Document - Chile: The best reparation is justice
Amnesty International
BULLETIN D'INFORMATION 308/2004 page
CHILI
La justice est la meilleure réparation qui soit
Index AI : AMR 22/013/2004
ÉFAI
Lundi 29 novembre 2004
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Bien que le rapport de la Comisión nacional sobre Prisión política y Tortura (Commission nationale sur l’emprisonnement politique et la torture)établisse sans conteste que la torture a été une pratique institutionnelle de l’État sous le gouvernement militaire, il s’abstient de rechercher des mesures visant à rendre justice de manière définitive, a déclaré aujourd’hui Virginia Shoppée, chercheuse d’Amnesty International sur le Chili, à la suite de la diffusion de ce rapport.
Dans une déclaration faite le jour même de la publication, le président Ricardo Lagos a souligné que « le chemin parcouru pour faire face à ce passé a été long, difficile et complexe. Il n’a pas été facile d’assumer la vérité nue des événements et la responsabilité de ces actes… »Il a ajouté : «… nous refermons un chapitre que nous nous devions d’ouvrir et nous le faisons en nous tournant vers le futur, non pour étudier éternellement ce passé mais pour renforcer la coexistence et l’unité de tous les Chiliens… »
« Les années du gouvernement d’Augusto Pinochet ont laissé un héritage sanglant au Chili. Afin de rompre avec ce passé, il s’agit d’accorder des réparations pleines et entières aux milliers de personnes qui, au Chili, vivent encore dans l’ombre de cet héritage ; la justice qui a été niée jusqu’à présent doit figurer parmi ces mesures de réparation », a déclaré Virginia Shoppée.
Amnesty International a de nouveau fait part de ses inquiétudes au gouvernement chilien concernant l’application de la Convention des Nations unies contre la torture ; celle-ci établit à l’article 14 : « Tout État partie garantit, dans son système juridique, à la victime d'un acte de torture […] le droit d'obtenir réparation et d'être indemnisée équitablement et de manière adéquate, y compris les moyens nécessaires à sa réadaptation la plus complète possible. »
« Il est essentiel d’abroger la loi d’amnistie et de faire comparaître devant la justice toutes les personnes responsables de sévices graves, tout comme il est indispensable d’accorder entièrement réparation aux survivants et aux familles des victimes, pour que le peuple chilien puisse refermer ses blessures et se tourner vers un futur sans violations des droits humains », a conclu Virginia Shoppée.
Complément d’information
La Commission nationale sur l’emprisonnement politique et la torture a reçu 35 000 témoignages de personnes qui ont été victimes d’actes de torture sous le gouvernement militaire d’Augusto Pinochet (1973-1990). Le rapport, remis le 11 novembre au président Ricardo Lagos par les membres de la Commission et rendu public le 28 novembre, compte 28 000 témoignages acceptés et quelque 7 000 autres qui feront l’objet d’un examen ultérieur. Il recense également 1 132 lieux utilisés comme centres de détention dans les 13 régions que compte le pays.
Créée par le président Ricardo Lagos,cette Commission a débuté ses travaux en novembre 2003 et a reçu des témoignages jusqu’en mai 2004.
Pour obtenir de plus amples informations, veuillez contacter le Service de presse d’Amnesty International à Londres, au +44 20 7413 5566, ou consulter le site http://www.amnesty.org
La version originale a été publiée par Amnesty
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La version française a été traduite et diffusée par Les Éditions
Francophones d'Amnesty International – Éfai –
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