Annual Report 2012
The state of the world's human rights

Document - Opinion piece: United Nations steps up action on child soldiers By Casey Kelso, Coordinator of the Coaliton to Stop the Use of Child Soldiers

Amnesty International

BULLETIN D'INFORMATION 026/2003

Embargo jusqu'au mardi 11 février 2003 page 2





ENFANTS SOLDATS

L'opinion de Casey Kelso

Les Nations unies intensifie leur action concernant les enfants soldats, par Casey Kelso, coordonateur de la Coalition pour mettre fin à l'utilisation d'enfants soldats

Index AI : ACT 76/002/2003

[Embargo : 11 février 2003 ( 0 h 01 TU)]



Lors du récent ballet diplomatique organisé dans l'intention de confronter les gouvernements et les groupes armés qui utilisent des enfants soldats, les Nations unies ont fait un grand pas en avant et esquissé un petit pas de côté.

Le défi de passer à l'action est venu en 2001 lorsque le Conseil de sécurité des Nations unies ( mené par la France ) a mis à l'ordre du jour une initiative qui devait faire date, celle de dresser la liste de ceux qui utilisent ou enrôlent des enfants comme soldats dans les conflits armés. Les organisations non-gouvernementales militant contre l'utilisation d'enfants soldats ont accueilli favorablement cette importante résolution des Nations unies, la résolution 1379. Les États membres du Conseil de sécurité venaient de créer là un puissant outil, qui allait permettre de tenir pour responsables gouvernements et groupes armés utilisant des enfants dans des conflits armés, en les nommant explicitement dans une liste diffusée dans le monde. Mais le Conseil de sécurité allait-il aller au-delà ?

Dans son rapport du mois de décembre, le Secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a attiré l'attention sur cinq pays en situation de guerre : l'Afghanistan, le Burundi, la République démocratique du Congo ( RDC ), le Libéria et la Somalie. Il a identifié au total trois gouvernements ( le Burundi, la RDC et le Libéria ) et vingt groupes d'opposition armés utilisant ou enrôlant des enfants en cas de conflit armé. Maintenant que les noms de quelques gouvernements et groupes armés utilisant des enfants soldats ont été rendus publics, le défi lancé au Conseil de sécurité est d'exercer ses responsabilités à travers une action concrète.

Pendant la plus grande partie du mois de janvier 2003, débat public et discussions animées en coulisses se sont succédés parmi les pays du Conseil de sécurité. Certains comme la France et les Etats-Unis -qui avaient, quelques semaines plus tôt, ratifié le principal traité des Nations unies sur les enfants soldats - ont appuyé des mesures sévères à l'encontre des coupables. D'autres nations, comme le Pakistan, ont semblé plus soucieuses de leur souveraineté que du problème des enlèvements d'enfants, de leur enrôlement forcé et des avantages que leur font miroiter les politiques pour les attirer dans les rangs de l'armée ou de l'opposition armée.

Finalement, fin janvier, le Conseil de sécurité a décidé qu'il allait « envisager les mesures appropriées à prendre » vis-à-vis des cinq pays de la liste qui avaient failli à leur obligation de cesser cette forme effroyable de mauvais traitement à l'égard des enfants et qui continuaient à enrôler et à utiliser des enfants soldats. L'ambiguïté du langage a permis d'esquiver la question de savoir quelles seraient ces mesures.

Le triomphe du Conseil de sécurité toutefois a été de décider d'élargir son champ d'observation de seulement cinq pays à quelque vingt autres conflits armés passés et présents ; la Coalition pour metre fin à l'utilisation d'enfants soldats estime que des dizaines de milliers d'enfants ont été utilsés en première ligne ou dans des missions de soutien dans ces conflits. Cette année, en vertu de la nouvelle résolution du Conseil de sécurité, les Nations unies examineront l'utilisation d'enfants soldats dans le nord de l'Ouganda, en Irlande du Nord, dans la République de Tchétchénie ( Fédération de Russie ), au Soudan et au Sri Lanka.

Pour rattraper le temps perdu, des experts des Nations unies examineront formellement les progrès réalisés au Myanmar pour mettre fin à l'emploi d'enfants soldats. Dans ce pays, quelque 70 000 enfants, certains âgés de seulement onze ans, serviraient dans l'armée après avoir été enlevés ou menacés de prison et enrôlés de force. La prochaine « liste de préoccupation » des Nations unies inclura la Colombie où, selon les informations recueillies par la Coalition, jusqu'à 14 000 enfants soldats - des garçons et des filles, certains âgés de moins de dix ans - seraient actuellement dans des groupes armés, des milices et des groupes paramilitaires. Au Népal, le Secrétaire général a maintenant reçu l'autorisation d'enquêter sur les allégations selon lesquelles jusqu'à trente pour cent des combattants du Parti communiste du Népal seraient des enfants, leur nombre augmentant chaque jour davantage.

Le Conseil de sécurité a clairement ouvert la voie à l'examen de nouveaux pays qui n'étaient pas à l'ordre du jour l'année dernière. Cette décision coïncide de façon tout à fait appropriée avec le premier anniversaire d'un autre succès des Nations unies pour les droits de l'enfant, le « traité des enfants soldats ». Le 12 février, le monde célèbrera le premier anniversaire de l'entrée en vigueur du Protocole facultatif se rapportant à la Convention des Nations unies relative aux droits de l'enfant, concernenant l'implication d'enfants dans les conflits armés.

Jusqu'ici 111 gouvernements ont fait un premier pas en signant le Protocole faculttif qui restreint l'utiliation d'enfants soldats. Plus de 45 nations sont allées plus loin et se sont engagées légalement à appliquer le nouveau traité. En nommant ceux qui utilisent des enfants soldats dans cinq pays, le Conseil de sécurité est en symbiose avec l'opinion mondiale. Lors de la prochaine réunion prévue dans neuf mois sur le sujet, il faut espérer que le Conseil de Sécurité prendra des mesures concrètes pour faire en sorte que les enfants soldats des autres pays ne soient pas oubliés.

Pour obtenir de plus amples informations, veuillez contacter le Service de presse d'Amnesty International à Londres, au +44 20 7413 5566, ou consulter le site http://www.amnesty.org

La version originale a été publiée par Amnesty International,
Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 0DW, Royaume-Uni.
La version française a été traduite et diffusée par Les Éditions Francophones d'Amnesty International – Éfai –
Vous trouverez les documents en français sur LotusNotes, rubrique ÉFAI - IS documents
Vous pouvez également consulter le site Internet des ÉFAI :
www.efai.org



How you can help

AMNESTY INTERNATIONAL WORLDWIDE