Document - Colombia: Peace community threatened with a massacre

Colombie. Une communauté de paix colombienne menacée de massacre

AU 56/13, AMR 23/012/2013, Colombie 27 février 2013

ACTION URGENTE

UNE COMMUNAUTÉ DE PAIX MENACÉE DE MASSACRE

Les membres de la communauté de paix de San José de Apartadó ont été menacés d’être massacrés, alors que les paramilitaires renforcent leur présence dans le secteur.

Le 23 février, un homme a appelé un membre de la communauté de paix de San José de Apartadó, dans le département d’Antioquia, en Colombie, et l’a avisé qu’un nouveau massacre se préparait contre la communauté de paix. Il a ajouté que les dirigeants de la communauté étaient la cible et qu’ils devraient faire attention aux enfants et ne pas les laisser sortir dans la rue. Ces menaces font suite à une décision du tribunal administratif qui a statué le 8 février que l’État colombien devait présenter des excuses aux membres de la communauté de paix pour son rôle dans le massacre de février 2005, dans lequel huit personnes (dont quatre enfants) ont été tuées et leurs corps mutilés lors d’une opération menée par l’armée et les paramilitaires. Aucun officier de haut rang des forces armées n’a encore été inquiété pour ces crimes, tandis que plusieurs soldats et paramilitaires ont été reconnus coupables pour leur rôle dans le massacre de 2005.

Selon des témoins, entre le 11 et le 16 février 2013, plusieurs camions ont transporté des paramilitaires depuis le département voisin du Chocó vers trois bases paramilitaires situées aux abords des hameaux de la communauté de paix : Piedras Blancas dans la municipalité de Carepa, Nueva Antioquia dans la municipalité de Turbo et une base sur la route de Zunguito. Les camions ont traversé sans être arrêtés des zones où les barrages routiers militaires et policiers sont légion. Les paramilitaires maintiennent une forte présence dans le secteur de San José de Apartadó, bien que cette région soit déjà fortement militarisée.

Au cours des dernières années, Amnesty International a reçu des informations sur la présence d’une base paramilitaire à Nueva Antioquia et dénoncé à maintes reprises cette situation. Malgré cela, les autorités colombiennes n’ont pas pris les mesures qui s’imposaient en vue de résoudre le problème de la présence paramilitaire dans le secteur.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en espagnol ou dans votre propre langue :

dites-vous inquiet/ète pour les membres de la communauté de paix de San José de Apartadó, notamment pour leurs dirigeants, à la lumière de la menace d’un nouveau massacre ;

appelez les autorités à diligenter une enquête minutieuse et impartiale sur ces menaces et sur la présence renforcée des paramilitaires dans la région, à rendre les conclusions publiques et à traduire les responsables présumés en justice ;

rappelez-leur que les civils, dont les membres de la communauté de paix de San José de Apartadó, ont le droit de ne pas être entraînés dans le conflit armé ;

exhortez-les à prendre des mesures immédiates pour démanteler les groupes paramilitaires et rompre leurs liens avec les forces de sécurité, conformément à l'engagement déclaré du gouvernement et aux recommandations des Nations unies et d’autres organisations intergouvernementales.

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 10 AVRIL 2013 À :

Président

Juan Manuel Santos

Presidente de la República

Palacio de Nariño, Carrera 8 No.7-26, Bogotá, Colombie

Fax : +57 1 596 0631

Formule d’appel : Dear President,/

Monsieur le Président,

Ministre de la Défense

Juan Carlos Pinzón

Ministerio de Defensa

Carrera 54, no.26-29

Bogotá, Colombie

Fax : +57 1 266 1003

Formule d’appel : Dear Minister, / Monsieur le Ministre,

Copies à :

Communauté de paix

Comunidad de Paz de

San José de Apartadó

AA 243 de Apartadó

Antioquia, Colombie

Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de la Colombie dans votre pays. (adresse(s) à compléter) :

Nom(s), adresse(s), n° de fax ; courriel ; formule d’appel.

Vérifiez auprès de votre section s’il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

ACTION URGENTE

UNE COMMUNAUTÉ DE PAIX COLOMBIENNE MENACÉE DE MASSACRE

INFORMATIONS GÉNÉRALES

La communauté de paix de San José de Apartadó est composée de personnes vivant dans plusieurs hameaux et villages de la municipalité d'Apartadó, dans le département d’Antioquia (nord-ouest de la Colombie), qui défendent leur droit de ne pas être entraînées dans le conflit armé en Colombie et refusent de prendre parti pour l’un ou l’autre camp. Elles refusent de porter les armes et de fournir des renseignements ou un soutien logistique aux différentes parties au conflit. En retour, elles exigent que ces dernières ne viennent pas sur leurs terres et qu’elles respectent leur décision de ne pas participer aux hostilités et de ne collaborer avec aucune d’elles.

Depuis la création de cette communauté de paix, le 23 mars 1997, plus de 170 de ses membres et d'autres civils du secteur ont été tués ou ont fait l’objet d’une disparition forcée, tandis que d’autres ont été victimes de menaces ou d’agressions sexuelles. Les personnes appartenant à cette communauté sont en danger permanent. La majorité de ces homicides est imputable à des paramilitaires qui continuent d’agir avec le soutien ou le consentement d’agents des forces armées dans cette zone. Une partie des meurtres est le fait des guérilleros. Au cours des 10 dernières années, bon nombre de civils n'appartenant pas à la communauté de paix mais ayant des liens avec ses membres ou vivant dans la région, ont également été tués. Beaucoup de ces homicides coïncident avec les vagues de menaces adressées aux habitants de San José de Apartadó dans le but, semble-t-il, de les intimider.

Les civils qui défendent leur droit de ne pas être impliqués dans le conflit armé colombien se heurtent à la suspicion et à l'hostilité de l’armée, des paramilitaires et des guérilleros.

Les groupes paramilitaires colombiens sont censés avoir été démobilisés dans le cadre d’un programme lancé par le gouvernement en 2003, mais les homicides et les menaces proférées contre des défenseurs des droits humains et d’autres membres vulnérables de la société civile dans différentes régions du pays montrent qu’ils sont toujours actifs.

Nom : membres de la communauté de paix de San José de Apartadó

Genre : hommes et femmes

AU 56/13, AMR 23/012/2013, 27 février 2013

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