تقرير منظمة العفو الدولية لعام  2013
حالة حقوق الإنسان في العالم

بيان صحفي

20 ديسمبر 2012

Grèce. Les demandeurs d’asile et les migrants sont persécutés par la police et par des extrémistes de droite

La Grèce bafoue gravement les droits des demandeurs d’asile et des migrants, alerte Amnesty International dans un document de synthèse publié le 20 décembre 2012.

Venus du Moyen-Orient, d’Asie et d’Afrique, des dizaines de milliers de migrants irréguliers et de demandeurs d’asile en quête d’un refuge, d’une protection ou simplement d’une vie meilleure dans l’Union européenne traversent chaque année la frontière (terrestre ou maritime) entre la Turquie et la Grèce. Ils sont peu nombreux à trouver ce qu’ils cherchent en Grèce.

Le document d’Amnesty International, Greece: The end of the road for refugees, asylum-seekers and migrants, décrit les obstacles auxquels ils se heurtent pour pénétrer dans le pays et les difficultés qu’ils rencontrent une fois là.

« Le non-respect par la Grèce des droits des migrants et des demandeurs d’asile prend maintenant les proportions d’une crise humanitaire, a déclaré John Dalhuisen, directeur du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International. Dans un contexte marqué par une forte pression migratoire, une crise économique profonde et une xénophobie montante, la Grèce se révèle incapable de satisfaire ne serait-ce que les besoins les plus fondamentaux des milliers de demandeurs d’asile et de migrants qui arrivent chaque année : la sécurité et un toit. »

Certes la Grèce doit assumer une lourde charge, mais rien ne justifie les obstacles que rencontrent les personnes en quête de protection qui cherchent à déposer leur demande d’asile. Une loi de 2011 a porté création d’un organisme chargé d’instruire les requêtes mais, faute personnel, celui-ci n’a toujours pas traité le moindre dossier.

Pendant ce temps, une vingtaine de personnes seulement parviennent chaque semaine à faire enregistrer leur demande à la Direction de la police des étrangers d’Attika, à Athènes, qui n’ouvre ses portes qu’une fois par semaine. La file d’attente se forme plusieurs jours à l’avance et s’étire sur des centaines de mètres. Amnesty International a recueilli le témoignage de nombreux demandeurs d’asile contraints de se bagarrer avec leurs compagnons d’infortune pour garder leur place dans la queue.

Ceux qui ne parviennent pas à déposer leur demande – ou qui finissent par renoncer – risquent d’être arrêtés lors d’opérations massives de la police, et d’être placés pendant un an, voire plus, dans des centres de détention surpeuplés où règnent des conditions d’hygiène déplorables.

« Les autorités grecques continuent de placer systématiquement en détention les demandeurs d’asile et les migrants irréguliers, y compris les mineurs isolés, en violation des normes internationales. Il semble qu’elles utilisent la détention (dans des conditions souvent effroyables) comme un moyen de dissuasion, a poursuivi John Dalhuisen.

« La situation des mineurs isolés, un groupe parmi les plus vulnérables, est particulièrement préoccupante. Lors d’une visite effectuée récemment au centre de détention de Corinthe, nous avons constaté que plusieurs enfants étaient détenus avec des adultes, dans des conditions très difficiles. Lorsque l’on ne trouve pas de place en centre de réception, on les remet à la rue, sans hébergement.

« Les autorités grecques doivent veiller à n’utiliser le placement en détention des migrants qu’en dernier ressort ; elles doivent interdire dans la loi la détention des mineurs isolés et y mettre un terme dans la pratique.

« Amnesty International a même reçu des informations selon lesquelles des personnes fuyant des pays en proie au conflit, comme la Syrie, avaient été refoulées vers la Turquie, de l’autre côté du fleuve Evros. »

Par ailleurs, le nombre d’agressions racistes s’est envolé en 2012. Demandeurs d’asile, migrants, mosquées, magasins et foyers de communautés étrangères ont été la cible d’attaques – à un rythme quasiment quotidien depuis l’été dernier.

« Les autorités grecques doivent condamner ces actes avec fermeté et mener des enquêtes dignes de ce nom sur toutes les violences à caractère raciste », a déclaré John Dalhuisen.

Il existe un projet de décret présidentiel créant des unités de police spécialisées dans ce domaine. Cette mesure va dans la bonne direction, mais le texte en l’état ne prévoit aucune disposition garantissant l’ouverture d’enquêtes et de poursuites pour les crimes dont les victimes craignent de contacter la police par peur d’être arrêtées et placées en détention.

La politique de l’Union européenne (UE) en matière d’asile prévoit le renvoi des personnes en quête d’asile vers le pays par lequel elles ont pénétré sur le territoire de l’Union. Toutefois, un grand nombre d’États de l’UE ont arrêté de renvoyer les requérants vers la Grèce à la suite d’un arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme qui, en 2011, a conclu que ce pays ne disposait pas d’un système opérationnel d’examen des demandes d’asile.

« La majorité des États européens ont pris la mesure qui s’imposait et ont suspendu les renvois de demandeurs d’asile vers la Grèce, dans l’attente que le pays réforme ses procédures en la matière, a poursuivi John Dahluisen. Ils doivent toutefois partager plus équitablement en leur sein la responsabilité du traitement des demandes et de l’accueil des demandeurs.

« La situation qui prévaut actuellement en Grèce est absolument indigne d’un lauréat du prix Nobel de la paix. On est si éloigné des normes internationales relatives aux droits humains que celles-ci apparaissent vidées de tout contenu. La Grèce a besoin d’être aidée, mais il faut aussi qu’elle assume ses propres responsabilités. »



Exemples de cas


Originaire d’Alep, en Syrie, N. se trouvait en compagnie de six autres Syriens à bord d’une embarcation traversant le fleuve Evros, au mois de juin. Au milieu du fleuve, à l’endroit supposé de la frontière grecque, un bateau de patrouille de la police grecque est arrivé et a commencé à repousser leur canot pneumatique vers la Turquie. Un policier a alors crevé le canot avec un couteau. L’embarcation a coulé et les migrants ont dû regagner la rive turque à la nage.

Venu d’Afrique, K. essayait depuis des mois de faire enregistrer sa demande d’asile lorsqu’il a été arrêté dans une opération de la police contre les migrants irréguliers à Athènes. Il a été placé en détention. Il a poursuivi ses tentatives de dépôt officiel d’une demande d’asile dans le centre de détention. Sa demande a fini par être enregistrée en octobre, à la suite de multiples interventions d’organisations non gouvernementales. K. était toutefois maintenu en détention en décembre 2012.

Le 10 septembre 2012, deux hommes portant des vêtements noirs sont entrés dans la boutique d’un coiffeur pakistanais. Selon les témoignages recueillis par Amnesty International auprès de deux Pakistanais présents (l’un était employé du salon), les deux hommes ont agressé verbalement un client grec présent, lui reprochant de se faire couper les cheveux dans un salon de coiffure tenu par des Pakistanais. Le client s’étant défendu, les agresseurs l’ont frappé à coups de couteau. Ils ont ensuite saccagé la boutique et lancé des cocktails Molotov. Lorsque des policiers sont venus enquêter sur les faits, ils ont arrêté deux ressortissants pakistanais en situation irrégulière. En octobre, ces derniers étaient en détention, dans l’attente de leur expulsion.

AI Index: PRE01/613/2012
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