Document - Colombia: Union leaders' safety at risk

Colombie. Craintes pour la sécurité de responsables syndicaux

AU 66/13, AMR 23/013/2013 – Colombie 15 mars 2013

ACTION URGENTE

CRAINTES POUR LA SÉCURITÉ DE RESPONSABLES SYNDICAUX

Les responsables syndicaux qui représentent les employés des mines de charbon de la commune de La Jagua de Ibírico, dans le département de César (nord-est de la Colombie), ont reçu une menace de mort.

Le 3 mars, Ricardo Machado et Wilder Martínez, respectivement président et trésorier de la représentation du Syndicat national des travailleurs des entreprises du secteur minier et de l'énergie (SINTRAMIENERGETICA) à La Jagua de Ibírico, ont été menacés. Wilder Martínez a reçu le SMS anonyme suivant : « Écoutez, toi fils de pute et ce Ricardo, vos jours sont comptés parce que vous fourrez votre nez dans des choses qui ne vous regardent pas, ne faites plus rien ou on vous la fera fermer, salauds de guérilléros, vous avez déjà oublié ce qui est arrivé à Horcasita [sic], premier et dernier [avertissement]. » Le mot « Horcasita » faisait référence à la torture et à l'homicide de Víctor Orcasita, vice-président du SINTRAMIENERGETICA – faits commis par des paramilitaires le 12 mars 2001.

Les deux responsables cités défendent leur syndicat contre les entreprises minières Carbones de La Jagua et Consorcio Minero Unido, appartenant toutes les deux à la multinationale Glencore. En effet, celles-ci ont intenté une action en justice concernant la légalité d'une grève organisée par SINTRAMIENERGETICA du 19 juillet au 23 octobre 2012, ainsi que d'autres grèves qui avaient eu lieu en 2011 et 2006. Ricardo Machado et Wilder Martínez font aussi campagne afin que les entreprises minières ne puissent pas mener des activités qui, selon eux, seraient dangereuses pour un cours d'eau de la région.

Ricardo Machado avait déjà été menacé par un homme armé le 12 février. Bien que la police ait appréhendé et interrogé ce dernier, on ignore toujours son identité car il avait affirmé à tort travailler pour le projet minier de La Jagua.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS (en espagnol ou dans votre propre langue) :

demandez aux autorités de protéger Ricardo Machado, Wilder Martínez et les autres membres de la représentation du SINTRAMIENERGETICA à La Jagua de Ibírico ;

exhortez-les à mener une enquête exhaustive et impartiale sur les menaces proférées à l'encontre de Ricardo Machado et Wilder Martínez, à en rendre les conclusions publiques et à traduire en justice les responsables présumés de ces agissements.

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 26 AVRIL 2013 À :

Président

Señor Juan Manuel Santos

Presidente de la República, Palacio de Nariño, Carrera 8 No.7–26

Bogotá, Colombie

Fax : +57 1 596 0631 (merci de vous montrer persévérant)

Formule d'appel : Excmo. Sr. Presidente Santos, / Monsieur le Président,

Ministre du Travail

Rafael Pardo Rueda

Ministerio de Trabajo

Carrera 14, No.99–33

Bogotá, Colombie

Fax : +52 1 489 3900 ext. 2320

Formule d'appel : Estimado Ministro, / Monsieur le Ministre,

Copies à :

SINTRAMINERGETICA

Calle 8 No. 4-45

Jagua de Ibírico

Cesar

Colombie

Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de la Colombie dans votre pays (adresse(s) à compléter) :

Nom(s), adresse(s), n° de fax ; courriel ; formule d'appel.

Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

ACTION URGENTE

CRAINTES POUR LA SÉCURITÉ DE RESPONSABLES SYNDICAUX

complÉment d'INFORMATION

Depuis le début du conflit armé qui oppose de longue date les guérilléros de gauche et les forces armées, qui agissent parfois en collusion avec les paramilitaires, les défenseurs des droits humains, les syndicalistes et les membres d'autres organisations à vocation sociale sont souvent victimes de menaces, de disparitions forcées ou d'homicides. Les groupes paramilitaires colombiens sont censés avoir été démobilisés dans le cadre d'un programme lancé par le gouvernement en 2003, mais les menaces proférées contre des organisations de défense des droits humains et des syndicats montrent qu'ils sont toujours actifs.

La Colombie est l'un des pays où le taux d'homicides de syndicalistes est le plus élevé. Les syndicalistes subissent des menaces à répétition et certains sont tués dans le cadre de différends professionnels ou de campagnes pour la hausse des salaires et l'amélioration des conditions de travail. Outre le fait qu'ils soient fréquemment menacés, nombre d'entre eux sont victimes d'exécutions extrajudiciaires ou de disparitions forcées orchestrées par les paramilitaires, seuls ou avec la connivence des forces de sécurité. De plus, les forces de sécurité et les paramilitaires accusent souvent les syndicalistes d'être des sympathisants ou des alliés des guérilléros.

Les guérilléros, pour leur part, menacent et tuent les personnes qu'ils accusent de collaborer avec leurs ennemis.

Depuis de nombreuses années, les paramilitaires tuent et menacent de mort des membres du SINTRAMIENERGETICA car ce syndicat s'efforce d'obtenir une amélioration des conditions de travail. Le 12 mars 2001, date de l'homicide de Víctor Orcasita, Valmore Locarno, le président du syndicat, a aussi été tué.

Noms : Ricardo Machado, Wilder Martínez

Genre : hommes

AU 66/13, AMR 23/013/2013 15 mars 2013

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