Annual Report 2012
The state of the world's human rights

Document - Colombia: Fear for safety/Death threats

ACTION URGENTE


DOCUMENT PUBLIC Index AI : AMR 23/008/2009 – ÉFAI

19 février 2009


AU 47/09 Craintes pour la sécurité / Menaces de mort

COLOMBIE Les membres d'organisations de défense des droits humains et de syndicats travaillant dans la ville de Bucaramanga (département de Santander)



Des paramilitaires ont menacé de tuer les membres de sept organisations de défense des droits humains et syndicats œuvrant dans la ville de Bucaramanga, dans le département de Santander (nord de la Colombie).


Le 27 janvier, une lettre contenant des menaces de mort a été remise par coursier au bureau de Bucaramanga de l'Organisation féminine populaire (OFP), une organisation de défense des droits des femmes. Ces menaces, signées par le groupe paramilitaire du Bloc métropolitain de Bucaramanga de la nouvelle génération des Aigles noirs, faisaient référence à sept organisations de défense des droits humains et syndicats travaillant à Bucaramanga – Asapaz, Guayacan, l'OFP, l'Association de parents de détenus-disparus (ASFADDES), l'Union syndicale ouvrière de l'industrie pétrolière (USO), le Comité de solidarité avec les prisonniers politiques (CSPP) et la Centrale unitaire des travailleurs (CUT), leur annonçant : « fils de putes, on va vous tuer ».


Ces mêmes menaces ont été adressées par courrier électronique au bureau du CSPP le 28 janvier, et le 2 février, le bureau de l'ASFADDES à Bucaramanga a reçu une enveloppe porteuse du même message.


Les menaces étaient décrites comme « un message posthume à ceux qui encouragent la commémoration du nettoyage effectué par l'AUC [groupement d'organisations paramilitaires] à Barrancabermeja », et contenaient également la phrase suivante : « [Si vous] continuez ces bêtises vous connaîtrez le même sort. »


Les sept organisations citées avaient pris part, le 23 janvier, à une manifestation silencieuse de commémoration du massacre de Barrancabermeja, au cours duquel une trentaine de civils avaient été tués par des paramilitaires en mai 1998. Ce rassemblement s'est tenu à Barrancabermeja, sur les lieux du massacre. Pendant la manifestation, les organisations ont appelé de leurs vœux la mise en place d'une action politique qui permettrait aux familles de victimes d'obtenir vérité, justice et réparation. Le même jour, les restes de cinq des victimes, exhumés de charniers, avaient été remis à leurs proches dans la ville de Bucaramanga.


INFORMATIONS GÉNÉRALES


Dans le contexte du conflit armé qui déchire la Colombie depuis quarante ans, les forces de sécurité et les groupes paramilitaires assimilent souvent les membres d'organisations de défense des droits humains et de syndicats à des collaborateurs ou des sympathisants de la guérilla, et sont allés jusqu'à menacer, enlever ou tuer certaines personnes. Des défenseurs des droits humains et des syndicalistes ont également été menacés, voire tués, par des groupes de guérilleros qui les accusaient de se ranger du côté de leurs « ennemis ».


Les groupes paramilitaires colombiens sont censés avoir été démobilisés dans le cadre d'un programme lancé par le gouvernement en 2003, mais les menaces proférées contre des organisations de défense des droits humains et des syndicats à Bucaramanga et dans d'autres zones du département de Santander montrent que les paramilitaires y sont toujours actifs.


ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en espagnol ou dans votre propre langue) :

- demandez aux autorités de prendre des mesures efficaces afin de protéger les membres d'organisations de défense des droits humains et de syndicats travaillant à Bucaramanga qui sont la cible de menaces de mort émanant d'un groupe paramilitaire ;

- engagez-les à diligenter une enquête approfondie et impartiale sur ces menaces, à en rendre les conclusions publiques et à déférer à la justice les responsables présumés ;

- exhortez-les à prendre sans délai des mesures afin de démanteler les groupes paramilitaires, comme le gouvernement s'y est engagé et conformément aux recommandations des Nations unies et d'autres organisations intergouvernementales ;

- appelez-les à élaborer, en collaboration avec des défenseurs des droits humains, une stratégie et des programmes visant à garantir la sécurité de ces derniers, conformément aux principes de la Déclaration des Nations unies sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la société de promouvoir et protéger les droits de l'homme et les libertés fondamentales universellement reconnus, et à rendre ces mesures publiques.


APPELS À :

Président de la République :

Señor Presidente Álvaro Uribe Vélez

Presidente de la República, Palacio de Nariño, Carrera 8 No.7-26, Bogotá, Colombie

Fax : +57 1 337 5890

Formule d'appel : Excmo. Sr. Presidente Uribe, / Monsieur le Président de la République,


Vice-président :

Dr. Francisco Santos Calderón

Vicepresidencia, Carrera 8A No 7-27, Bogotá, Colombie

Fax :+57 1 565 7682 (Si une personne décroche, veuillez dire : « me da tono de fax, por favor »)

Formule d'appel : Estimado Sr. Vicepresidente Santos, / Monsieur le Vice-Président,


Procureur général :

Dr. Mario Germán Iguarán Arana

Fiscal General de la Nación, Fiscalía General de la Nación

Diagonal 22B (Av. Luis Carlos Galán No. 52-01), Bloque C, Piso 4, Bogotá, Colombie

Fax : +57 1 570 2000 (un message préenregistré en espagnol vous indique alors de composer le numéro 2017)

Formule d'appel : Estimado Sr. Fiscal, / Monsieur le Procureur général,



COPIES À :


Asfaddes :

Carrera 15 N36- 18

Oficina 404

Bucaramanga, Colombie


OFP :

Carrera 18 36-24

Oficina 201

Bucaramanga, Colombie


ainsi qu'aux représentants diplomatiques de la Colombie dans votre pays.


PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT. APRÈS LE 2 AVRIL 2009, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S'IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.


How you can help

AMNESTY INTERNATIONAL WORLDWIDE