Annual Report 2012
The state of the world's human rights

Document - Zimbabwe: High risk of human rights violations as international observers are leaving the country and military presence builds up

Amnesty International

BULLETIN D'INFORMATION 045/02

13 mars 2002 page 1



ZIMBABWE.

Le départ des observateurs internationaux et le renforcement de la présence militaire entraînent un risque important d’atteintes aux droits humains

Index AI : AFR 46/021/02

Amnesty International est profondément préoccupée par le risque très élevé de voir des violences éclater à la suite des élections des 9, 10 et 11 mars 2002, en particulier avec le départ des observateurs internationaux chargés de surveiller le déroulement du scrutin.

S’appuyant sur ce qu’elle a vu par le passé au Zimbabwe, l’organisation craint que des sympathisants présumés de l’opposition ne soient attaqués, et que des violences n’éclatent autour d’éventuelles manifestations contre les résultats du scrutin.

« Les policiers devraient remplir leur devoir dans le respect des normes internationales relatives aux droits humains. Des mesures devraient être prises pour s’assurer que la période post-électorale ne soit pas marquée par des atteintes aux droits humains semblables à celles qui ont terni la campagne électorale », a déclaré Amnesty International.

Tandis que de nombreux observateurs du scrutin quittent le pays, la présence militaire est en train d’être renforcée dans des villes telles que Bulawayo, Gweru et Kwekwe, et les défenseurs des droits humains sont de plus en plus menacés. Tous ces facteurs suscitent de vives inquiétudes quant à la situation des droits fondamentaux dans le pays. « La communauté internationale devrait poursuivre son engagement actif auprès des autorités zimbabwéennes afin d’éviter que des atteintes aux droits humains ne soient commises », a ajouté l’organisation.

Lors de précédentes élections, l’armée s’était rendue coupable de nombreux passages à tabac et actes de torture destinés à punir les membres des communautés qui avaient voté pour l’opposition. Cette politique de représailles contre la population zimbawéenne avait été très claire après les élections de 1985 et de 1990, ainsi que plus récemment, lors des élections législatives de juin 2000. Après ce dernier scrutin, l’armée avait occupé les faubourgs très densément peuplés d’Harare, dont les habitants avaient voté massivement en faveur de l’opposition. De même, après les émeutes de la faim de 1998, des soldats étaient passés de maison en maison, frappant les habitants de ces mêmes faubourgs. Amnesty International appelle les autorités zimbabwéennes à ne pas utiliser l’armée en représailles contre ceux qui sont supposés ne pas avoir voté pour le parti au pouvoir lors des récentes élections.

Avec le départ de la majorité des observateurs internationaux, Amnesty International craint que les sympathisants de l’opposition, les membres d’organisations non gouvernementales, les employés de la presse indépendante et les autres opposants présumés au gouvernement ne soient menacés, tant dans l’immédiat qu’en cas de manifestations populaires contre les résultats du scrutin. Dans la période précédant l’élection et pendant le processus électoral, des brigades de jeunes de la Zimbabwe African National Union-Patriotic Front (ZANU-PF, Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique) ont commis de graves atteintes aux droits humains, telles que des homicides, des actes de torture et des menaces à la sécurité physique de personnes perçues comme des sympathisants de l’opposition.

« Les autorités zimbabwéennes ne devraient pas prendre pour cible ni permettre que soient pris pour cible des sympathisants de l’opposition dans le cadre d’actions de représailles, et devraient veiller à ce que le maintien de l’ordre en cas de manifestations publiques soit assuré en toute impartialité et conformément aux normes internationales », a souligné l’organisation.

« Les membres de la Southern African Development Community (SADC, Communauté de développement de l’Afrique australe), et en particulier l’Afrique du Sud, devraient agir fermement pour pousser les autorités zimbabwéennes à respecter l’état de droit et à prévenir une nouvelle vague d’atteintes aux droits humains. En cette période instable, la police doit faire preuve de professionnalisme et assurer le maintien de l’ordre dans le respect des normes internationales relatives aux droits humains », a précisé Amnesty International དྲ

Pour obtenir de plus amples informations, veuillez contacter le Service de presse d'Amnesty International, à Londres, au +44 20 7413 5566 ou consulter notre site web : www.amnesty.org


La version originale a été publiée par Amnesty International,
Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 0DW, Royaume-Uni.
La version française a été traduite et diffusée par Les Éditions Francophones d'Amnesty International – Éfai –
Vous trouverez les documents en français sur LotusNotes, rubrique ÉFAI - IS documents.
Vous pouvez également consulter le site Internet des ÉFAI :
www.efai.org

How you can help

AMNESTY INTERNATIONAL WORLDWIDE