Document - Cuba: Peaceful protestors targeted in Havana
Action urgente 98/10, AMR 25/006/2010 - Cuba 29 avril 2010
ACTION URGENTE
DES MANIFESTANTES NON VIOLENTES PRISES POUR CIBLE A LA HAVANE
Les Damas de Blanco (Dames en blanc), un groupe de parentes et amies de personnes arrêtées lors d'une opération massive de répression visant les critiques du gouvernement en mars 2003, prévoient de manifester le 2 mai dans les rues de la capitale cubaine, La Havane, pour demander la libération de leurs proches. Amnesty International craint qu'elles ne soient harcelées et menacées.
Les Dames en blanc défilent tous les dimanches depuis la création du groupe, en 2003. Elles manifestent dans les rues de La Havane, avec pour point de départ l'église de Santa Rita, où elles assistent à la messe. Si cette organisation a été la cible de harcèlement et de menaces par le passé, elle a indiqué que ces dernières semaines, les manœuvres de harcèlement imputables à des partisans du gouvernement, à la police et aux forces nationales de sécurité se sont multipliées. Au cours de ces manifestations hebdomadaires, des partisans du gouvernement se massent le long de leur itinéraire pour les couvrir d'injures, et la police et les membres des forces de sécurité dispersent certains défilés par la force.
Début avril, des représentants des forces de sécurité se sont présentés au domicile d'une trentaine de membres des Dames en blanc à La Havane pour les aviser d'une nouvelle règlementation s'appliquant à leur défilé dominical. Elles sont désormais tenues de demander l'autorisation de la police au moins 72 heures avant chaque manifestation. Le défilé est limité à seulement cinq pâtés de maisons au cœur de La Havane et le nombre de sympathisants autorisés à marcher à leur côté est soumis à restrictions. C'était la première fois que les Dames en blanc entendaient parler de ces nouvelles règles, et les fonctionnaires se sont gardés de les leur notifier par écrit. Les Dames en blanc remettent en question la légitimité de ces restrictions et refusent de s'y conformer, car elles estiment qu'elles sont déraisonnables et relèvent d'une tentative des autorités de les empêcher d'exprimer leur opinion et de poursuivre leur activité pourtant pacifique.
À la suite de l'introduction de cette nouvelle règlementation, il est devenu de plus en plus difficile pour les Dames en blanc de défiler le dimanche. Le dimanche 25 avril, la police, qui avait mis en place un point de contrôle leur barrant la route, n'a autorisé que six d'entre elles à se rendre à l'église Santa Rita. Lorsqu'elles ont commencé à défiler après la messe, elles se sont trouvées face à deux policiers et un membre des forces de sécurité de l'État, qui leur ont rappelé la nouvelle règlementation et le fait qu'elles ne disposaient pas d'un permis pour manifester. Les Dames en blanc ont bravé cet avertissement et continué à marcher. Elles se sont bientôt retrouvées cernées par des dizaines de partisans du gouvernement, qui ont commencé à les menacer en leur hurlant des insultes, en faisant du bruit à l'aide de casseroles et en entrechoquant des houes. Les Dames en blanc ont été encerclées et dans l'incapacité de bouger pendant près de huit heures, jusqu'à ce que des policiers interviennent et les raccompagnent chez elles.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS (en espagnol ou dans votre propre langue) :
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appelez les autorités à mettre immédiatement un terme aux manœuvres de harcèlement et d'intimidation visant les Dames en blanc ainsi que tous les autres citoyens cherchant simplement à exercer pacifiquement leur droit à la liberté d'expression, de réunion et d'association ;
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demandez-leur de permettre aux Dames en blanc de manifester de manière non violente le dimanche, sans leur imposer de restrictions déraisonnables.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 10 JUIN 2010 À :
Chef de l'État et du gouvernement :
Raúl Castro Ruz Presidente
La Habana, Cuba
Fax : +53 7 8333085 (via le ministère des Affaires étrangères) ; +1 2127791697 (via la mission de Cuba auprès de l'ONU)
Courriel : cuba@un.int (via la Mission de Cuba auprès des Nations unies)
Formule d'appel : Su Excelencia, / Monsieur le Président,
Ministre de l'Intérieur :
General Abelardo Coloma Ibarra
Ministro del Interior y Prisiones
Ministerio del Interior, Plaza de la Revolución, La Habana, Cuba
Fax : +53 7 8333085 (via le ministère des Affaires étrangères)
+1 2127791697 (via la Mission de Cuba auprès des Nations unies)
Formule d'appel : Su Excelencia, / Monsieur le Ministre,
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de Cuba dans votre pays. Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.
ACTION URGENTE
Des manifestantes non violentes prises pour cible à La Havane
INFORMATIONS GÉNÉRALES
En 2003, en quelques jours, 75 hommes et femmes qui n'avaient fait qu'exprimer pacifiquement leur opinion critique vis-à-vis du gouvernement ont été arrêtés par les autorités cubaines. Ces personnes ont fait l'objet de procès sommaires et ont été condamnées à de lourdes peines allant jusqu'à 28 années d'emprisonnement. Amnesty International a adopté ces 75 dissidents comme prisonniers d'opinion, et 53 d'entre eux sont toujours en prison.
Les Dames en blanc organisent des défilés pacifiques au cours desquels elles distribuent des fleurs et demandent la libération de leurs proches qui demeurent emprisonnés. En 2005, cette organisation s'est vu remettre le prix Sakharov de la liberté de pensée par le Parlement européen.
En mars 2010, les Dames en blanc ont manifesté tous les jours pendant une semaine afin de commémorer le septième anniversaire de l'arrestation de leurs proches. Le 17 mars 2010, leur défilé a été dispersé par la force par la police cubaine, qui a brièvement placé plusieurs femmes en détention. Certaines de ces femmes disent avoir été frappées par des policiers. Figurent parmi celles-ci Reyna Tamayo, mère d'Orlando Zapata Tamayo, un prisonnier d'opinion décédé le 22 février 2010 après avoir observé pendant plusieurs semaines une grève de la faim en prison.
AU 98/10, AMR 25/006/2010, 28 avril 2010
