Document - Trinidad & Tobago: three men hanged today
Trinité-et-Tobago
Trinité-et-Tobago : Trois hommes pendus aujourd’hui
Index AI : AMR 49/06/99
Amnesty a appris avec consternation aujourd’hui (vendredi 4 juin 1999) que Dole Chadee, Joey Ramiah et Ramkalawan Singh ont été exécutés par pendaison.
« Nous demandons au président de la République de Trinité-et-Tobago d’annuler les exécutions de Russell Sankeralli, Clive Thomas et Robin Gopaul, qui ont été fixées à demain, ainsi que les pendaisons prévues pour lundi de Joel Ramsingh, Bhagwandeen Singh et Stephen Eversley. »
En 1996, les neuf hommes ont été reconnus coupables des meurtres de Deo et Roomkin Baboolal et de deux de leurs enfants, Monica et Hamilton.
« Il n’est pas démontré que la peine de mort a un effet dissuasif véritable sur les meurtriers potentiels » a déclaré Amnesty International.
« Nous exhortons le gouvernement de Trinité-et-Tobago à consacrer son énergie à rechercher de vraies réponses aux protestations générales concernant la montée des crimes violents. »
Les proches des victimes ont souvent le sentiment que la peine capitale, en tant que châtiment, ne suffit pas à apaiser leur douleur. Osmond Baboolal, le fils survivant de la famille Baboolal, a ainsi déclaré que l’exécution des hommes reconnus coupables du meurtre des membres de sa famille ne soulagera en rien la douleur causée par leur perte. Amnesty International souhaite témoigner sa profonde sympathie aux proches parents des victimes de cet horrible crime.
Ces pendaisons ont eu lieu juste une semaine après que Trinité-et-Tobago fut devenu le premier pays à se retirer, en tant qu’État partie, de la Convention américaine relative aux droits de l’homme, et un an après l’adoption de nouvelles mesures qui sapent à la base le système interaméricain pour la protection des droits humains. Amnesty International engage le gouvernement de Trinité-et-Tobago à se joindre aux efforts visant à consolider et à étendre les systèmes internationaux de protection des droits humains qui ont été créés au cours des cinquante et une dernières années.
L’Organisation invite l’assemblée générale de l’Organisation des États américains (OEA), qui débutera lundi au Guatémala, à demander aux États membres d’imposer un moratoire sur la peine de mort.
La semaine prochaine, après la mort des neuf hommes, les habitants de Trinidad-et-Tobago devront se poser la question suivante : « Est-il normal qu’un État punisse un homicide par un autre homicide ? »
Informations générales
Dans une pétition transmise hier aux autorités, Monseigneur Desmond Tutu ainsi que d’autres prix Nobel comme José Ramos-Horta (Timor oriental), Sir Joseph Rotblat, membre de l’Académie des Sciences (RU), le pasteur Jesse Jackson et d’autres dirigeants politiques, depuis Trinité-et-Tobago jusqu’en Afrique du Sud, se sont joints à Amnesty International, à d’autres organisations non gouvernementales, à des juristes, des érudits, et d’autres personnalités pour exhorter le gouvernement de Trinité-et-Tobago à annuler les pendaisons. La requête appelle également le gouvernement du pays à introduire et à adopter une législation qui propose d’autres sanctions que la peine capitale pour le crime d’homicide. Le gouvernement ferait ainsi un premier pas pour se rallier à la majorité des nations dans le monde ayant aboli la peine de mort. À ce jour, la peine capitale est la peine obligatoire pour toutes les formes de meurtre à Trinité-et-Tobago. Cela fait trente ans que l’OEA a adopté la Convention américaine relative aux droits de l’homme, un traité fondamental sur les droits humains.
La version originale a été publiée par Amnesty International, Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 8DJ, Royaume-Uni. Seule la version anglaise fait foi. La version française a été traduite et diffusée par les Éditions francophones d’Amnesty International - ÉFAI -
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