Document - Colombia: Paramilitaries threaten commuvity on "death list"

COLOMBIE. DES MEMBRES D’UNE COMMUNAUTÉ FIGURENT SUR UNE « LISTE DE PERSONNES À ABATTRE »

AU 117/13, AMR 23/019/2013, Colombie 8 mai 2013

ACTION URGENTE

DES MEMBRES D’UNE COMMUNAUTÉ FIGURENT SUR UNE « LISTE DE PERSONNES À ABATTRE »

Les paramilitaires recherchent des membres d’une communauté dans le bassin du Curvaradó, dans le nord-ouest de la Colombie, pour les éliminer. Ils surveillent aussi des membres de la Commission interecclésiastique Justice et Paix, ONG de défense des droits humains active dans la région.

L’ONG Commission interecclésiastique Justice et Paix (Comisión Intereclesial de Justicia y Paz) a appris le 28 avril que les paramilitaires opérant dans la région du bassin du Curvaradó, dans le département du Chocó, dans le nord-ouest de la Colombie, détenaient la liste de six membres d’une communauté qu’ils ont déclaré vouloir éliminer. Il s’agit de Gustavo García, Adrián Pérez, Elkín Urango, Emiliano Velásquez, Guillermo Díaz et Enrique Cabezas.

Le 26 avril, des paramilitaires ont menacé le frère d’Enrique Cabezas en pointant une arme à feu sur lui, affirmant qu’ils allaient le tuer. Le 2 mai, des paramilitaires sont entrés dans la zone humanitaire d’Argenito Díaz, dans la région de Llano Rico, sur les terres collectives du bassin du Curvaradó, à la recherche de Guillermo Díaz. Ils sont entrés chez lui, ne l’ont pas trouvé et sont repartis. Ils ont pu opérer librement dans le secteur, malgré la forte présence des forces de sécurité, en compagnie desquelles ils ont été vus.

Des membres de la Commission interecclésiastique Justice et Paix, qui soutient les communautés du bassin du Curvaradó, ont été placés sous surveillance le 2 mai dans la capitale Bogotá. Par le passé, des défenseurs des droits humains ont été placés sous la surveillance d’hommes armés avant d’être la cible de tentatives d’assassinat. Le père Alberto Franco, Danilo Rueda et Abilio Peña, membres de la Commission interecclésiastique Justice et Paix, ont tous été placés sous surveillance en 2013.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en espagnol ou dans votre propre langue :

dites-vous inquiet pour la sécurité des membres des communautés du bassin du Curvaradó et du père Alberto Franco, de Danilo Rueda, d’Abilio Peña, membres de la Commission interecclésiastique Justice et Paix ;

engagez les autorités à diligenter une enquête approfondie et impartiale sur les menaces de mort concernant six dirigeants des communautés du bassin du Curvaradó et sur la tentative d’assassinat présumée visant Guillermo Díaz, à en rendre les conclusions publiques et à déférer à la justice les responsables présumés ;

priez-les instamment de protéger efficacement les personnes qui le demandent, dans le strict respect de leurs souhaits ;

demandez-leur de démanteler les groupes paramilitaires et de rompre leurs liens avec les forces de sécurité, conformément aux recommandations répétées des Nations unies ;

rappelez-leur qu’elles doivent respecter l’obligation qui leur est faite, aux termes de la Déclaration des Nations unies de 1998 sur les défenseurs des droits de l’homme, de veiller à ce que les défenseurs des droits humains puissent mener leurs activités sans crainte.

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 19 JUIN 2013 À :

Président de la Colombie

Juan Manuel Santos

Presidente de la República, Palacio de Nariño, Carrera 8 No.7-26

Bogotá, Colombie

Fax : +57 1 596 0631

Formule d’appel : Excmo. Sr. Presidente Santos, / Monsieur le Président,

Ministre des Affaires étrangères

María Ángela Holguín

Ministerio de Relaciones Exteriores

Palacio San Carlos

Calle 10 No. 5-51

Bogotá, Colombie

Formule d’appel : Estimada Señora Ministra, / Madame la Ministre,

Copies à :

Comisión Interelcesial Justicia y Paz

Calle 61A, No. 17-26

Bogotá, Colombie

Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de la Colombie dans votre pays (adresse(s) à compléter) :

nom(s), adresse(s), n° de fax ; courriel ; formule d’appel.

Vérifiez auprès de votre section s’il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

ACTION URGENTE

DES MEMBRES D’UNE COMMUNAUTÉ FIGURENT SUR UNE « LISTE DE PERSONNES À ABATTRE »

COMPLÉMENT D’INFORMATION

À plusieurs reprises, lorsque la police a été appelée parce que le père Alberto, Danilo Rueda et Abilio Peña étaient surveillés, elle a découvert qu’au moins l’une des personnes impliquées dans leur surveillance était liée au Département administratif de sécurité, ancien service civil de renseignements. Cet organisme a été démantelé par le gouvernement, lorsqu’il a été révélé qu’il était responsable de nombreuses menaces de mort visant les défenseurs des droits humains et de la surveillance illégale de leur travail légitime.

Les inquiétudes concernant la sécurité des trois défenseurs des droits humains ont été exacerbées lorsque trois coups de feu ont été tirés dans une vitre de la voiture du père Alberto Franco au mois de février. (voir l’AU 40/13, AMR 23/007/2013 du 15 février 2013.)

La Commission interecclésiastique Justice et paix soutient la cause des communautés afro-colombiennes et indigènes installées dans les bassins des fleuves Curvaradó et Jiguamiandó, qui essaient de récupérer leurs terres. Dans ces régions, des paramilitaires occupent les terres de plusieurs communautés afro-colombiennes et tentent de forcer celles-ci à planter des palmiers à huile, culture commerciale servant à fabriquer divers produits qui vont de l’huile de cuisson au savon. Par ailleurs, de puissantes entreprises minières tentent de s’implanter au même endroit.

Au cours des dernières années, de nombreuses personnes qui avaient fui leurs terres après en avoir été violemment expulsées par les paramilitaires et les forces de sécurité à la fin des années 1990 sont revenues s’installer au sein des communautés afro-colombiennes dans les bassins des fleuves Curvaradó et Jiguamiandó. Ces communautés ont cherché à défendre leurs droits fonciers et à empêcher l’expansion des plantations illégales de palmiers à huile et d’autres activités économiques sur leur territoire. Pour cette raison, nombre de leurs membres ont été menacés et tués. Au cours des dernières années, plusieurs habitants de la région du Curvaradó et du Jiguamiandó qui se sont plaints de l’occupation de leurs terres par des cultivateurs de palmiers à huile et d’autres agents économiques ont été tués par des paramilitaires, qui continuent à maintenir une forte présence dans la région, bien que l’armée y soit largement déployée.

En avril 2006, a été créée la première d’une série de « zones humanitaires », des lieux clôturés dont les habitants réclament que les parties au conflit acceptent leur décision de rester neutres. C’est un moyen pour eux de se protéger et d’envoyer un message aux belligérants pour leur signifier que les droits des civils doivent être respectés.

Les actions de la Commission interecclésiastique Justice et paix en faveur des droits de ces communautés et son travail dans des affaires importantes visant à dénoncer l’impunité dont bénéficient des membres hauts-placés des forces de sécurité ont valu aux membres de l’ONG d’être menacés et attaqués.

Depuis le début du conflit armé qui déchire depuis longtemps la Colombie, les forces de sécurité et les paramilitaires accusent souvent des membres d’organisations de défense des droits humains, de syndicats et d’autres organisations à vocation sociale de collaborer ou de sympathiser avec la guérilla. Ceux-ci sont donc souvent victimes d’homicides, de menaces ou de disparitions forcées. Des défenseurs des droits humains ont également été menacés, et parfois tués, par des groupes de guérilleros qui les accusaient de collaborer avec l’ennemi.

Noms : Gustavo García, Adrián Pérez, Elkín Urango, Emiliano Velásquez, Guillermo Díaz, Enrique Cabezas, Alberto Franco, Danilo Rueda, Abilio Peña

Genre h/f : tous de sexe masculin

AU 117/13, AMR 23/019/2013, 8 mai 2013

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