Document - Colombia: Women human rights defenders threatened

Colombie. Des féfenseures des droits des femmes menacées

AU 37/13, AMR 23/006/2013 – Colombie 13 février 2013

ACTION URGENTE

DES DÉFENSEURES DES DROITS DES FEMMES MENACÉES

À Barrancabermeja, dans le nord de la Colombie, Gloria Amparo Suárez et Yolanda Becerra, de l'organisation de défense des droits des femmes OFP, ont reçu des menaces de violences concernant leurs enfants.

Le 11 février, un homme est entré dans le bureau de l'Organisation populaire de femmes (OFP) et a demandé des informations sur le cursus de validation du baccalauréat pour adultes. Après que Gloria Amparo Suárez, la représentante légale de l'OFP, l'eut renseigné, il lui a dit : « Pourquoi est-ce que vous ne vous occupez pas de ça au lieu d'emmerder le monde au niveau national et de foutre le bordel ? »

Il lui a demandé si elle savait où se trouvaient ses enfants. « Nous, nous le savons », a-t-il poursuivi en sortant son téléphone portable, sur lequel figuraient des photos des fils de Gloria Amparo Suárez. L'homme lui a également montré une photo de Yolanda Becerra, la directrice de l'OFP. On voyait cette femme en train de sortir d'une voiture mise à sa disposition dans le cadre d'un programme de protection des pouvoirs publics. « Dites à Becerra que [...] nous suivons tous ses mouvements, comme vous le savez ; arrêtez cette merde et tenez-vous à carreau, on ne veut pas vous faire chier. »

Gloria Amparo Suárez et Yolanda Becerra militent en faveur du droit des victimes à la vérité, à la justice et à des réparations. Elles sont impliquées dans un certain nombre de processus dans ce domaine, au niveau local et national. Elles ont déjà été menacées à plusieurs reprises par des paramilitaires.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS (en espagnol ou dans votre propre langue) :

Faites part de votre préoccupation concernant la sécurité de Gloria Amparo Suárez et de ses enfants, de Yolanda Becerra et des autres membres de l'OFP, au vu des menaces qui ont été proférées contre elles, et demandez aux autorités de les protéger, conformément à leurs souhaits ;

exhortez les autorités colombiennes à ouvrir une enquête exhaustive et impartiale sur les menaces, à en rendre publics les résultats et à traduire en justice les responsables présumés de ces agissements ;

rappelez-leur qu’elles doivent s’acquitter de leurs obligations concernant la protection des défenseurs des droits humains, conformément à la Déclaration des Nations unies de 1998 sur les défenseurs des droits de l’homme, à laquelle la Colombie est partie.

ENVOYEZ VOS APPELS IMMÉDIATEMENT À :

Président

Juan Manuel Santos

Presidente de la República

Palacio de Nariño

Carrera 8 No.7-26, Bogotá, Colombie

Fax : +57 1 596 0631 (merci de vous montrer persévérant)

Formule d’appel : Estimado Sr. Presidente Santos, /

Monsieur le Président,

Procureur général

Eduardo Montealegre

Fiscalía General de la Nación

Diagonal 22B No. 52-01 (Ciudad Salitre)

Bloque C Piso 4 ,Bogotá, Colombie

Fax +57 1 570 2000 poste 2020 ou 2023

Formule d’appel : Estimado Sr. Fiscal General, / Monsieur le Procureur général,

Copies à :

Organización Femenina Popular

Cra 36E No 53 – 37

Barrancabermeja, Santander, �Colombie

Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de la Colombie dans votre pays (adresse(s) à compléter) :

nom(s), adresse(s), n° de fax, adresse électronique, formule de politesse

Vérifiez auprès de votre section s’il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

ACTION URGENTE

DES DÉFENSEURES DES DROITS DES FEMMES MENACÉES

COMPLÉMENT D’INFORMATION

Fondée en 1972, l’OFP s'occupe de la défense des droits des femmes dans la région du Magdalena Medio, où se situe Barrancabermeja (département de Santander). Depuis 2000, l'organisation travaille également à Bogotá et à Neiva. Des membres de l’OFP ont été victimes de menaces et d'agressions. La plupart des quelque 140 attaques contre des membres de l'OFP sont restées impunies, faute d'enquête des autorités sur ces incidents en tant qu'éléments d'une campagne systématique contre l'organisation.

Beaucoup de défenseures des droits humains, dont des responsables locales et des porte-parole de la société civile, continuent d’être menacées et tuées pour les actions qu’elles mènent en faveur des droits des femmes et contre la violence. Ces femmes sont prises pour cible en représailles à leur action en tant que défenseures des droits humains ou responsables locales, mais aussi parce que l'on veut les faire taire lorsqu’elles dénoncent des violences. Ces dernières années, des militantes et des responsables locales œuvrant aux côtés d'habitants déplacés de force ou menant campagne pour la restitution des terres dérobées ont reçu des menaces ou ont été tuées, généralement par des paramilitaires. Certaines ont également subi des violences sexuelles.

Dans le contexte du conflit armé qui déchire la Colombie de longue date, les défenseurs des droits humains et les syndicalistes sont des cibles particulièrement exposées aux menaces et aux homicides. La plupart de ces violences sont imputées aux paramilitaires. Des groupes de guérilla s'en prennent eux aussi aux défenseurs des droits humains, aux syndicalistes et à d’autres militants des droits sociaux considérés comme une menace pour leurs intérêts.

Nom : Gloria Amparo Suárez (f) et ses fils (h), Yolanda Becerra (f)

Genre : femmes et hommes

AU 37/13, AMR 23/006/2013 – 13 février 2013

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