'il contribuera à de graves violations des droits humains et du droit international humanitaire.


Indian helicopters for Myanmar: making a mockery of the EU arms embargo?(ASA 20/014/2007)

Soudan. Les armes continuent de favoriser des atteintes graves aux droits humains au Darfour(AFR 54/019/2007)


Pour agir, rendez-vous sur le site de la campagne Contrôlez les armes : http://fra.controlarms.org



Une vidéo de mauvais traitements mise en circulation par la police grecque


«J'ai fait ça pour rigoler»,a déclaré un policier haut-gradé aux journalistes. «Je n'avais pas de raison particulière de les frapper, c'était juste pour qu'on s'amuse un peu.»Il faisait référence aux mauvais traitements infligés à deux migrants détenus à Athènes en juin 2006.


Ces deux personnes placées en détention au commissariat de police d'Omonia, dans le centre d'Athènes, ont été rouées de coups par des agents de police qui les ont en outre obligées à se gifler l'une l'autre à plusieurs reprises. Ces faits ont été filmés et la vidéo a été mise en circulation un an plus tard, en juin 2007. Dans cette affaire, les policiers concernés ont été suspendus, une enquête a été ouverte et des poursuites on été engagées. Mais il existe d'autres vidéos de ce type et selon certaines informations, le nombre de cas de mauvais traitements recensés en Grèce est en augmentation.


Une jeune moldave détenue pendant trois heures dans un poste de police d'Athènes en juin 2007 a décrit les mauvais traitements qu'elle a subis.


Elle et sa famille vivent légalement en Grèce depuis quatre ans. Selon ses déclarations à Amnesty International, elle a été arrêtée chez elle le 8 juin par des policiers qui ont fouillé la maison et exigé de voir son permis de séjour et celui de son père. Puis elle a été emmenée au quartier général de la police de l'Attique, dans le centre d'Athènes, et on lui a demandé où se trouvait son ancien compagnon.


Elle dit avoir ensuite été conduite dans un autre bureau par trois policières. L'une d'entre elles l'a frappée à la tête. Elles l'ont obligée à se mettre en sous-vêtements et à faire face au mur. Elle a de nouveau été rouée de coups et une des policières lui a arraché des touffes de cheveux.


Puis elle a été ramenée dans le premier bureau, où on l'a encore interrogée au sujet de son ancien compagnon. L'un des policiers lui a saisi le bras pendant qu'un autre lui donnait des coups de pied. Elle dit qu'ils ont menacé de détruire son permis de séjour et que l'un d'eux a ajouté : «On va aussi amener tes parents ici et ils vont subir la même chose que toi.Tu vas comparaître devant un tribunal en tant que prévenue et on va vous renvoyer dans ton pays, toi et tes parents.»


La jeune femme a été relâchée environ trois heures après le début de son supplice. Elle a été admise à l'hôpital avec des maux de tête, des nausées et des vertiges. On lui a fait passer une radio et elle doit porter une minerve en raison de ses blessures. Elle a déposé plainte contre les policiers pour coups et blessures, menaces et chantage, mais aucune mesure n'a été prise pour qu'une enquête soit menée et pour que les policiers soient traduits en justice.


Tout en se félicitant des investigations qui sont menées dans de telles affaires en Grèce, Amnesty International déplore que de nombreuses allégations de mauvais traitements ne donnent lieu à aucune enquête.


Amnesty International exhorte donc les autorités grecques à ouvrir immédiatement des enquêtes indépendantes sur toutes les allégations de mauvais traitements. Les auteurs présumés de tels agissements doivent être déférés à la justice et les victimes doivent recevoir réparation. De plus, il est nécessaire que les policiers reçoivent une formation complète sur la façon dont ils sont tenus de traiter les détenus.


AGISSEZ !


Veuillez écrire aux autorités grecques pour les exhorter à respecter leurs obligations internationales et à enquêter immédiatement sur les allégations de mauvais traitements afin que les auteurs présumés de tels agissements soient traduits en justice et que les victimes reçoivent réparation.


Envoyez vos appels au ministre de l'Ordre public : Byron Polydoras, Minister of Public Order, P. Kanellopoulou 4, 10177 Athens, Grèce

Fax : +30 21 06 98 81 76

Courriels : grammateia@polydoras.gr ou vpolydoras@yahoo.gr



Violences sexuelles en Sierra Leone :

le temps des réparations est venu


En Sierra Leone, les autorités n'ont pas fait grand-chose pour que les victimes des violences sexuelles commises durant le conflit qui a pris fin il y a six ans obtiennent justice, pour que leurs souffrances soient reconnues et pour que des réparations leur permettent de reconstruire leur vie.


Toutes les parties au conflit qui a déchiré le pays pendant onze ans ont commis des atteintes aux droits humains et des crimes sexuels en particulier (viol, esclavage sexuel et grossesses forcées notamment). Selon les estimations, environ 250000 femmes et jeunes filles ont été victimes de ces pratiques.


La violence sexuelle entraîne un traumatisme durable, il ne s'agit pas simplement d'une épreuve ponctuelle. Les femmes qui ont été systématiquement prises pour cible pendant la guerre souffrent de blessures physiques et psychiques rendues encore plus douloureuses par la réprobation sociale et la discrimination qu'elles subissent depuis la fin des hostilités.


Elles ont recouru à maintes stratégies pour survivre, que ce soit pendant le conflit ou depuis. De nombreuses victimes ont eu trop honte de ce qu'elles avaient enduré pour retourner dans leur ville ou leur village. D'autres vivent dans le silence, refusant de partager des souvenirs douloureux de crainte d'être rejetées par leur famille et de se retrouver sans ressources. De plus, un grand nombre de femmes et de jeunes filles considérées comme d'anciennes «femmes de rebelles»font l'objet d'une discrimination et sont mises à l'écart par la collectivité. Dans ces conditions, il leur est difficile de se procurer de la nourriture, un toit, du travail et des soins de santé, ce qui les empêche de réintégrer la société.


Ces femmes veulent obtenir justice et réparation pour pouvoir devenir autonomes sur le plan économique, et ainsi subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs enfants et commencer une nouvelle vie en échappant à la peur, à la réprobation et à la discrimination.


Le gouvernement sierra-léonais n'a pas pris de mesures pour faire face aux conséquences physiques et psychologiques des crimes commis contre tant de femmes et de jeunes filles.

Il n'a pas fait le nécessaire pour que ces crimes soient reconnus et que justice soit rendue, ni mis en place des programmes efficaces de réinsertion, sans lesquels les victimes ne pourront pas reconstruire leur vie et celle de leurs enfants.


Les réparations qu'il faut accorder aux femmes en Sierra Leone ne pourront contrer les répercussions complexes, tant collectives qu'individuelles, des violences sexuelles que si elles s'inscrivent dans le cadre d'une stratégie globale visant à prévenir ces violences, à vaincre la discrimination profondément ancrée dans la société, à promouvoir l'égalité des sexes et à améliorer le statut des femmes.


La Commission de la vérité et de la réconciliation créée en Sierra Leone a recommandé l'adoption de mesures spécifiquement destinées à garantir que les victimes de violences sexuelles reçoivent des réparations qui leur permettent de commencer à surmonter le préjudice subi. Les victimes elles-mêmes doivent participer activement à l'élaboration d'un programme d'indemnisation qui réponde véritablement à leurs besoins.


Le futur rapport d'Amnesty International Sierra Leone: Getting reparations right for survivors of sexual violence(AFR 51/005/2007) se penchera sur les répercussions individuelles et collectives de la violence sexuelle et appellera, avec l'appui d'organisations non gouvernementales et internationales, les autorités à mettre en œuvre un programme d'indemnisation complet et efficace.


Le chemin est encore long pour les femmes sierra-léonaises qui ont subi des violences sexuelles. Grâce à un véritable programme de réparation auquel elles soient associées, les victimes pourront retrouver leur dignité et utiliser ainsi les capacités de survie dont elles ont fait la preuve pour surmonter les atrocités qu'elles ont subies.



En bref


Éthiopie :

la crise des droits humains se poursuit


Les prisonniers d'opinion Daniel Bekele et Netsanet Demissie, qui ont été incarcérés il y a presque deux ans, en novembre 2005, n'ont toujours pas été relâchés. Ils font partie des dizaines de milliers de manifestants arrêtés au lendemain des élections de mai 2005. Les résultats de ce scrutin avaient en effet déclenché de violentes protestations au cours desquelles près de 200 personnes avaient été abattues par les forces de sécurité, et plus de 700 autres blessées.


Daniel Bekele, responsable de la stratégie au bureau éthiopien d'ActionAid, et Netsanet Demissie, fondateur et directeur de l'Organisation pour la justice sociale en Éthiopie, ont comparu en tant qu'accusés dans un procès intenté contre 76 personnes. Parmi ces dernières figuraient des dirigeants de la Coalition pour l'unité et la démocratie (CUD), un mouvement de l'opposition, ainsi que des journalistes et des défenseurs des droits humains. En juillet, 38 ont été déclarées coupables d'«outrage à la Constitution»et condamnées à la détention à perpétuité. Toutefois, quatre jours après, le 20 juillet, elles ont été graciées et remises en liberté sur décision du Premier ministre après avoir signé une lettre dans laquelle elles demandaient pardon pour les «fautes»commises lors des manifestations et s'engageaient à respecter le gouvernement. L'une d'entre elles au moins a par la suite affirmé que cette déclaration avait été signée sous la contrainte.


Le jugement relatif à Daniel Bekele et Netsanet Demissie doit être rendu le 8 octobre.



Mise à jour


Royaume-Uni :

nouveau développement dans l'affaire Baha Mousa


Le 13 juin, les Law Lords(Lords juges) ont conclu que les proches de BAHA MOUSA avaient droit à une enquête indépendante, impartiale et exhaustive sur les circonstances de sa mort. Cet Irakien de vingt-six ans qui travaillait comme réceptionniste dans un hôtel est décédé le 15 septembre 2003 après avoir été torturé pendant trente-six heures alors qu'il était détenu par les troupes britanniques à Bassora, dans le sud de l'Irak. L'affaire a été renvoyée devant une juridiction de premier degré, qui doit déterminer si les investigations menées jusqu'à présent ont répondu aux critères cités par les Lords juges. Voir les Appels mondiaux du Fil d'AIde juin 2007.



Chine :

un prisonnier d'opinion passé à tabac


Le 16 juin, parce qu'il avait refusé de se laisser raser la tête, le prisonnier d'opinion CHEN GUANGCHENGa été passé à tabac par six codétenus qui y avaient été encouragés par des gardiens. Il a dit à sa femme, trois jours plus tard, qu'il avait ainsi été sanctionné pour sa «désobéissance»car il persiste à vouloir faire appel de sa condamnation. Il pense que ses agresseurs lui ont cassé une côte mais il n'a pas été autorisé à recevoir des soins médicaux.


Chen Guangcheng, qui est aveugle de naissance, a besoin de l'aide de son épouse et de son avocat pour déposer un recours, mais les visites de ces derniers sont limitées à trente minutes par mois.


Juriste autodidacte, Chen Guangcheng a aidé des villageois à engager des poursuites contre les autorités qui, selon eux, ont forcé des femmes à avorter afin que les quotas fixés par le gouvernement central soient respectés. En août 2006, il a été condamné à quatre ans et trois mois d'emprisonnement pour «dégradation de biens de l'État»et «rassemblement de personnes bloquant la circulation».


Amnesty International craint que Chen Guangcheng ne subisse d'autres actes de torture ou des mauvais traitements. Voir les Appels mondiaux du Fil d'AId'octobre 2006 et la Mise à jour du Fil d'AIde février 2007.



Syrie :

emprisonné pour avoir appelé à des réformes pacifiques


KAMAL AL LABWANI, qui est partisan de réformes pacifiques dans son pays, a été condamné le 10 mai à douze ans de prison pour «complot avec un pays étranger […]en vue de l'inciter à attaquer la Syrie». Cette condamnation est liée à un voyage qu'il a effectué en 2005 en Europe et aux États-Unis, où il a rencontré des organisations de défense des droits humains et des responsables gouvernementaux et lancé un appel en faveur de réformes démocratiques pacifiques en Syrie. Kamal al Labwani avait précédemment été emprisonné pendant trois ans pour sa participation au «Printemps de Damas», qui réclamait des réformes pacifiques.Amnesty International déplore cette condamnation prononcée à l'issue d'un procès inéquitable. Les juges n'ont jamais tenu compte des éléments prouvant que Kamal al Labwani s'était plusieurs fois opposé à toute incitation à une attaque des États-Unis contre la Syrie.



Iran :

sursis pour un mineur délinquant condamné à mort


Le 18 juillet, peu avant quatre heures du matin et quelques minutes seulement avant le moment prévu pour son exécution, SINA PAYMARD,un jeune musicien de dix-huit ans, a obtenu un sursis de dix jours afin que sa famille et celle de l'homme qu'il a tué puissent parvenir à un accord sur l'indemnisation ou diya(prix du sang) à verser à cette dernière.


Grâce à ce sursis, les proches de Sina Paymard ont pu réunir la somme de 160000 dollars (environ 118000 euros) demandée par la famille de la victime. Or, plus de trois semaines après, au moment de la rédaction de cet article, celle-ci n'avait toujours pas accepté la diya.L'avocat de Sina Paymard a indiqué qu'il était possible que les proches de la victime souhaitent à présent que l'exécution ait lieu. Il a ajouté qu'un tribunal allait rendre une décision finale.


Voir le communiqué de presse Iran. Les mineurs délinquants ne doivent plus être exécutés !(MDE 13/078/2007) et Le Fil d'AIde juillet 2007.

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Pérou :

justice est enfin rendue


En juin, le tribunal pénal de Lima a condamné deux policiers à des peines de huit et quatre ans de prison pour «actes de torture ayant entraîné la mort» de RICARDO HUARINGA FELIX. Il a également ordonné aux deux hommes de verser une indemnité à la famille de la victime. Voir les Appels mondiaux du Fil d'AIde novembre 2006.



Appels mondiaux


Turquie


Emprisonné pour ses opinions politiques non violentes


MEHMET DESDE a été emprisonné le 8 juin uniquement à cause de ses convictions politiques, pourtant non violentes. Il a été condamné à l'issue d'un procès inique, essentiellement sur la base de déclarations qui lui auraient été arrachées sous la torture. Il s'est vu infliger une peine de trente mois de prison, dont il ne purgera que les trois quarts. Amnesty International le considère comme un prisonnier d'opinion.


Le 25 décembre 2006, la 9e chambre de la Cour de cassation, la plus haute juridiction turque, a confirmé les condamnations prononcées en mars 2006 contre Mehmet Desde et quatre autres hommes pour «appartenance à une organisation illégale», ainsi que contre trois autres personnes pour «soutien à une organisation illégale».Ces condamnations se rapportent aux liens présumés de ces huit hommes avec le Parti bolchevik (Kurdistan du Nord/Turquie), un petit mouvement politique non violent. Au cours de leur procès, les accusés ont nié être membres de ce parti.


Ces huit hommes ont été reconnus coupables essentiellement sur la base de déclarations qui ont apparemment été arrachées à certains d'entre eux sous la torture. Parmi les autres éléments de preuve utilisés contre eux figuraient des revues juridiques trouvées en leur possession, ainsi que des tracts et autocollants du Parti bolchevik (Kurdistan du Nord/Turquie). Tous les huit avaient été arrêtés les 9 et 10 juillet 2002.


L'arrêt de la Cour de cassation est d'autant plus préoccupant qu'une autre affaire, dans laquelle quatre policiers sont accusés d'avoir torturé Mehmet Desde lorsqu'il a été arrêté en 2002, est toujours en cours.


Amnesty International considère que la décision finale prononcée contre les huit hommes prouve la persistance de procédures judiciaires inéquitables qui entachent le système pénal turc.


Veuillez écrire aux autorités turques pour leur demander de libérer Mehmet Desde immédiatement, de mener une enquête complète dans les meilleurs délais sur toutes les allégations faisant état de torture et de mauvais traitements contre les détenus, et de ne plus utiliser à titre de preuve les éléments obtenus par ces moyens.


Envoyez vos appels au ministre de la Justice : Minister of Justice Mr Fahri Kasirga, Adalet Bakanligi, 06659 Kizilay, Ankara, Turquie.

Fax : +90 312 419 3370

Formule d'appel : Monsieur le Ministre,



Égypte


Un blogueur emprisonné


KARIM AMER, un blogueur égyptien de vingt-trois ans, ancien étudiant de l'université d'El Azhar, a été condamné le 22 février à quatre ans d'emprisonnement pour avoir critiqué les autorités religieuses d'El Azhar, le président égyptien et l'islam.


Amnesty International considère le jeune homme comme un prisonnier d'opinion, détenu uniquement pour avoir exprimé son point de vue de manière pacifique.


Un tribunal pénal d'Alexandrie, dans le nord de l'Égypte, a condamné Karim Amer parce qu'il tenait un blog sur l'islam, le régime égyptien et les émeutes religieuses qui ont opposé musulmans et chrétiens dans cette ville en octobre 2005. Le tribunal a estimé que ses écrits «incitent à la discorde et diffament les musulmans sur Internet en présentant le prophète et ses compagnons comme des assassins, ce qui trouble la paix nationale». Il a également conclu que l'accusé faisait «insulte le président de la République par ses écrits sur Internet».


Karim Amer a été condamné à trois ans d'emprisonnement pour le premier chef d'inculpation et à un an pour le second. Le 12 mars, la cour d'appel a confirmé le jugement. L'intéressé a déposé un nouveau recours, le 21 avril, auprès de la Cour de cassation, mais aucune audience n'est prévue pour l'instant.


Karim Amer est actuellement détenu à la prison de Borg el Arab, à Alexandrie. Il a été placé en isolement cellulaire pendant soixante-cinq jours, apparemment dans le but de l'obliger à renoncer à ses opinions sur l'islam. Il peut recevoir des visites régulières de sa famille et de ses avocats. Depuis juillet, il serait également autorisé à faire quotidiennement de l'exercice en plein air et à échanger des lettres avec sa mère. Il prévoit d'étudier la littérature à l'université d'Alexandrie à partir du mois d'octobre si le directeur de la prison le lui permet.


Veuillez écrire aux autorités égyptiennes pour leur demander de libérer immédiatement et sans condition le prisonnier d'opinion Karim Amer.


Envoyez vos appels au président de la République : Mohammad Hosni Mubarak, President of the Arab Republic of Egypt, ‘Abedine Palace, Cairo, Égypte.

Fax : +20 223 901 998

Courriel : webmaster@presidency.gov.eg

Formule d'appel : Monsieur le Président de la République,


Exprimez également votre solidarité au prisonnier : Abdel Karim Nabil Soliman Amer, Borg Al-Arab Prison, Alexandria, Égypte.



Maroc


Emprisonnés pour atteinte à la monarchie


Huit hommes, tous membres de l'Association marocaine des droits humains (AMDH), purgent actuellement au Maroc des peines de prison pour atteinte à la monarchie. Ils ont été arrêtés après avoir participé à des manifestations pacifiques durant lesquelles ont été scandés des slogans visant le régime monarchique et réclamant entre autres qu'il n'y ait «plus de tabous» mais «plus de liberté».


Amnesty International considère ces hommes comme des prisonniers d'opinion, incarcérés uniquement à cause de leur participation à des manifestations pacifiques au cours desquelles des opinions ont été exprimées de manière non violente.


Thami Khyati, Youssef Reggab, Oussama Ben Messaoud, Ahmed Al Kaateb etRabii Raïssouniont été arrêtés à Ksar el Kebir après avoir pris part à des manifestations organisées le 1er mai à l'occasion de la Journée internationale du travail. Ils ont été condamnés à trois années d'emprisonnement et à une amende de 10 000 dirhams (près de 900 euros). Le 24 juillet, une cour d'appel a prolongé leur peine de trois à quatre ans.


Mehdi Berbouchi etAbderrahim Karradont été arrêtés à Agadir après avoir manifesté le 1er mai. Ils ont été condamnés à deux ans de prison et à une amende de 10000 dirhams. Ils ont affirmé avoir été menacés et maltraités au cours de leur arrestation et de leur interrogatoire, mais le tribunal n'a pas mené d'investigations adéquates sur ces allégations. Leur peine a été confirmée en appel.


En juin, 10 autres membres de l'AMDH ont été arrêtés à Beni Mellal après avoir participé à un sit-in de solidarité avec les sept hommes cités ci-dessus. Ils ont été inculpés de la même infraction. Le militant politique Mohamed Boughrinea été condamné à un an d'emprisonnement, trois autres hommes ont été condamnés à une peine de prison avec sursis et les six autres personnes ont été acquittées. Le 9 août, à la suite de l'appel interjeté par le ministère public, ils ont tous été sanctionnés encore plus durement : la peine de prison de Mohamed Boughrine est passée de un à trois ans, et les neuf autres personnes ont été condamnées à une année d'emprisonnement – elles restent cependant en liberté en attendant le résultat de leur recours en cassation.


Ces dernières années, plusieurs personnes, dont des journalistes et des militants politiques, ont été poursuivies – et dans certains cas condamnées à de la prison – pour avoir exprimé de manière pourtant pacifique leur point de vue sur la monarchie, qui demeure un sujet tabou dans de nombreux débats.


Veuillez écrire aux autorités marocaines pour leur demander de libérer immédiatement et sans condition les huit hommes cités plus haut.


Envoyez vos appels au ministre de la Justice : His Excellency Mohamed Bouzoubâa, Minister of Justice, Ministry of Justice, Place Mamounia, Rabat, Maroc.

Fax : +212 37 72 37 10

Formule d'appel : Monsieur le Ministre,



Corée du Sud


Un journaliste privé de liberté d'expression


LEE SI-WOO, journaliste, photographe et militant pacifiste, a été arrêté le 23 avril pour avoir enfreint la Loi relative à la sécurité nationale, à la teneur très vague. Les accusations dont il fait l'objet sont liées à des informations qu'il a rapportées en tant que journaliste indépendant. Amnesty International pense qu'il est prisonnier d'opinion car il n'a fait qu'exercer son droit à la liberté d'expression.


Lee Si-woo a publié des informations sur la présence militaire des États-Unis en Corée du Sud. Son reportage reposait sur des renseignements obtenus légalement, conformément à la législation sur la liberté d'information, auprès de sources gouvernementales et militaires.


Son procès devant le tribunal du district central de Séoul a débuté le 4 juillet. Lee Si-woo est accusé d'avoir «divulgué des secrets nationaux/militaires»et propagé l'idéologie d'un «État ennemi»– en d'autres termes, de soutenir la Corée du Nord.


Les autorités ont précisé que ces secrets militaires concernaient notamment des rapports sur l'élimination des mines antipersonnel et sur les victimes de mines terrestres en Corée du Sud, rapports que Lee Si-woo avait examinés en 2002 pour la Campagne coréenne en faveur de l'interdiction des mines terrestres. Il semble pourtant que le journaliste ait obtenu le feu vert du gouvernement sud-coréen pour ses recherches, financées par une organisation soutenue par l'État. La légalité des rapports en question n'avait pas été remise en cause à l'époque et une grande partie des sources utilisées par Lee Si-woo sont en libre accès sur Internet.


Lee Si-woo a publié des livres et des recueils de photographies sur les mines antipersonnel qui sont toujours disséminées dans la zone démilitarisée séparant la Corée du Sud de la Corée du Nord. Il a également consacré des ouvrages à la présence du Commandement des Nations unies en Corée du Sud, qui est dirigé par les États-Unis.


À la suite de son placement en détention, Lee Si-woo a fait une grève de la faim pendant plus de quarante jours et il semble qu'il soit encore faible. Il aurait des difficultés à tenir debout et se déplace en fauteuil roulant. Selon les informations dont dispose Amnesty International, il a bénéficié de soins médicaux adaptés et reçoit régulièrement des visites de sa famille, de son avocat et de militants locaux.


Veuillez écrire aux autorités sud-coréennes pour leur demander de libérer Lee Si-woo immédiatement et sans condition. Exhortez-les également à abroger la Loi relative à la sécurité nationale ou, à défaut, à la réviser en profondeur afin de la rendre conforme aux normes internationales.


Envoyez vos appels au ministre de la Justice : Minister of Justice Jeong Song-jin, Ministry of Justice, Gwacheon Government Complex, 1 Jungang-dong, Gwacheon 427-725, Gyeonggi Province, République de Corée.

Fax : +82 2 2110 3079

Courriel : webmaster@moj.go.kr

Formule d'appel : Monsieur le Ministre,



Le théâtre au service du militantisme


Cousin Zilala, le nouveau et dynamique directeur du bureau zimbabwéen d'Amnesty International, a une idée très précise de la manière dont il veut mobiliser les gens en faveur de la défense des droits humains dans son pays en proie à des troubles : par le biais du théâtre. Alors qu'il était de passage au Secrétariat international, à Londres, au mois de juin, il a rencontré l'équipe du Fil d'AIpour évoquer ses projets.


«Le théâtre est l'un des meilleurs instruments de mobilisation qui soient,a-t-il déclaré. Il est fondé sur l'observation de la vie des gens. Il permet de refléter leurs actions, leurs attitudes et leurs émotions, afin de susciter des débats et des initiatives.La collectivité peut ainsi parler de ses problèmes, qui sont ensuite transposés sur scène.»


Pour illustrer son propos, Cousin Zilala a relaté l'une des nombreuses anecdotes issues de ses dix-sept années d'expérience théâtrale au service des droits humains.


«En 1998, j'ai créé une pièce tirée d'une histoire vraie : celle d'un homme qui avait violé les filles de son frère décédé. L'une avait huit ans et l'autre douze.L'affaire n'avait pas été signalée à la police parce que la famille craignait pour sa réputation.


«Pendant deux ans, l'oncle n'a pas été inquiété. Et puis j'ai pris contact avec une troupe pour qu'elle joue la pièce à Mutare, où les viols avaient eu lieu.Dans l'assistance, des personnes ont fini par dire qu'elles connaissaient cette histoire, et qu'elle était vraie.Ensuite, elles ont aidé la police dans son enquête et l'homme a été traduit en justice.»


Au début des années 1990, Cousin Zilala obtient un diplôme de théâtre pour le développement. Il entame ainsi sa démarche théâtrale. Par la suite, il utilisera ses connaissances pour coordonner un programme d'échanges culturels entre des jeunes des Pays-Bas et du Zimbabwe.

En 1995, il devient membre de la Zimbabwe Human Rights Association (ZimRights, Association zimbabwéenne pour les droits humains). «À ce moment,dit-il, je me suis rendu compte que j'étais venu au théâtre pour défendre les droits humains.Mon art est un instrument, les droits humains en sont la matière première.»


Son travail connaît un tel succès qu'il organise à l'échelle nationale un concours de théâtre engagé afin de contribuer à la création d'un cursus en éducation aux droits humains. «Malheureusement, au moment de l'ouverture officielle du cursus, en 1999, la situation politique s'est rapidement dégradée et le projet a été abandonné.»


Cousin Zilala a échappé de justesse à plusieurs agressions. «Un soir de l'année 2000, je donnais une conférence à Karibalorsque des membres du parti au pouvoir se sont mis à crier"Frappons-le !"avant d'éteindre les lumières.Les gens hurlaient[...] J'ai réussi

à m'échapper.»


Un travail de partenariat


L'année suivante, Cousin Zilala devient directeur adjoint de la Zimbabwe Association of Community Theatre (Association zimbabwéenne pour le théâtre citoyen) et lance un programme appelé Théâtre pour les droits humains et la tolérance politique, qui est fondé sur des chirwirangwe(partenariats) entre le milieu théâtral et les communautés locales. Cousin Zilala espère que cette approche permettra de renforcer l'impact d'Amnesty International au Zimbabwe.


Il admet toutefois que les difficultés qu'il doit affronter avec ses amis militants sont énormes. «Actuellement, au Zimbabwe, des droits politiques comme la liberté de mouvement, d'association, de choix et d'expression sont menacés[...] L'inflation est galopante[...] Les gens sont affamés[...] Les défenseurs des droits humains et l'opposition politique subissent des agressions qui ne sont en rien dues au hasard.Dans un tel contexte, il faut renforcer l'action d'Amnesty International sans attendre.»


Cousin Zilala conclut l'entretien par des mots qui reflètent son courage et sa volonté : «Nous n'avons qu'un seul Zimbabwe. Nous ne l'abandonnerons pas.»



Vers un moratoire des Nations unies sur la peine de mort


Le rêve d'un monde débarrassé de la peine de mort pourrait bientôt devenir réalité si l'Assemblée générale de l'ONU décide de donner un grand coup d'accélérateur en ce sens.


En approuvant un moratoire mondial sur les exécutions, l'ONU ferait immensément avancer la campagne pour l'abolition de la peine capitale. Une telle décision aurait un poids moral considérable et représenterait un instrument de pression inestimable face aux États qui continuent de recourir à ce châtiment.


Amnesty International appuie l'initiative de l'Union européenne (UE) – à laquelle se sont joints des États d'autres régions – visant à proposer une résolution sur un moratoire lors de la 62e session de l'Assemblée générale de l'ONU qui se tiendra à New York en octobre.


Il existe actuellement dans le monde une nette tendance à l'abolition de la peine de mort. Nous sommes très proches d'un tournant historique puisque 130 pays ont à présent aboli la peine capitale dans leur législation ou dans la pratique. Il faut profiter de cet élan.


En 2006, 25 pays seulement ont procédé à des exécutions (91 p. cent d'entre elles ont eu lieu en Chine, aux États-Unis, en Iran, en Irak, au Pakistan et au Soudan). Sur le continent américain, les États-Unis sont le seul pays à avoir procédé à des exécutions depuis 2003. En Europe, la peine de mort n'est presque plus appliquée, les pays de cette région y ayant tous renoncé, à la triste exception de la Biélorussie. En Afrique, seuls six États ont procédé à des exécutions en 2006. Le Parlement rwandais a adopté en juillet 2007 une loi abolissant la peine de mort.


Les chiffres dont dispose Amnesty International montrent une chute du nombre des exécutions recensées à l'échelle mondiale, qui est passé de 2148 en 2005 à 1591 en 2006. Il faut cependant noter que les chiffres réels pour ces deux années sont certainement plus élevés que ceux que l'organisation a pu obtenir et vérifier, car de nombreux pays procèdent à des exécutions dans le plus grand secret, sans divulguer aucune information.


Un grand nombre de gouvernements et d'organisations internationales ont lancé ou soutenu des initiatives internationales en faveur d'une abolition mondiale de la peine capitale. Ainsi, en 2005, l'ancienne Commission des droits de l'homme des Nations unies avait adopté une résolution appelant tous les États qui recouraient encore à ce châtiment à «abolir définitivement la peine de mort et, en attendant, instituer un moratoire sur les exécutions».Depuis, plus de 90 États ont signé une déclaration, présentée en 2006 lors de la 61e session de l'Assemblée générale de l'ONU, qui exhorte «tous les États qui maintiennent la peine de mort à l'abolir entièrement et, dans l'intervalle, à instituer un moratoire sur les exécutions».


L'Assemblée générale de l'ONU réunit tous les États membres de cette organisation et en constitue l'un des organes clés. Un appel de sa part en faveur d'un moratoire représenterait donc un jalon important sur la voie d'une abolition mondiale de la peine capitale. Si elle est adoptée, une telle résolution ne pourra certes pas, à elle seule, empêcher un État de procéder à une exécution, mais elle sera porteuse d'un poids moral et politique considérable et traduira une pression internationale unifiée.


Cet objectif est à portée de main, mais il est important que le projet de résolution recueille le plus grand nombre de soutiens de toutes les régions du monde pour garantir son adoption et son poids politique.


Participez à la campagne d'Amnesty International demandant à l'Assemblée générale de l'ONU d'adopter une résolution sur un moratoire mondial sur la peine de mort ; signez la pétition de la Coalition mondiale contre la peine de mort et écrivez à votre gouvernement pour l'exhorter à soutenir cette résolution.


Pour en savoir plus, rendez-vous sur http://www.worldcoalition.orget http://www.efai.amnesty.org/campagnes.


Dans son numéro d'octobre, Le Fil d'AIse penchera de manière plus approfondie sur la question de la peine de mort.



Des détenus de Guantánamo renvoyés en Arabie saoudite


Jumah al Dossari, qui aurait tenté de se suicider au moins 13 fois pendant qu'il était détenu par les États-Unis, a été transféré aux côtés de 16 Saoudiens de Guantánamo en Arabie saoudite en juillet 2007.


Trois mois avant sa libération, dans une lettre à son avocat, il évoquait le désespoir que lui inspirait sa détention prolongée : «Je peux dire que la vie et la mort se valent ici[à Cuba], mais mourir est devenu mon principal espoir d'en finir avec le malheur, la souffrance et

la tristesse de ma vie.»


Le beau-frère de Jumah al Dossari, qui a eu une conversation téléphonique avec lui après son retour, a déclaré aux journalistes : «Sa mère, son frère et sa sœur l'ont vu à Riyadh et ont dit qu'il allait bien et qu'il était très content de les voir. Il était là-bas[depuis]cinq ans, mais aujourd'hui il est de retour et c'est merveilleux. Nous sommes très heureux[...] Il m'a appelé et j'ai parlé avec lui. On dirait que sa santé est meilleure[depuis]qu'il est rentré.»


Plus de 50 Saoudiens sont toujours détenus à Guantánamo. Soixante-dix-sept autres ont été libérés et renvoyés en Arabie saoudite ; ils ont tous été placés en détention à leur arrivée, mais on pense que la plupart ont désormais recouvré la liberté.



Journée d'action pour le Darfour : 16 septembre


Les attaques contre les civils se poursuivent au Darfour, malgré la résolution 1769 du Conseil de sécurité des Nations unies autorisant l'envoi d'une force de maintien de la paix. La communauté internationale devra rester en alerte tant que les civils feront l'objet d'attaques et que la force de maintien de la paix ne sera pas pleinement déployée. Le 16 septembre, Amnesty International se joindra à une large coalition d'organisations pour réclamer une fois encore le déploiement urgent et complet du contingent de soldats chargés du maintien de la paix.


Pour en savoir plus, rendez-vous sur http://www.globefordarfur.org.



Journée internationale de la jeunesse : les ailes de la liberté


Originaires d'Afrique du Sud ou de Corée du Sud par exemple, de jeunes militants d'Amnesty International se sont réunis au Mexique, dans le cadre du Conseil international de l'organisation, pour célébrer de manière originale la Journée internationale de la jeunesse.


Ils ont créé une représentation emblématique de la liberté sous la forme d'un oiseau géant en origami afin de soutenir le prisonnier d'opinion biélorusse Zmitser Dachkevitch. Ce dirigeant d'un mouvement d'opposition de jeunes, qui est emprisonné pour avoir exprimé ses idées, est devenu un symbole du harcèlement et de l'intimidation auxquels sont confrontés beaucoup de jeunes militants à travers le monde.


Les jeunes gens qui sont aux avant-postes de la lutte pour faire évoluer la société sont souvent les premiers à être réduits au silence. Amnesty International recense de plus en plus d'arrestations de jeunes militants en Biélorussie. De nombreux étudiants ont été renvoyés de l'université à cause de leurs activités politiques durant la période qui a précédé la dernière élection présidentielle, et même après.


L'oiseau géant en origami, qui mesure près de deux mètres de haut, va bientôt prendre son envol pour Minsk, la capitale biélorusse, afin de demander la libération de Zmitser Dachkevitch. Il est l'un des 6500 oiseaux de papier qui ont été envoyés en Biélorussie dans le cadre de la campagne d'Amnesty International.


Les jeunes représentent une grande force et ils ont un rôle crucial à jouer en matière de promotion et de protection des droits humains. Ils apportent leur originalité, leur créativité et leur énergie au travail de campagne, à la fois localement et au niveau international. Cette action, grâce à laquelle une simple feuille de papier pliée devient un symbole fort, a donné aux jeunes militants l'occasion de prendre conscience de leur potentiel unique pour susciter le changement.


AGISSEZ !


Veuillez écrire aux autorités biélorusses pour leur demander de libérer immédiatement et sans condition le prisonnier d'opinion Zmitser Dachkevitch et tous les autres jeunes militants. Exhortez-les à mettre fin aux mesures d'obstruction, de harcèlement et d'intimidation visant les militants de la société civile qui défendent les droits humains dans le pays.


Envoyez vos appels au président de la République : President Alyaksandr G. Lukashenka, ul. Karla Marxa 38, 220016 Minsk, Biélorussie.

Fax : +375175260610

Formule d'appel : Monsieur le Président de la République,



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