Annual Report 2012
The state of the world's human rights

Document - Dominican Republic: Fear for safety/ Death threats


ACTION URGENTE

DOCUMENT PUBLIC Index AI : AMR 27/005/2007 – ÉFAI

2 novembre 2007


AU 288/07 Craintes pour la sécurité / Menaces de mort


RÉPUBLIQUE DOMINICAINE

Johnny Rivas (h), défenseur des droits humains

ainsi que les membres de sa famille

Travailleurs migrants haïtiens et Dominicains d’origine haïtienne vivant dans la communauté de Ranchadero




Le 28 octobre à minuit, un groupe de travailleurs migrants haïtiens et de Dominicains d’origine haïtienne vivant dans la communauté de Ranchadero, située dans la municipalité de Guayabín (province de Monte Cristi), a été la cible d’une attaque à caractère raciste perpétrée par des hommes armés. Selon les informations recueillies, un certain nombre de personnes ont été blessées par des machettes, des maisons ont été attaquées – trois d’entre elles ont été détruites – et de l’argent a été volé. Amnesty International est vivement préoccupée par la sécurité des personnes touchées, parmi lesquelles Johnny Rivas et sa famille.


Dès le début de l’attaque, certains occupants des maisons prises pour cibles se sont rendus chez Johnny Rivas, coordonnateur des Asociaciones Solidarias de Trabajadores Migrantes de la Línea Noroeste (ASOMILIN, associations solidaires des travailleurs migrants de la région nord-ouest) pour lui demander de l’aide. Il a appelé la police, qui n’a pas pu intervenir du fait qu’un seul policier était de service cette nuit-là.


Le lendemain matin (29 octobre), Johnny Rivas s’est rendu au bureau de Solidaridad Fronteriza (solidarité frontalière), une organisation apparentée, dans la ville de Dajabón, près de la frontière haïtienne, pour signaler l’attaque et obtenir de l’aide. Solidaridad Fronteriza a envoyé une délégation pour enquêter sur les événements, et a fait part de sa préoccupation aux autorités policières et militaires.


Plus tard dans la journée, un groupe de personnes s'est rassemblé près du domicile de Johnny Rivas et lui a reproché d’avoir signalé le problème à d’autres organisations et d’œuvrer en faveur des travailleurs migrants haïtiens et des Dominicains d’origine haïtienne. Ces personnes lui ont dit qu’il était dangereux de se mêler de ces affaires et qu’il risquait d’être abattu.


INFORMATIONS GÉNÉRALES


Les travailleurs migrants haïtiens et les Dominicains d’origine haïtienne sont exposés à de nombreuses agressions racistes et xénophobes en République dominicaine. Ces dernières années, Amnesty International a été informée que des citoyens dominicains munis d’armes à feu, d’instruments tranchants, de battes de baseball et de pierres avaient attaqué les domiciles et les biens de personnes qu’ils supposaient être haïtiennes, en fondant souvent leur supposition sur la simple couleur de peau. Ces attaques ont fait des blessés graves, voire des morts.


Même si les autorités interviennent dans certains cas pour tenter de contenir les foules en furie et empêcher de nouveaux épisodes de violence, les agressions racistes et xénophobes ne font quasiment jamais l'objet d'enquêtes exhaustives et impartiales, et les responsables présumés sont rarement amenés à rendre compte de leurs actes.


Au terme d’une visite en octobre 2007, le rapporteur spécial nommé par les Nations unies et chargé des formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l'intolérance qui y est associée, et l'expert indépendant sur les questions relatives aux minorités désigné par les Nations unies ont présenté un rapport préliminaire dans lequel ils ont conclu qu’il existait « un problème de racisme et de discrimination profond et persistant » contre les Noirs en général et les Haïtiens en particulier.


ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en espagnol ou dans votre propre langue) :

- dites-vous préoccupé par la sécurité de Johnny Rivas et des travailleurs migrants haïtiens et Dominicains d’origine haïtienne vivant dans la communauté de Ranchadero, située dans la municipalité de Guayabín ;

- exhortez les autorités à garantir la sécurité des personnes menacées, conformément à leurs souhaits ;

- demandez instamment l'ouverture d'une enquête impartiale et approfondie sur l'attaque armée à caractère raciste du 28 octobre, qui visait la communauté de Ranchadero, et insistez pour que les responsables présumés de ces agissements soient traduits en justice.

APPELS À :

Secrétaire d’État à l’Intérieur et à la Police :

Sr. Franklin Almeyda Rancier

Secretario de Estado de Interior y Policía

Avenida de México, esq. Leopoldo Navarro,

Edif. Oficinas Gubernamentales,

Santo Domingo, République dominicaine

Fax : +1 809 685 1194

Formule d’appel : Monsieur le Secrétaire d’État,


Chef de la police :

Mayor General Ingeniero Guillermo Guzman Fermin

Jefe de la Policía Nacional

Oficina del Jefe de la Policía Nacional

Palacio de la Policía Nacional

Santo Domingo, République dominicaine

Fax : +1 809 685 4510

Formule d'appel : Monsieur le Directeur de la police,


COPIES À :


ASOMILIN – Johnny Rivas

c/o Solidaridad Fronteriza

c/Manuel Roca n.13, Esq. P.Santa Anna
Dajabón, République dominicaine
Fax : +1 809 579 7012


ainsi qu’aux représentants de la République dominicaine dans votre pays.


PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT. APRÈS LE 13 DÉCEMBRE 2007, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S'IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.


How you can help

AMNESTY INTERNATIONAL WORLDWIDE