Document - Colombia: Paramilitaries threaten trade unionists

Colombie. Des paramilitaires menacent des syndicalistes

AU 216/13, AMR 23/037/2013 – Colombie 8 août 2013 8 août 2013

ACTION URGENTE

COLOMBIE. DES PARAMILITAIRES MENACENT DES SYNDICALISTES

Des paramilitaires ont menacé des dizaines de syndicalistes, dont la plupart sont actuellement impliqués dans des négociations, ainsi que des défenseurs des droits humains et plusieurs organisations colombiennes.

Les paramilitaires des Commandos urbains Los Rastrojos ont envoyé des menaces de mort par courriel le 4 août 2013. Ils y citaient 30 personnes, des syndicalistes pour la plupart, ainsi que plusieurs organisations, déclarant qu’elles étaient des cibles militaires et les accusant d’avoir des liens avec la guérilla. Ils ont également menacé les familles de ces personnes.

Parmi les organisations mentionnées figurent le Syndicat national des travailleurs des entreprises du secteur minier et de l’énergie (SINTRAMIENERGETICA), la Fédération unitaire des travailleurs du secteur minier et du secteur de l’énergie (FUNTRAENERGETICA) et le Syndicat des travailleurs de l’industrie métallurgique (SINTRAIME).

Plusieurs personnes citées sont membres du SINTRAMIENERGETICA ainsi que d’une délégation syndicale chargée de trouver un accord avec la compagnie minière Drummond Ltd. Les ouvriers de cette entreprise sont en grève depuis plus de deux semaines, après l’échec de premières négociations. Au cours de ces derniers mois, des paramilitaires ont fréquemment menacé de mort des membres et des dirigeants du SINTRAMIENERGETICA. Les petits exploitants avaient également entamé une grève à la mi-juillet, qu’ont soutenue les syndicats cités dans la menace de mort.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en espagnol ou dans votre propre langue :

faites part de votre inquiétude quant à la sécurité de tous les individus mentionnés dans la menace de mort du 4 août (voir deuxième page) et de tous les autres membres du SINTRAMIENERGETICA, de la FUNTRAENERGETICA et du SINTRAIME ;

demandez aux autorités de fournir une protection aux personnes en danger, dans le respect de leurs souhaits ;

engagez-les à diligenter une enquête minutieuse et impartiale sur cette menace de mort, ainsi que sur les précédentes agressions et menaces, à rendre les conclusions publiques et à traduire les responsables présumés en justice ;

exhortez-les à prendre des mesures immédiates afin de démanteler les groupes paramilitaires et de briser les liens qu’ils entretiennent avec les forces de sécurité, conformément aux nombreuses recommandations des Nations unies.

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 19 SEPTEMBRE 2013 À :

Président de la Colombie

Juan Manuel Santos

Palacio de Nariño, Carrera 8 No.7–26

Bogotá, Colombie

Fax : +57 1 596 0631 (merci de vous montrer persévérant-e)

Formule d’appel : Excmo. Sr. Presidente Santos, / Monsieur le Président,

Ministre du Travail

Rafael Pardo Rueda

Ministerio de Trabajo

Carrera 14, No.99–33

Bogotá, Colombie

Fax : +57 1 489 3900 extension 2320

Formule d’appel : Estimado Sr. Ministro, / Monsieur le Ministre,

Copies à :

Syndicat

SINTRAMIENERGETICA

Calle 34 No. 44 - 63

Piso 9, Oficina 9A 

Barranquilla, Colombie

Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de la Colombie dans votre pays (adresse/s à compléter) :

nom(s), adresse(s), n° de fax, adresse électronique, formule de politesse

Vérifiez auprès de votre section s’il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

ACTION URGENTE

COLOMBIE. DES PARAMILITAIRES MENACENT DES SYNDICALISTES

COMPLÉMENT D’INFORMATION

Depuis le début du conflit armé qui oppose de longue date les guérilleros de gauche et les forces armées, qui agissent parfois en collusion avec les paramilitaires, les membres d’organisations de défense des droits humains, de syndicats ou d’autres organisations à vocation sociale sont souvent victimes de menaces, de disparitions forcées ou d’homicides. Les groupes paramilitaires colombiens sont censés avoir été démobilisés dans le cadre d’un programme lancé par le gouvernement en 2003, mais les menaces proférées contre des organisations de défense des droits humains et des syndicats montrent qu’ils sont toujours actifs.

La Colombie est l’un des pays où le taux d’homicide de syndicalistes est le plus élevé au monde. Ceux-ci sont souvent victimes de menaces de mort ou d’homicides dans le cadre de conflits du travail ou de campagnes pour la hausse des salaires et l’amélioration des conditions de travail. Ces individus sont fréquemment menacés et bon nombre d’entre eux sont victimes d’homicides ou de disparitions forcées imputables aux paramilitaires, qui agissent seuls ou avec la connivence des forces de sécurité. De plus, les forces de sécurité et les paramilitaires accusent souvent les syndicalistes d’être des sympathisants ou des alliés des guérilleros. Ces derniers, pour leur part, menacent et tuent les personnes qu’ils accusent de collaborer avec leurs ennemis.

Depuis 2000, plusieurs membres du SINTRAMIENERGETICA ont été tués ou menacés de mort par des paramilitaires alors que ce syndicat cherchait à améliorer les conditions de travail. Ces derniers mois, des membres du SINTRAMIENERGETICA ont été la cible de menaces de mort proférées par des paramilitaires dans le cadre de conflits du travail.

Parmi les personnes citées dans la menace de mort du 4 août figurent les défenseurs des droits humains José Humberto Torres et Iván Cepeda, ainsi que le Collectif d’avocats José Alvear Restrepo.

Personnes concernées : José Humberto Torres (h), Iván Cepeda (h), membres du SINTRAMIENERGETICA, de la FUNTRAENERGETICA, du SINTRAIME et du Collectif d’avocats José Alvear Restrepo

Hommes et femmes

AU 216/13, AMR 23/037/2013, 8 août 2013

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