Document - Venezuela: A serious investigation into the grave events at the prison in Uribana is urgently needed

Venezuela. Il faut de toute urgence mener une enquête sérieuse sur les graves incidents survenus dans la prison d'Uribana

AMNESTY INTERNATIONAL

DÉCLARATION PUBLIQUE

AILRC-FR

Index AI : AMR 53/001/2013

30 janvier 2013

Venezuela. Il faut de toute urgence mener une enquête sérieuse sur les graves incidents survenus dans la prison d'Uribana

Les autorités vénézuéliennes doivent mener une enquête indépendante, objective et impartiale pour établir la vérité sur les événements survenus au Centre pénitentiaire de la région Centre-ouest, situé à Uribana, dans l'État de Lara, le 25 janvier 2013.

Selon le ministère du pouvoir populaire pour le Service pénitentiaire, les autorités et la Garde nationale bolivarienne ont inspecté la prison, vendredi 25 janvier, pour tenter de confisquer les armes des détenus. L'opération s'est soldée par au moins 58 morts et 90 blessés, dont beaucoup par balles.

Il est inacceptable qu'une inspection, qui aurait dû être une opération de routine, entraîne de telles violences. Ces faits témoignent clairement, une fois de plus, de la crise du système carcéral vénézuélien, qui atteint des niveaux inquiétants.

Amnesty International a alerté à plusieurs reprises les autorités vénézuéliennes concernant l'urgence de la situation carcérale dans le pays. Malheureusement, tant que des mesures de fond n'auront pas été prises pour régler tous les problèmes associés au système pénitentiaire, de tels événements se répéteront.

En juillet 2011, le gouvernement a créé le ministère des Services pénitentiaires pour trouver une solution aux problèmes du système pénitentiaire : surpopulation chronique, manque d'accès à des soins médicaux appropriés, retards extrêmes dans l'administration de la justice et absence d'un système indépendant d'inspection des prisons, entre autres.

Malgré la création de cette institution, on a recensé au moins 450 morts et 860 blessés dans les prisons vénézuéliennes en 2012. Les événements récents survenus dans la prison d'Uribana, où, selon des sources locales, 2 135 prisonniers vivaient dans un espace conçu pour 850 détenus, illustrent bien le niveau de la crise du système carcéral du pays.

Le vice-président Nicolás Maduro a annoncé que la procureure générale allait ouvrir une enquête sur ces faits. Les autorités vénézuéliennes doivent enquêter sur ce qu'il s'est passé, établir les responsabilités et déterminer si les forces de sécurité ont recouru à la force de manière disproportionnée.

Amnesty International exhorte à nouveau les autorités vénézuéliennes à agir d'urgence pour remédier à cette situation, qui continue de se détériorer. Il est indispensable de mettre en œuvre des mesures visant à mener rapidement à bien les procédures judiciaires dont font l'objet les détenus et de veiller à ce que toutes les prisons du pays respectent les normes de base en matière d'infrastructure, de personnel et de ressources pour assurer le bon fonctionnement du système pénitentiaire.

Il est également nécessaire de prendre des mesures concrètes pour prévenir et réprimer la violence entre les détenus et les violations des droits humains commises par les autorités pénitentiaires. Certaines de ces mesures doivent notamment permettre de mettre fin à la détention d'armes à feu et d'explosifs par les détenus. Il faut en outre enquêter sur l'introduction de ces armes dans les prisons et sanctionner les personnes qui en sont responsables.

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