Document - Honduras: Opposition activist gets death threats
AU 83/10, AMR 37/006/2010 - Honduras 16 avril 2010
ACTION URGENTE
UNE MILITANTE DE L'OPPOSITION REÇOIT DES MENACES DE MORT
Une enseignante et militante de l'opposition ayant écrit des articles critiquant le coup d'état du 28 juin 2009 et le gouvernement de facto installé par la suite, a reçu plusieurs menaces de mort. On s'en est pris également à son véhicule. Un de ses collègues, lui aussi militant de l'opposition, a été tué le 23 mars.
Rosa Margarita Vargas se rendait chez elle en voiture le 6 avril, de retour de l'école secondaire où elle enseigne, quand un chauffeur de taxi lui a dit de s'arrêter parce qu'il y avait un problème sur sa voiture. Rosa Margarita Vargas s'est rendue directement dans un garage où un mécanicien lui a dit que le pneu droit avant de son véhicule portait des traces de coups de couteau. L'établissement scolaire dans lequel travaille Rosa Margarita Vargas venait de rouvrir après l'assassinat de l'un des enseignants à la fin du mois de mars.
D'anciens voisins de Rosa Margarita Vargas lui ont dit que le 11 avril deux hommes armés étaient venus là où elle habitait jusqu'en décembre 2009 et qu'ils avaient demandé où elle se trouvait. Du 9 au 12 avril, Rosa Margarita Vargas a reçu plusieurs appels téléphoniques d'un homme qui l'a menacée en lui disant qu'il fallait qu'elle cesse d'enquêter sur la mort de son collègue José Manuel Flores Arguijo. Il lui a dit que si elle insistait ou si elle travaillait avec le mouvement Résistance, elle serait « éliminée ».
Rosa Margarita Vargas a indiqué à Amnesty International qu'en décembre 2009, peu après son déménagement, un voisin lui avait dit que trois hommes portant des cagoules et un uniforme bleu comme celui de la police étaient venus à son ancien domicile. Ils s'étaient mis à hurler et avaient donné des coups de pied dans la porte. Ils avaient demandé aux voisins si Rosa Margarita Vargas vivait toujours là, s'ils savaient où elle avait déménagé et où elle travaillait. Quelques jours plus tard, a-t-elle raconté, les boulons de la roue arrière de sa voiture ont été dévissés alors que son véhicule était garé devant son nouveau domicile.
À environ cinq reprises entre octobre et novembre 2009, des menaces rédigées sur papier ont été déposées sur le pare-brise de la voiture de Rosa Margarita Vargas. Le contenu en était à chaque fois que Rosa Margarita Vargas ne devait plus écrire d'articles et devait cesser de travailler avec le mouvement Résistance si elle ne voulait pas être tuée.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS (en espagnol ou dans votre propre langue) :
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exhortez les autorités à faire en sorte qu'une enquête exhaustive et impartiale soit menée de toute urgence sur les menaces et les actes d'intimidation dont a fait l'objet Rosa Margarita Vargas ;
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demandez-leur de prendre immédiatement des mesures pour assurer la protection de Rosa Margarita Vargas selon ses propres exigences.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 28 MAI 2010.
Président de la République
Sr. Porfirio Lobo Sosa
Presidente de la República
Casa Presidencial
Boulevard Juan Pablo Segundo
Palacio José Cecilio del Valle
Tegucigalpa, Honduras
Fax : + 504 232 1666
Formule d'appel : Monsieur le Président,
Procureur général :
Sr. Luis Alberto Rubí
Fiscal General de la República
Lomas del Guijarro, Avenida República Dominicana
Edificio Lomas Plaza II
Tegucigalpa, Honduras
Fax : + 504 221 5667
Formule d'appel : Monsieur le Procureur général,
Copies :
ONG :
Comité de Familiares de Detenidos Desaparecidos en Honduras (COFADEH)
Barrio La Plazuela, Avenida Cervantes, Casa No. 1301
Apartado Postal 1243
Tegucigalpa, Honduras
Fax :+504 220 5280(dire “tono de fax”)
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques du Honduras dans votre pays. Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.
ACTION URGENTE
UNE MILITANTE DE L'OPPOSITION REÇOIT DES MENACES DE MORT
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Le collègue de Rosa Vargas, José Manuel Flores Arguijo, a été abattu par trois hommes devant les enseignants et les élèves, dans la cour de l'établissement scolaire dans lequel il enseignait. C'était un membre réputé de Résistance, large mouvement d'opposition regroupant des particuliers et des organisations, créé en réaction au coup d'état du 28 juin 2009. Ayant écrit de nombreux articles critiques à l'égard du régime de facto issu du coup d'état, il critiquait aussi le gouvernement élu en novembre 2009 et soulevait des problèmes d'injustice sociale.
Rosa Margarita Vargas a écrit des articles critiquant le coup d'état, en invoquant dans certains d'entre eux le rôle des forces armées dans ces événements. Elle a également écrit récemment sur l'homicide de José Manuel Flores et sur les lacunes qu'elle constatait dans l'enquête sur cet homicide.
Le président démocratiquement élu du Honduras, José Manuel Zelaya Rosales, a été chassé du pouvoir le 28 juin par un groupe de responsables politiques soutenus par l'armée et emmenés par Roberto Micheletti, alors président du Congrès national. Le pays a été en proie à des troubles de grande ampleur après le coup d'état, et de nombreux affrontements ont opposé l'armée ainsi que la police à des citoyens qui manifestaient. Amnesty International a recensé des atteintes aux droits humains commises par les autorités de facto telles que le recours excessif à la force contre les manifestants, des détentions arbitraires, des enfreintes à la liberté d'expression et des manœuvres de harcèlement à l'encontre de magistrats indépendants.
Le nouveau gouvernement conduit par Porfirio Lobo a pris ses fonctions le 27 janvier 2010.
AU 83/10, AMR 37/006/2010, 16 avril 2010
