Annual Report 2012
The state of the world's human rights

Document - USA (Texas): Death penalty / Legal concern: Richard Wayne Jones.

ACTION URGENTEi

DOCUMENT PUBLIC ÉFAI – 000502 – AMR 51/119/00
EXTRA 65/00

Avertissement : Amnesty International défend des individus sans prendre position ni sur leurs idées
ni sur les organisations auxquelles ils pourraient adhérer.

PEINE DE MORT / PRÉOCCUPATIONS D’ORDRE JURIDIQUE


ÉTATS-UNIS
(TEXAS)

Richard Wayne Jones, blanc, 40 ans

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Londres, le 4 août 2000


Richard Wayne Jones doit être exécuté dans l'État du Texas le 22 août 2000. Il a été condamné à mort en juillet 1987 pour le meurtre de Tammy Livingston.

Tammy Livingston a été enlevée à Hurst, au Texas, le 19 février 1986. Un témoin oculaire a fourni à la police le signalement du ravisseur. Le corps de la victime a été découvert ultérieurement ce même jour par des pompiers, alors qu'ils éteignaient un incendie dans un champ. Le cadavre était brûlé, mais il a été établi que cette femme avait été poignardée plus d'une dizaine de fois et que sa mort avait été provoquée par un de ces coups de couteau, qui avait sectionné son artère carotide.

Le lendemain, Yelena Comalander a été arrêtée alors qu'elle tentait d'encaisser un des chèques de Tammy Livingston. Cette jeune femme âgée de dix-neuf ans, qui était enceinte de plusieurs mois, a déclaré à la police que ces chèques lui avaient été remis par son petit ami, Richard Jones. Le couple avait précédemment utilisé les cartes de crédit de Tammy Livingston. Yelena Comalander a fait une déposition impliquant Richard Jones dans le meurtre, et la police l'a appréhendé. Il a affirmé avoir été interrogé toute la nuit, pendant douze heures, durant lesquelles il a été privé de nourriture et de sommeil et menacé, se voyant déclarer que lui et Yelena Comalander risquaient la peine capitale et que leur enfant naîtrait dans le couloir de la mort avant de leur être retiré. Au cours d'une séance d’identification de suspects organisée par la police, Richard Jones a été désigné par le témoin oculaire précédemment évoqué comme étant le ravisseur de Tammy Livingston. Néanmoins, la fille de cette dernière, qui avait également assisté à l'enlèvement, n'a pu l'identifier, ce qui n'a apparemment pas été mentionné dans le rapport de police. Richard Jones a ensuite été conduit en différents endroits liés au crime. Après avoir passé vingt et une heures en garde à vue, Richard Jones a avoué avoir commis le meurtre. Deux petites taches de sang découvertes sur ses jeans correspondaient au groupe sanguin de la victime, et une de ses empreintes digitales a été relevée sur la voiture de Tammy Livingston.

Richard Jones n'a cessé de clamer qu'il n'avait pas tué cette femme. Lors de son procès, il a affirmé qu'un autre homme, Walter Sellers, était responsable du meurtre. Il a déclaré que c'était cet homme qui lui avait fourni les effets personnels et l'automobile de Tammy Livingston. Richard Jones n'en a pas moins été condamné à mort.

C'est seulement après que l'État eut fixé pour la première fois la date de son exécution, en 1993, que Richard Jones a modifié sa version des faits. Sur le point d'être tué, il a écrit à sa famille et évoqué pour la première fois l'implication de sa sœur Brenda Ashmore dans le meurtre, et ses efforts en vue de la protéger de la justice.

D'après Richard Jones, le 19 février 1986, sa sœur lui a indiqué qu'elle et son petit ami, Walter Sellers, avaient été impliqués dans un meurtre. Elle l'aurait imploré de l'aider à se débarrasser du corps, tandis que Walter Sellers lui aurait vendu les cartes de crédit et les chèques de la victime, afin d'acheter de la drogue pour Brenda Ashmore, qui était toxicomane. Toujours selon Richard Jones, lui et Yelena Comalander sont allés en voiture jusqu'au champ, il s'est rendu à pied auprès du corps, l'a aspergé d'essence et y a mis le feu.

Amnesty International est opposée à l'exécution de Richard Jones, indépendamment du fait de savoir s'il est coupable ou innocent des faits pour lesquels il a été condamné à mort. L'Organisation n'en est pas moins préoccupée à l'idée qu'un certain nombre d'éléments du dossier étayent ses allégations :

– le témoin oculaire a décrit un homme rasé de près, aux cheveux brun, portant une chemise rouge. Or Richard Jones était blond, portait une épaisse moustache et était vêtu d'une chemise marron et grise. Apparemment, Walter Sellers avait les cheveux bruns et était rasé de près ;

– aucune trace de sang n'a été découverte sur la chemise de Richard Jones, alors que les nombreux coups de couteaux assénés à la victime auraient provoqué une forte hémorragie. Le sang relevé sur son pantalon aurait pu provenir de l'herbe qui entourait le corps, dans la mesure où Tammy Livingston avait perdu beaucoup de sang dans le champ ;

– lors d'une audience organisée avant le procès, le principal responsable de l'interrogatoire de Richard Jones a reconnu que ce dernier avait été menacé, se voyant déclarer que lui et Yelena Comalander risquaient d'être exécutés et de perdre leur enfant. Ce fonctionnaire s'est néanmoins rétracté le lendemain, affirmant qu'il avait fait preuve d'inattention lorsqu'il avait été interrogé, en admettant toutefois que des représentants du ministère public lui avaient indiqué que ses déclarations de la veille avaient affaibli leur position ;

– les aveux de Richard Jones contenaient uniquement des informations dont la police disposait déjà. Ils n'ont pas révélé ce que l'enquête des forces de l'ordre n'avait pas permis d'établir, à savoir ce qui s'était passé au cours des deux ou trois heures ayant séparé l'enlèvement du meurtre. Si Richard Jones est innocent, la persistance de ces zones d'ombre s'explique par le fait qu'il ignorait tout de ce qui était advenu pendant ce laps de temps ;

– avant le procès, Yelena Comalander a déclaré sous serment avoir signé la déclaration impliquant Richard Jones dans le meurtre de crainte d'être elle-même condamnée à mort et de perdre son enfant. Elle n'a pas déposé au cours du procès ;

– trois hommes, qui connaissaient Walter Sellers parce qu'il fréquentait le milieu local de la drogue, ont déclaré l'avoir vu avec des chèques et des cartes de crédit volés, ainsi que des vêtements maculés de sang, vers le moment du meurtre. Aucun d'eux n'a témoigné dans le cadre du procès ;

– depuis la condamnation à mort de Richard Jones, deux hommes ayant partagé la cellule de Walter Sellers ont déclaré que celui-ci leur avait fait part de sa propre implication dans le meurtre de Tammy Livingston et de l'innocence de Richard Jones.


INFORMATIONS GÉNÉRALES

Le Texas a exécuté un tiers des 654 condamnés à mort tués aux États-Unis depuis 1977, dont 26 des 56 personnes ayant subi un tel sort depuis le début de l'année. Le rythme des exécutions dans cet État fait l'objet d'une attention toute particulière, notamment depuis que le gouverneur de l'Illinois a annoncé en janvier la suspension des exécutions en raison du nombre « honteux » d'erreurs judiciaires commises dans cet État dans des affaires de crimes passibles de la peine de mort. Le Chicago Tribune, journal qui avait publié avant l'annonce de ce moratoire les résultats d'une étude selon laquelle  le système d'application de la peine de mort en Illinois était gangrené par l'injustice, est récemment parvenu à la conclusion que les mêmes problèmes se posaient au Texas.


ACTION RECOMMANDÉE : fax / télégramme / lettre exprès / lettre par avion / courrier électronique (en anglais, en français ou dans votre propre langue) :

Rédigez vos appels en utilisant vos propres mots et en vous inspirant des recommandations qui figurent ci-après.

– faites part de votre compassion pour les parents et amis de Tammy Livingston ;

– soulignez que Richard Jones n'a cessé d'affirmer qu'il n'avait pas tué cette femme ;

– dites-vous préoccupé par les nombreux éléments du dossier qui étayent ses protestations d'innocence et jettent le doute sur sa culpabilité ;

– attirez l'attention sur le sentiment d'inquiétude généralisé que suscitent les risques d'erreurs judiciaires dans le cadre de l'application de la peine de mort aux États-Unis ;

– mettez en avant les déclarations répétées de George W. Bush, selon lesquelles chacun des 138 prisonniers exécutés depuis qu'il exerce les fonctions de gouverneur du Texas étaient coupables des faits qui leur étaient imputés ;

– appelez le gouverneur et le Comité des grâces et des libérations conditionnelles à faire preuve de clémence à l'égard de Richard Jones, et à apporter leur soutien à l'instauration d'un moratoire sur les exécutions au Texas.


APPELS À :

Gouverneur du Texas :

The Honorable George W. Bush

Governor of Texas, PO Box 12428

Austin, TX 78711-2428

États-Unis

Fax : 1 512 463 1849 / 637 8800

Courriers électroniques : http://www.governor.state.tx.us/email.htlm

Télégrammes : Governor Bush, Austin, Texas, États-Unis

Formule d'appel : Dear Governor, / Monsieur le Gouverneur,


Comité des grâces et des libérations conditionnelles du Texas :

Texas Board of Pardons and Paroles

PO Box 13401, Austin, TX 78711-3401

États-Unis

Fax : 1 512 463 8120

Formule d'appel : Dear Board Members, / Mesdames, Messieurs,




COPIES aux représentants diplomatiques des États-Unis dans votre pays.

Vous pouvez également adresser des lettres brèves (pas plus de 250 mots) faisant état de vos motifs de préoccupation au rédacteur en chef du journal suivant :

Letters to the Editor

Dallas Morning News

PO Box 655237

Dallas, TX 75265

États-Unis

Fax : 1 972 263 0456

Courrier électronique : letterstoeditor@dallasnews.com



PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.

ACTION URGENTEii

DOCUMENT PUBLIC ÉFAI – 000502 – AMR 51/119/00/c
Correction sur l'EXTRA 65/00 (AMR 51/119/00 du 4 août 2000)

Avertissement : Amnesty International défend des individus sans prendre position ni sur leurs idées
ni sur les organisations auxquelles ils pourraient adhérer.

ERRATUM


ÉTATS-UNIS
(TEXAS)

Richard Wayne Jones, blanc, 40 ans

________________________________________________________________________________________________________

Londres, le 7 août 2000


Veuillez noter qu'une erreur s'est glissée dans l'EXTRA 65/00 consacrée à Richard Jones, qui doit être exécuté dans l'État du Texas le 22 août 2000.


D'après le huitième paragraphe de cette Action urgente, « le témoin oculaire a décrit un homme rasé de près, aux cheveux bruns, portant une chemise rouge. Or Richard Jones était blond, portait une épaisse moustache et était vêtu d'une chemise marron et grise. Apparemment, Walter Sellers avait les cheveux bruns et était rasé de près. »


En fait, ce témoin oculaire, une femme, n'a pas dit que le ravisseur était « rasé de près » (en anglais « clean shaven ») mais qu'il avait « les traits nets » (« clean cut »). Par ailleurs, elle n'a aucunement évoqué la pilosité faciale du ravisseur. Richard Jones portait une épaisse moustache broussailleuse.


Lors de son contre-interrogatoire pendant le procès, la défense a demandé à ce témoin si l'homme qu'elle avait vu portait une moustache bien taillée. Elle a répondu en déclarant de nouveau qu'il avait « les traits nets », sans autre précision. Depuis le procès, cette femme a toujours refusé de parler avec les personnes qui représentaient Richard Jones.


Nous vous prions de nous excuser pour cette erreur. Veuillez continuer à envoyer des appels en suivant les recommandations qui figurent dans l'EXTRA 65/00.


iLa version originale a été publiée par Amnesty International,
Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 0DW, Royaume-Uni. Seule la version anglaise fait foi.
La version française a été traduite et diffusée par les Éditions Francophones d'Amnesty International - éfai -

iiLa version originale a été publiée par Amnesty International,
Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 0DW, Royaume-Uni. Seule la version anglaise fait foi.
La version française a été traduite et diffusée par les Éditions Francophones d'Amnesty International - éfai -

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