Annual Report 2012
The state of the world's human rights

Document - Ecuador: Fear for safety/Death Threats

ACTION URGENTE

DOCUMENT PUBLIC ÉFAI – 000374 – AMR 28/012/00
AU 164/00

Avertissement : Amnesty International défend des individus sans prendre position ni sur leurs idées
ni sur les organisations auxquelles ils pourraient adhérer.

CRAINTES POUR LA SÉCURITÉ / MENACES DE MORT

ÉQUATEUR

Ernesto Murillo Cañarte, avocat
Julio Peláez, avocat
Alberto Palacios, avocat
Harold Moreira, avocat
la famille de Yuri Washington Collantes Pin
Pedro Geovanny Baque Tuarez et ses proches
la famille de Carlos et Pedro Jaramillo

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Londres, le 16 juin 2000


Amnesty International est préoccupée par la sécurité des personnes mentionnées ci-dessus, qui ont toutes reçu des menaces de mort ces derniers mois.

Un policier condamné à une peine de seize ans de réclusion pour avoir exécuté de manière extrajudiciaire Yuri Washington Collantes, et tenté de faire subir le même sort à son frère Johnny Collantes et à Florentino García Marcillo en février 1999, s'est apparemment évadé du poste de la Policía Nacional (police nationale) où il était détenu à Portoviejo, dans la province de Manabí, le 14 juin 2000. D'après les informations recueillies, ce policier serait également impliqué dans l'exécution extrajudiciaire des frères Pedro et Carlos Jaramillo, la tentative d'exécution extrajudiciaire dont a été victime Pedro Baque, et la mort d'un autre civil, Jorge Walter Macias Menéndez, tué en octobre 1997. Ce fonctionnaire était détenu dans ce poste de police en attendant qu'il soit statué sur un recours formé par son avocat, à la suite duquel son transfert vers un établissement pénitentiaire avait été différé.

Le 23 mai 2000, Ernesto Murillo, l'avocat représentant la famille de Yuri Washington Collantes, a informé par courrier Amnesty International qu'au cours des derniers mois, il avait fréquemment reçu des appels téléphoniques anonymes, dans le cadre desquels il s'était vu déclarer : « [On veut] tuer l'avocat Ernesto Murillo. Il devrait faire attention car il va être tué d'un jour à l'autre. » En deux autres occasions, Ernesto Murillo a été menacé de mort dans les termes suivants : « Salaud, tu as fait une erreur et tu vas payer pour l'avoir fait emprisonner [il s'agit d'une allusion au policier condamné]. Tu m'emmerdes sérieusement, je vais te tuer ou te faire tuer pour m'avoir emmerdé. »

Des organisations de défense des droits humains se sont déclarées préoccupée par l'évasion de ce policier, d'autant plus que des témoins ont affirmé avoir vu cet homme sortir librement en marchant du poste de police et l'avoir entendu dire que l'avocat Ernesto Murillo serait tué par lui, ou par quelqu'un d'autre, pour l'avoir envoyé en prison.

Les victimes des violations des droits humains précédemment évoquées et leurs proches, de même que les avocats qui les représentent, craignent tous pour leur sécurité.


INFORMATIONS GÉNÉRALES

Amnesty International a recueilli de nombreuses informations faisant état d'actes d'intimidation commis contre des avocats spécialisés dans la défense des droits humains et des témoins de violations des droits fondamentaux, ainsi que leurs proches, en Équateur. Les autorités de ce pays n'ont jamais respecté les Principes relatifs à la prévention efficace des exécutions extrajudiciaires, arbitraires et sommaires et aux moyens d’enquêter efficacement sur ces exécutions, adoptés par l'Assemblée générale des Nations unies en décembre 1989, en particulier en ne garantissant pas la protection des témoins de violations des droits humains. L'article 15 de ces principes dispose en effet : « Les plaignants, les témoins, les personnes chargées de l'enquête et leurs familles jouiront d'une protection contre les violences, les menaces de violence ou toute autre forme d'intimidation. Les personnes pouvant être impliquées dans des exécutions extrajudiciaires, arbitraires ou sommaires seront écartées de toute fonction leur permettant d'exercer une autorité, directe ou indirecte, sur les plaignants, les témoins et leurs familles, ainsi que sur les personnes chargées de l'enquête. »

En outre, Amnesty International s'inquiète depuis plusieurs années des décès résultant de l'emploi des armes à feu par les forces de sécurité dans le cadre d'opérations de lutte contre la criminalité. Tout laisse à pense qu'un certain nombre de ces homicides sont des exécutions extrajudiciaires. L'Organisation a exhorté les autorités à veiller à ce que ces violations des droits humains fassent l'objet dans les plus brefs délais d'enquêtes impartiales, et à ce que les responsables soient traduits en justice. Les autorités équatoriennes ne semblent toutefois aucunement déterminées à mettre un terme à ces crimes. Pour que la vérité soit établie, que justice soit faite et que cessent ces violations des droits fondamentaux, le cercle vicieux de l'impunité doit pourtant être brisé.


ACTION RECOMMANDÉE : aérogramme / lettre par avion / fax (en espagnol ou dans votre propre langue) :

– dites-vous préoccupé par la sécurité de toutes les personnes nommées précédemment ;

– demandez instamment que soient prises toutes les mesures qui s’imposent pour garantir leur protection ;

– appelez les autorités à mener dans les plus brefs délais une enquête efficace sur les actes d'intimidation et les menaces dont ces personnes ont été victimes, à rendre publics les résultats de ces investigations, et à traduire les responsables en justice.


APPELS À :

Ministre de l'Intérieur :

Dr. Antonio Andretta Arízaga

Ministro de Gobierno y Policía

Ministerio de Gobierno y Policía

Benalcázar y Espejo

Quito, Équateur

Fax : 593 2 580 067

Formule d'appel : Señor Ministro, / Monsieur le Ministre,


Chef de la police nationale :

Dr. Mario Cevallos Moreno

Comandante General de la Policía Nacional

Ramírez Dávalos 612 y Av. 10 de Agosto

Quito, Équateur

Fax : 593 2 506 066

Formule d'appel : Señor Comandante General, / Mon Commandant, (si vous êtes un homme) ou Commandant, (si vous êtes une femme)




COPIES À :

Organisation de défense des droits humains :

Centro de Documentación en Derechos Humanos

"Segundo Montes Mozo S.J."

Av. 10 de Agosto N26-57 y Gral Vicente Aguirre

Edif. Tauro, Of. 802

Quito, Équateur




ainsi qu'aux représentants diplomatiques de l'Équateur dans votre pays


PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.
APRÈS LE 28 JUILLET 2000, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S'IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.

La version originale a été publiée par Amnesty International,
Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 0DW, Royaume-Uni. Seule la version anglaise fait foi.
La version française a été traduite et diffusée par les Éditions Francophones d'Amnesty International - éfai -

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