Document - Colombia: Fear for safety/ Possible "disappearance": Kimy Pernia DOMICO
DOCUMENT PUBLIC ÉFAI – 010351 – AMR
23/057/01
AU 138/01
Avertissement : Amnesty International
défend des individus sans prendre position ni sur leurs idées
ni sur les organisations auxquelles ils pourraient adhérer.
CRAINTES POUR LA SÉCURITÉ /
« DISPARITION » PRÉSUMÉE
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COLOMBIE |
« Disparition »
présumée : Craintes pour la
sécurité : |
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Londres, le 5 juin 2001
Kimy Pernia Domico, un dirigeant indigène du département de Córdoba, a « disparu » après avoir, selon certaines sources, été enlevé par des paramilitaires. L’organisation de défense des droits humains est vivement préoccupée par la sécurité de cet homme.
Le 2 juin 2001, dans la soirée, trois hommes armés soupçonnés d’appartenir à la formation paramilitaire des Autodefensas Campesinas de Córdoba y Urabá (ACCU, Milices paysannes d'autodéfense de Córdoba et de l'Urabá) auraient enlevé Kimy Pernia Domico dans la municipalité de Tierralta (département de Córdoba). Le dirigeant indigène a tenté de prendre la fuite, mais ses ravisseurs l’ont apparemment contraint à monter sur une moto en le menaçant au moyen d’une arme. Deux des kidnappeurs se trouvaient avec lui sur la moto, le troisième suivait sur une autre. Tandis qu’ils se dirigeaient vers Montería, la capitale du département, Kimy Pernia Domico aurait crié : « Ils me tiennent [...] ils me kidnappent ». Il a de nouveau tenté de s’échapper, mais a été rattrapé. On est sans nouvelles de cet homme depuis son enlèvement. Plus tard dans la soirée, d’autres dirigeants indigènes auraient informé le ministre colombien de l’Intérieur, Armando Estrada Villa, de ce kidnapping.
Kimy Pernia Domico est un dirigeant de la population indigène des Embera Katío, dont les membres vivent dans des communautés situées notamment au bord des rivières Sinú et Verde, dans le département de Córdoba. Il rentrait chez lui lorsqu’il a été enlevé. L’accès aux communautés indigènes de la région est barré par un poste de contrôle paramilitaire établi au lieu-dit de Colas del Embalse de Urrá. Ce poste est tenu par les ACCU, qui seraient présentes en force dans la région de Tierralta. Bien que des soldats de la 11e brigade de l’armée colombienne soient déployés à proximité de ce poste de contrôle, il semble qu’ils n’aient pris aucune initiative pour le démanteler ni pour combattre les paramilitaires.
La « disparition » de Kimy Pernia Domico avive les craintes pour la sécurité des autres membres des communautés d’Embera Katío établies dans la région des rivières Sinú et Verde, qui se trouvent de plus en plus souvent mêlés au conflit. Ces dernières années, plusieurs communautés d’Embera Katío militant contre la construction du barrage d’Urrá, qui menace une bonne partie de leurs terres ancestrales, ont été prises pour cible par des formations paramilitaires opérant de concert avec les forces de sécurité. Par ailleurs, des dirigeants de ces communautés ont été tués par des groupes armés d’opposition, qui les accusaient de collaborer avec les paramilitaires ou les forces de sécurité. Pas plus tard que le 22 mai, le mouvement de guérilla des Fuerzas Armadas Revolucionarias de Colombia (FARC, Forces armées révolutionnaires colombiennes) a tué neuf paysans qui se déplaçaient le long de la rivière Sinú, dans la région de Zambudó, qui appartient à un territoire dépendant d’une communauté indigène.
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Les membres des communautés indigènes et ceux qui travaillent avec eux sont souvent pris pour cible par les formations paramilitaires qui opèrent avec le soutien des forces de sécurité ou par les groupes d’opposition armée. Aussi, l’Organización Indigena de Antioquia (OIA, Organisation indigène d’Antioquia) a proclamé la neutralité de ces communautés. Toutefois, cette déclaration n’a pas suffi à convaincre les deux camps de respecter l’intégrité physique de la population civile indigène, qui demeure en butte à des atteintes aux droits humains.
ACTION RECOMMANDÉE : télégramme / fax / lettre express / lettre par avion (en espagnol ou dans votre propre langue) :
– dites-vous préoccupé par la sécurité de Kimy Pernia Domico, dont on est sans nouvelles depuis qu’il a, semble-t-il, été enlevé le 2 juin 2001 ;
– demandez instamment qu’une enquête exhaustive et impartiale soit ouverte afin de déterminer où se trouve cet homme et, s’il est en détention, qu’il soit immédiatement remis en liberté ;
– exhortez les autorités, s’il s’avère que Kimy Pernia Domico a été victime d’un enlèvement, à traduire en justice les responsables présumés ;
– dites-vous préoccupé par la sécurité des autres membres des communautés d’Embera Katío établies au bord des rivières Sinú et Verde, et engagez les autorités à prendre toutes les mesures jugées nécessaires par ces personnes pour les protéger contre les attaques des formations paramilitaires et des groupes d’opposition armée ;
– demandez instamment que tous les responsables présumés des « disparitions » et des homicides signalés dans la région soient déférés à la justice ;
– exhortez les autorités à mener une enquête exhaustive et impartiale sur les liens existant entre les forces de sécurité et les formations paramilitaires qui opèrent dans le département de Córdoba, à rendre publics les résultats de ces investigations et à traduire en justice les sympathisants et les membres présumés de ces groupes ;
– engagez instamment les autorités à prendre des mesures dans les plus brefs délais en vue de démanteler les groupes paramilitaires, conformément aux engagements pris par le gouvernement et aux recommandations formulées par les Nations unies.
APPELS À :
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Président de la République : Señor Presidente Andrés Pastrana Arango Presidente de la República Palacio de Nariño Carrera 8 No. 7-26 Santafé de Bogotá, Colombie Fax : + 57 1 336 2109 / 337 1351 Formule d'appel : Excmo Sr. Presidente, / Monsieur le Président de la République,
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Fiscal General de la Nación [qui chapeaute le système judiciaire]: Dr. Alfonso Gómez Méndez Fiscal General de la Nación Fiscalía General de la Nación Diagonal 22B 5201, Apartado Aéreo 29855 Santafé de Bogotá, Colombie Télégrammes : Fiscal General, Bogotá, Colombie Fax : + 571 570 2022 (Si un correspondant vous répond, demandez : « Fax, por favor », et attendez la tonalité du fax) Formule d'appel : Estimado Dr., / Monsieur, |
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Ministre de l’Intérieur : Sr. Armando Estrada Villa Ministro del Interior Ministerio del Interior, Palacio Echeverry Carrera 8a, No. 8-09, Piso 2o. Santafé de Bogotá, Colombie Télégrammes : Ministro Interior, Bogotá, Colombie Fax : + 57 1 341 9583 / 334 3960 / 286 8025 / 342 3201 / 281 5884 Formule d'appel : Sr. Ministro, / Monsieur le Ministre, |
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Commandant de la 11e brigade de l’armée colombienne : Comandante de la XI Brigada General Jairo Ovalle Galvis Montería, Córdoba Colombie Formule d'appel : Sr. Commandante, / Mon Général, (si c’est un homme qui écrit) ou Général, (si c’est une femme qui écrit) |
COPIES À :
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Defensor del Pueblo (médiateur) : Dr. José Fernando Castro Caicedo Defensor del Pueblo Defensoría del Pueblo, Calle 55, No. 10–32/46 Santafé de Bogotá, Colombie
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Organisation indigène nationale : AA 32395 Santafé de Bogotá Colombie
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ainsi qu'aux représentants diplomatiques de la Colombie dans votre pays.
PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.
APRÈS LE 17 JUILLET 2001, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION
S'IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.
La version originale a
été publiée par Amnesty International,
Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 0DW,
Royaume-Uni. Seule la version anglaise fait foi.
La version française a été traduite et diffusée par Les Éditions
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