Document - Jamaica: Worldwide forensic expert to observe autopsies of August Town killings
Amnesty International
BULLETIN D'INFORMATION 246/2004 page
JAMAÏQUE
Homicides d’August Town : un expert médicolégal de renommée internationale doit assister aux autopsies
Index AI : AMR 38/013/2004
ÉFAI
Lundi 4 octobre 2004
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Derrick Pounder, professeur de médecine légale à l’université de Dundee, assistera pour le compte d’Amnesty International aux autopsies de Sandra Sewell et Gayon Alcott, qui seront pratiquées le 5 octobre 2004.
Le 19 septembre 2004, à August Town (St Andrew), des membres de la Jamaica Defence Force (JDF, Forces de défense de la Jamaïque) auraient abattu Sandra Sewell, militante associative, et Gayon Alcott, footballeur âgé de vingt ans.
Selon des habitants du quartier qui disent avoir assisté à la scène, les soldats se sont approchés d’Alcott parce qu’il fumait de la marijuana et lui ont tiré dans l’abdomen. Ils ont de nouveau fait feu alors qu’il tentait de fuir. D’autre part, un soldat aurait tiré délibérément sur Sandra Sewell, alors qu’elle cherchait à se mettre à l’abri des coups de feu.
« Sandra et Gayon ont été tués alors que l’état d’urgence est actuellement en vigueur en Jamaïque. Ce sont les dernières victimes d’une série de meurtres commis par les membres des forces de sécurité cette année. Présentant toutes les caractéristiques d’une exécution extrajudiciaire, ces homicides sont très préoccupants, a déclaré Olivia Streater, chercheuse d’Amnesty International sur la Jamaïque.
« Les autorités avaient promis de réformer les enquêtes menées sur des homicides imputables tant à la police jamaïcaine qu’aux JDF. Pourtant, force est de constater que ces enquêtes restent très insuffisantes. L’impunité généralisée demeure la norme, a ajouté Olivia Streater. Les citoyens continueront de vivre dans la peur tant que les autorités ne prendront pas des mesures témoignant de ce que personne n’est au-dessus de la loi. »
D’autre part, Amnesty International s’inquiète vivement de ce que ces homicides auraient été perpétrés par des membres de l’armée. Au cours des dernières années, la grande majorité des meurtres imputables aux forces de sécurité étaient le fait de policiers.
Amnesty International exhorte les autorités à enquêter de manière approfondie et impartiale sur ces homicides. Par ailleurs, quatre organisations jamaïcaines ont demandé au gouvernement de solliciter l’assistance de Scotland Yard.
Les homicides imputables aux membres des forces de sécurité s’inscrivent dans le cadre d’une criminalité qui ne cesse de s’aggraver. Plus d’un millier de personnes ont été assassinées en Jamaïque depuis le début de l’année.
« Amnesty International déplore que la Jamaïque connaisse encore des niveaux si élevés de violence et demande à toutes les sections de la société de s'attaquer ensemble à la criminalité. Toutefois, cette situation ne saurait justifier les exécutions extrajudiciaires commises par les forces de sécurité ni les carences des enquêtes diligentées par les autorités », a conclu Olivia Streater.
Complément d’information
En réponse à la requête d’assistance des familles de Sandra Sewell et Gayon Alcott, Amnesty International a mandaté le professeur Pounder en qualité de consultant. Il s’assurera que les autopsies sont pratiquées dans le respect des principes inscrits dans le Manuel sur la prévention des exécutions extrajudiciaires, arbitraires et sommaires et les moyens d’enquête sur ces exécutions (Nations Unies, New York 1991).
Le professeur Pounder dirige le département de médecine légale de l’université de Dundee depuis 1987. Diplômé dans cette spécialité au Royaume-Uni, en Irlande du Nord, en Australie et à Hong Kong, il exerce son activité en Irlande, en Australie et au Canada. Le professeur Pounder travaille en tant que médecin légiste avec les procureurs de l’est de l’Écosse et forme, tant au Royaume-Uni qu’à l’étranger, des médecins légistes, des membres de la police locale et des infirmières. Il a rempli la fonction de consultant pour des organisations intergouvernementales et non gouvernementales, dont le Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) – pour un projet au Kosovo – et les Nations unies. Actuellement, il collabore en Afrique du Sud à un programme de formation qui vise à renforcer les procédures d’enquête concernant les crimes de sang qui touchent les femmes et les enfants, notamment le viol et les violences sexuelles infligées à des enfants. Le professeur Pounder a enquêté sur des allégations d’exécutions extrajudiciaires en Turquie, en Israël, en Afrique du Sud, en Azerbaïdjan, en Tunisie, en ex-Yougoslavie, au Kenya et au Pérou. Il a déjà travaillé pour Amnesty International en Israël, en Jamaïque et en Afrique du Sud.
En 2004, au moins neuf policiers ont été inculpés de meurtre en Jamaïque. En 2003, pas moins de 113 personnes ont été tuées par des membres de la police jamaïcaine.
Pour consulter, en anglais, le site du département de médecine légale de l’université de Dundee, veuillez cliquer sur le lien suivant : www.dundee.ac.uk/forensicmedicine
Pour obtenir de plus amples informations, veuillez contacter le Service de presse d'Amnesty International à Londres, au +44 20 7413 5566, ou consulter le site http://www.amnesty.org
La version originale a été publiée par Amnesty
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La version française a été traduite et diffusée par Les Éditions
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