Annual Report 2012
The state of the world's human rights

Document - Jamaica: Amnesty International stands by its findings on West Kingston

Amnesty International

BULLETIN D'INFORMATION 209/2003 page 2





JAMAÏQUE

Amnesty International maintient ses conclusions sur les événements de West Kingston

Index AI : AMR 38/017/2003
ÉFAI

Lundi 8 septembre 2003


COMMUNIQUÉ DE PRESSE


Dans une lettre adressée ce jour, lundi 8 septembre 2003, àA. J. Nicholson, Attorney General (procureur général) de la Jamaïque, Amnesty International s’est félicitée que le gouvernement jamaïcain ait réagi au rapport qu’elle a publié sur la Commission d’enquête de West Kingston. Toutefois, l’organisation de défense des droits humains a fermement réfuté les critiques du procureur général selon lesquelles ce rapport faisait preuve de « partialité ».

La Commission d’enquête de West Kingston a examiné les circonstances au cours desquelles 27 personnes ont trouvé la mort et une soixantaine ont été blessées, entre le 7 et le 10 juillet 2001. Le rapport d’Amnesty International a évalué dans quelle mesure l’État s’était acquitté de l’obligation qui lui incombe au titre du droit international de mener des enquêtes exhaustives sur ces affaires.

« Amnesty International accueille favorablement cette occasion d’engager un dialogue ouvert avec le gouvernement jamaïcain, au sujet de cette question essentielle qu’est la protection des droits humains, a déclaré l’organisation de défense des droits humains.

« Cependant, les autorités jamaïcaines semblent avoir adopté une approche étriquée et politicienne des conclusions de ce rapport, au lieu de les considérer à la lumière des normes et lois internationales relatives aux droits humains. C’est ce qu’illustrent les propos du procureur général, selon lesquels ce rapport va apporter " soulagement et réconfort " aux criminels, a ajouté l’organisation. Il est regrettable qu’un gouvernement cherche à mettre les activités légitimes d’une organisation de défense des droits humains sur le même pied que le cautionnement d’atteintes à ces droits, dont se rendent responsables ceux qui bafouent les dispositions du droit pénal jamaïcain. »

Amnesty International a réfuté les objections du procureur général concernant plusieurs conclusions du rapport. Elle a souligné qu’elle ne visait pas à remettre en cause le professionnalisme des membres de la Commission ou du Conseil de la Commission, mais à mettre en lumière les freins au niveau de l’enquête et de la procédure qui n’ont pas permis à la Commission d’opérer en pleine efficacité. L’organisation a maintenu sa déclaration – qualifiée d’« offensante » par le procureur général –, selon laquelle certains secteurs de la société percevaient les résultats de l’enquête comme « écrits d’avance ». En outre, elle s’est élevée contre la déclaration du procureur général, selon qui la réticence des témoins à venir faire leur déposition signifiait forcément qu’ils n’avaient « pas d’histoire crédible » à raconter.

« Le processus d’enquête n’a pas su faire en sorte que toutes les voix soient entendues – notamment en ne garantissant pas aux témoins une protection à même de dissiper la peur des représailles », a poursuivi l’organisation.

En réponse au gouvernement, qui affirme qu’Amnesty International ne semble pas se préoccuper le moins du monde de la mort des membres des forces de sécurité, l’organisation a fait valoir que son rapport accordait la même importance au caporal Mark Henry et au soldat de 1ère classe Kevin Lawrence qu’à toutes les autres victimes des violences sur lesquelles enquêtait la Commission. En outre, Amnesty International a régulièrement fait savoir qu’elle connaissait les conditions difficiles dans lesquelles opérait la police jamaïcaine.

« Eu égard à la gravité du bilan de West Kingston, qui s’élève à 27 morts, Amnesty International exhorte le gouvernement à faire en sorte qu’aucun obstacle n’empêche de découvrir pourquoi ces événements tragiques ont eu lieu et de veiller à ce qu’ils ne se reproduisent pas. En outre, à la lumière de ses conclusions détaillées concernant les irrégularités dans la procédure de la Commission, elle lui demande de réexaminer l’ouverture d’une nouvelle enquête indépendante. »


Pour en savoir plus, vous pouvez consulter la version intégrale, en anglais, du rapport d’Amnesty International intitulé « Until their voices are heard »à l’adresse suivante : http://web.amnesty.org/library/index/engamr380102003 


Pour obtenir de plus amples informations, veuillez contacter le Service de presse d'Amnesty International à Londres, au +44 20 7413 5566, ou consulter le site http://www.amnesty.org



La version originale a été publiée par Amnesty International,
Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 0DW, Royaume-Uni.
La version française a été traduite et diffusée par Les Éditions Francophones d'Amnesty International – Éfai –
Vous pouvez consulter le site Internet des ÉFAI à l’adresse suivante :
http://www.efai.org



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