Document - Ethiopia: Fear of torture
ACTION URGENTEi
DOCUMENT PUBLIC ÉFAI – 000264 – AFR 25/04/00
AU 106/00
Avertissement : Amnesty International défend des individus sans prendre position ni sur leurs idées
ni sur les organisations auxquelles ils pourraient adhérer.
CRAINTES DE TORTURE
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ÉTHIOPIE |
Aberra Gobena, enseignant Abdissa Aberra (son fils), élève de l’enseignement secondaire Belachew Tadesse, enseignant Fita Kanaa, enseignant Hika Wolteji, enseignant Sileshi Ayana, enseignant Yonatan Dinagde, élève de l’enseignement secondaire Des enseignants de différentes villes oromo, parmi lesquels : Tesfa Burayu (directeur de l’école secondaire de Nekemte) Sa femme (dont on ignore le nom) Tesfa Atomsa (directeur adjoint de l’école) Wolde-Yesus Mengesha ; Marga Legesse ; Kano Weyessa et des élèves : Million Belema ; Rikitu Chemeda ; Berhanu Fufa ; Fisseha Negesse ; Galana Neda ; Adugna Tujo ; Hachalu Zembaba ; Duguma Galissa |
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Londres, le 5 mai 2000
Les enseignants et élèves de l’enseignement secondaire mentionnés ci-dessus ont été arrêtés à la suite de manifestations contre le gouvernement régional oromo qui ont eu lieu dans l’ouest de l’Éthiopie et au cours desquelles la police a frappé et tiré sur la foule. Ces personnes sont détenues au secret sans avoir été inculpées. Amnesty International craint qu’elles n’aient été arrêtées uniquement pour avoir exprimé de manière non violente leurs opinions et qu’elles ne soient torturées ou maltraitées.
Les personnes nommées ci-dessus ont été arrêtées au cours de la deuxième quinzaine d’avril à Nejo et dans d’autres villes de la région oromo, à l’ouest de la capitale Addis-Abeba. Elles font partie des très nombreux enseignants et élèves arrêtés en pays oromo au cours des deux derniers mois.
Les manifestants remettaient en question la pertinence de l’action du gouvernement contre les incendies de brousse qui ravagent depuis le mois de février les zones de Bale et de Borena, situées en terre oromo. Le gouvernement a organisé la lutte contre le feu, demandé l’aide de la communauté internationale et engagé des poursuites contre des fermiers soupçonnés d’être à l’origine de ces incendies. Amnesty International n’est pas en mesure de se prononcer sur les allégations du groupe armé d’opposition Front de libération oromo (FLO), selon lesquelles ces incendies auraient été provoqués en vue de faire fuir de cette région les combattants du FLO.
Les manifestations et arrestations ont débuté le 7 mars après que des élèves de la ville d’Ambo, à 100 kilomètres d’Addis-Abeba, eurent envoyé une délégation au gouvernement régional oromo auquel ils reprochent sa passivité et à qui ils voulaient demander d’être envoyés pour lutter eux-mêmes contre les incendies. Leur demande a été refusée et la police a frappé sur ceux qui protestaient, en particulier à l’école secondaire d’Ambo. Les policiers auraient abattu un garçon de dix-neuf ans, Getu Diribe Benti, et blessé de nombreux autres jeunes gens. Selon des informations non confirmées, d’autres personnes auraient été tuées par balles. Plus d’une centaine d’élèves de l’enseignement secondaire auraient été arrêtés puis, semble-t-il frappés et privés de nourriture en détention. La plupart ont été libérés au bout de quelques jours mais certains sont toujours détenus sans avoir été inculpés parmi lesquels figurent Million Belema, Rikitu Chemeda, Berhanu Fufa, Fisseha Negesse, Galana Neda, Adugna Tujo, Hachalu Zembaba et Duguma Galissa (âgés de dix-sept à vingt ans).
La police a procédé à d’autres arrestations et fusillades le 2 avril, lorsque des élèves de l’enseignement secondaire ont manifesté pacifiquement à Dembi Dollo à propos de l’incapacité du gouvernement à mettre fin aux feux de brousse et pour protester contre les arrestations et la fusillade ayant eu lieu à Ambo. Au moins une jeune fille, Diribe Jifara, a été abattue et d’autres jeunes gens ont été blessés. Plusieurs élèves et enseignants ont été arrêtés et sont toujours détenus.
Les arrestations de manifestants et d’autres personnes soupçonnées d’avoir participé au mouvement de protestation se poursuivent.
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Des milliers de membres de l’ethnie (ou « nationalité ») oromo sont actuellement détenus en Éthiopie parce qu’ils sont soupçonnés de soutenir le FLO, qui s’oppose au gouvernement de la région oromo depuis qu’il a quitté la coalition gouvernementale en 1992. Au cours des dernières années, de nombreuses informations ont fait état d’actes de torture perpétrés contre des personnes soupçonnées d’appartenir au FLO. Selon certaines informations, le gouvernement soupçonnerait qu’il existe un lien entre ces manifestations et le FLO.
Ces arrestations d’opposants oromo ont lieu alors que des élections parlementaires nationale et régionale doivent avoir lieu le 14 mai.
ACTION RECOMMANDÉE : télégramme / aérogramme / lettre par avion / fax (en anglais ou dans votre propre langue) :
– dites-vous préoccupé par le fait que des enseignants à Nejo, et des enseignants et des élèves à Ambo, Dembi Dollo, Nekemte et dans d’autres villes oromo, ont été détenus récemment au secret sans avoir été inculpés ni jugés ;
– exhortez les autorités à veiller à ce que les personnes arrêtées ne soient pas torturées ni soumises à aucune autre forme de mauvais traitements, et à ce qu'elles soient immédiatement autorisées à recevoir la visite des membres de leurs familles, de leurs avocats et de médecins ;
– demandez instamment que ces détenus soient ou bien inculpés d’infractions pénales prévues par la loi et jugés sans délai en toute équité, ou bien relâchés immédiatement et sans condition s’ils sont incarcérés uniquement en raison de leurs opinions ;
– demandez qu’une enquête indépendante et impartiale soit menée et que soient rendus publics ses conclusions concernant le recours par la police à la force meurtrière lors des manifestations ; demandez que soit examiné tout particulièrement les homicides dont ont été victimes Getu Diribe Benti à Ambo et Diribe Jifara et peut-être d’autres personnes à Dembi Dollo ; insistez pour que tout membre des forces de sécurité soupçonné d’être responsable de ces homicides illégaux soit déféré à la justice.
APPELS À :
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Premier ministre : His Excellency Meles Zenawi Prime Minister, Prime Minister's Office PO Box 1031, Addis-Abeba, Éthiopie Télégrammes : Prime Minister Meles, Addis-Abeba, Éthiopie Fax : 2511 552020 Formule d'appel : Your Excellency, / Monsieur le Premier Ministre, |
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Ministre de la Justice : Mr Werede-Wold Wolde Minister of Justice, Ministry of Justice PO Box 1370, Addis-Abeba, Éthiopie Télégrammes : Justice Minister, Addis-Abeba, Éthiopie Fax : 2511 550 278 / 550 722 Formule d'appel : Dear Minister, / Monsieur le Ministre, |
COPIES À :
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Chef de l’État : His Excellency President Negaso Gidada Office of the President PO Box 1031, Addis-Abeba, Éthiopie Fax : 2511 552020 |
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Président de l'Oromo : Mr Kuma Demeksa, President of Oromia Oromia Regional State Council PO Box 62297, Addis-Abeba, Éthiopie |
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Directeur de la Sécurité : Mr Kinfe Gebre-Medhin, General Manager, Public Security, Prime Minister's Office PO Box 1031, Addis-Abeba, Éthiopie Télégrammes : Security Director Kinfe, Prime Minister’s Office, Addis-Abeba, Éthiopie Fax : 2511 552020 |
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ainsi qu'aux représentants diplomatiques de l'Éthiopie dans votre pays. |
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PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.
APRÈS LE 15 JUIN 2000, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S'IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.
ia version originale a été publiée par Amnesty International,
Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 0DW, Royaume-Uni. Seule la version anglaise fait foi.
La version française a été traduite et diffusée par les Éditions Francophones d'Amnesty International - éfai -