Document - Eritrea: Fear of torture/prisoners of conscience
DOCUMENT PUBLIC AFR 64/012/2005 – ÉFAI
AU 270/05
Avertissement : Amnesty International
défend des individus sans prendre position ni sur leurs idées
ni sur les organisations auxquelles ils pourraient adhérer.
CRAINTES DE TORTURE / PRISONNIERS D’OPINION
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ÉRYTHRÉE |
Douze membres de l’Église baptiste Kale Hiwot : Ukbay (h) Yergalem Afewerki (f) Abraham (h) Berhane (h) Eden (f) Elsa (f) Freweyni (f) Gebremichael (h) Hamelmal (f) Pastor Simon (h) Teklemariam (h) Sirak Gebremichael (h)
ainsi qu’Akberet Nigussie (f), membre du personnel administratif de l’Église Rema et quelque 200 autres membres d’Églises évangéliques |
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Londres, le 13 octobre 2005
Les autorités érythréennes ont arrêté plus de 200 membres d’Églises évangéliques lors d’une vaste opération lancée à Asmara, la capitale. Amnesty International considère ces personnes comme des prisonniers d’opinion car elles sont détenues uniquement en raison de leurs convictions religieuses. Elle craint par ailleurs qu’elles ne soient torturées.
Ces personnes n’ont pas été inculpées ni même présentées devant une instance judiciaire dans les quarante-huit heures suivant leur arrestation, comme le prévoit pourtant la loi érythréenne. On pense qu’elles sont détenues au poste de police n° 5 à Asmara.
Sirak Gebremichael, Teklemariam, Pastor Simon et au moins deux autres membres de l’Église baptiste Kale Hiwot ont été interpellés le 30 septembre. Ils sont détenus sans inculpation au poste de police n° 5. Akberet Nigussie, membre de l’Église Rema, a été appréhendée et conduite dans ces locaux le même jour. Du matériel de bureau et des documents ont été saisis dans les locaux des deux Églises, qui sont surveillés en permanence par les forces de sécurité depuis plusieurs jours.
Les autres personnes nommées plus haut travaillent toutes au projet de développement de l’Église Kale Hiwot, qui fournit une aide humanitaire d’urgence à travers l’ensemble du pays. Elles ont été arrêtées le 3 octobre, et les bureaux dédiés au projet fermés. On pense qu’elles sont également détenues au poste de police n° 5.
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Depuis 2002, seules les Églises chrétiennes officielles (orthodoxe, catholique et luthérienne) sont autorisées en Érythrée. Bien que la liberté de culte soit garantie par la Constitution du pays, les membres des Églises chrétiennes minoritaires font l’objet d’une persécution tenace. Le 4 septembre, la police a arrêté un couple membre de l’Église Alléluia qui célébrait son mariage dans une résidence privée à Asmara, ainsi que 18 invités, dont un membre de l’Église de Philadelphie. Ils seraient détenus au poste de police n° 5 à Asmara.
À l’heure actuelle, plus d’un millier de membres d’Églises minoritaires, dont 19 pasteurs, sont en détention. Amnesty International reçoit souvent des informations indiquant que les forces de sécurité torturent des membres d’Églises évangéliques qui continuent à pratiquer leur religion de façon clandestine, dans le but de leur faire abjurer leur foi. Ces personnes sont détenues au secret dans des conditions éprouvantes. Elles ont été réparties dans des centres secrets et des camps militaires dans différentes régions du pays, notamment à Sawa, dans le principal centre d’entraînement militaire. D’autres ont été placées dans des conteneurs ou des prisons souterraines. Faute d’être autorisés à bénéficier de soins médicaux, plusieurs détenus sont tombés gravement malades.
ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous
ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires
mentionnés
ci-après (en anglais ou dans votre propre langue) :
– dites-vous préoccupé par le fait que plus de 200 membres d’Églises évangélistes, notamment Kale Hiwot et Rema, ont été arrêtés depuis le 30 septembre ;
– demandez instamment que ces prisonniers d’opinion soient libérés immédiatement et sans condition, car ils n’ont fait qu’exercer pacifiquement leur droit à la liberté de religion, qui est garanti par la Constitution de l’Érythrée ;
– exhortez les autorités à faire en sorte que ces personnes ne soient pas soumises à des actes de torture ni à d’autres formes de mauvais traitements en détention et qu’elles soient autorisées à recevoir immédiatement la visite de leurs proches, à consulter des avocats et à bénéficier de tous les soins médicaux qui pourraient leur être nécessaires ;
– exprimez votre inquiétude à l’idée que ces détenus ont été arrêtés arbitrairement, sans inculpation ni jugement, en violation des dispositions relatives aux droits humains de la Constitution et de la législation érythréennes, aux termes desquelles les personnes appréhendées doivent être conduites devant une instance judiciaire dans un délai de quarante-huit heures.
APPELS À :
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Président : His Excellency President Issayas Afewerki Office of the President PO Box 257 Asmara, Érythrée Fax : +2911 126422 Formule d'appel : Your Excellency, / Monsieur le Président, |
Ministre de la Justice : Ms Fawzia Hashim Minister of Justice Ministry of Justice PO Box 241 Asmara, Érythrée Formule d’appel : Dear Minister, / Madame la Ministre, |
COPIES À :
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Responsable de la police : Brigadier Abraham Andom Commissioner of Police Ministry of Internal Affairs PO Box 1223 Asmara, Érythrée |
Directeur du Département des Affaires religieuses : Mr Semere Beyene Director, Department of Religious Affairs Ministry of Local Government PO Box 225 Asmara, Érythrée |
ainsi qu’aux représentants diplomatiques de l’Érythrée dans votre pays.
PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.
APRÈS LE 24 NOVEMBRE 2005, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION
S'IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.
La version originale a
été publiée par Amnesty International,
Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 0DW,
Royaume-Uni.
La version française a été traduite et diffusée par Les Éditions
Francophones d'Amnesty International - ÉFAI -
Vous pouvez consulter le site Internet des ÉFAI à l'adresse
suivante : http://www.efai.org