Annual Report 2012
The state of the world's human rights

Document - India: Éste es mi hogar. Una refinería trastorna la vida de personas en India.

VOICI MA MAISON


DES VIES PERTURBÉES PAR UNE RAFFINERIE EN INDE



EXIGEONS LA DIGNITÉ

UN ENVIRONNEMENT SAIN, C'EST UN DROIT HUMAIN




AMNESTY INTERNATIONAL

Document public

ASA 20/011/2009

ÉFAI


Juillet 2009




Femme majhi kondh dont les terres cultivables, qui appartenaient à sa famille, ont été acquises au profit de la raffinerie de Lanjigarh.

© Sanjit Das/Amnesty Internationa




« Nous avons perdu nos terres au profit de la raffinerie.Nous avons été arrêtés pour avoir protesté contre sa construction. J'ai perdu mon buffle parce qu'il avait bu de l'eau contaminée. Nous pouvons à peine respirer à cause de la poussière produite par la raffinerie, qui fonctionne vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Et maintenant, les terres qui me restent vont être prises pour son extension. »

Un habitant de Bandagudha, Lanjigarh


Des communautés marginalisées, notamment indigènes, savent ce que c'est que vivre à l'ombre de la raffinerie de Vedanta Aluminium, à Lanjigarh, dans l'État d'Orissa (Inde orientale), et de lutter contre ses effets néfastes. Ils doivent se préparer à un avenir encore plus incertain, la raffinerie devant multiplier par six sa capacité actuelle.


Plus de 800 familles des groupes adivasis(aborigènes) majhis kondhs et d'autres peuples marginalisés risquent de perdre 1 340 hectares de terres cultivables au profit du projet d'extension de la raffinerie.L'actuelle raffinerie a été construite sur un terrain de 750 hectares acquis il y a six ans auprès de 1 215 familles qui y pratiquaient leurs cultures.



Des droits bafoués


Depuis l'entrée en activité de la raffinerie, il y a deux ans, les populations locales subissent les effets de la pollution de l'air et de l'eau, et doivent vivre constamment dans la poussière et le bruit produits par l'usine. Les terres étant de plus en plus rares, leurs habitants ne sont plus en mesure d'en vivre et de produire leur propre nourriture, et nombre d'entre eux se voient contraints de travailler dans des emplois peu qualifiés et mal payés.


Lors d'une visite à Lanjigarh, en mars 2009, Amnesty International a recueilli des informations sur des violations du droit à l'eau et à la santé, et notamment à un environnement sain. L'organisation a fait part de ces préoccupations auprès des autorités de l'État d'Orissa, de la compagnie et du Comité de contrôle de la pollution de l'Orissa.



La raffinerie de Vedanta Aluminium, vue depuis le village de Kenduguda dont elle a acquis les terres. Les villageois, qui n'ont plus accès à la rivière Vamsadhara, doivent désormais aller chercher l'eau à une pompe.

©Amnesty International



Des rapports de contamination officiels


Le Comité de contrôle de la pollution a relevé un grand nombre de défaillances dans le traitement des déchets de la raffinerie. Ces déchets, qui contiennent notamment des boues rouges (de l'oxyde de fer et d'autres minéraux issus du raffinage de la bauxite) et des eaux résiduaires très alcalines, sont stockés dans un réservoir à boues dont l'étanchéité laisse à désirer.


Lors de ses visites régulières d'inspection de la raffinerie, le Comité de contrôle de la pollution a constaté une augmentation de l'alcalinité et un risque de contamination de la rivière Vamsadhara dus au déversement d'eaux résiduaires alcalines provenant du réservoir à boues rouges. Le Vamsadhara, qui coule tout près de la raffinerie, est la principale source d'eau de la région.


Le Comité a constaté que les mesures nécessaires n'avaient pas été prises pour éviter que les boues ne débordent ou ne s'infiltrent dans les environs et augmentent ainsi le risque de contamination de la rivière. Dès 2006, lorsque la raffinerie avait commencé ses opérations expérimentales, il avait fait part de son inquiétude quant au revêtement du réservoir à boues. Ces sources de préoccupation n'ont pas été examinées en bonne et due forme. La pollution de l'air et le bruit étaient eux aussi supérieurs aux limites établies.



« Et attenduque l'inspection de votre activité industrielle qui a eu lieu du 3 au 5 décembre 2008 a permis de constater une non-conformité des pratiques opératoires avec les conditions stipulées ainsi qu'un certain nombre de manquements ou de défaillances, les travaux d'extension, entrepris sans permis de construire ni certificat de conformité environnementale, seront arrêtés… »

Note du Comité de contrôle de la pollution de l'État d'Orissa à Vedanta Aluminium, 12 janvier 2009



À 100 mètres de la raffinerie, à peine, les habitants d'un village vivent dans le bruit et la poussière.

© Sanjit Das/Amnesty International



Les populations locales soutiennent qu'elles ne peuvent plus compter sur la qualité de l'eau de la rivière notamment pour boire, se laver ou faire leur lessive, mais qu'elles sont néanmoins forcées d'y recourir dans la mesure où elles ne disposent d'aucune autre source d'eau. Celles qui vivent tout près de la raffinerie doivent supporter la poussière, le bruit et la pollution atmosphérique que celle-ci engendre sans interruption, nuit et jour.


Elles se sont également plaintes de gênes respiratoires, de toux et d'autres problèmes de santé qui sont dus, selon elles, à l'inhalation de poussières et d'autres substances rejetées dans l'air par la raffinerie. Certaines personnes ont fait état de problèmes de santé, notamment de peau, survenus après un bain dans la rivière. Aucune autorité publique de santé n'a étudié ou contrôlé ces problèmes de santé décrits par les habitants.


« Les murs de la raffinerie ont été construits ici même, de sorte qu'il nous est très difficile d'accéder à la rivière. L'eau que nous utilisons maintenant est polluée par des déchets venant du bassin à cendres. Nos enfants ont des ampoules et des problèmes de peau. »

Une habitante de Kendugudha, Lanjigarh



Toujours pas de nettoyage


Le rapport du Comité de contrôle de la pollution, daté du 12 janvier 2009 et portant sur sa dernière inspection, signalait que la contamination n'avait pas cessé et que ses directives précédentes n'avaient pas été respectées. Le fait que Vedanta Aluminium ne se soit pas conformée aux directives du Comité et n'ait pas procédé à la décontamination du site est une source sérieuse de préoccupation – d'autant que ce manquement semble avoir eu des conséquences potentiellement graves sur le plan des droits humains, notamment sur la santé des populations. Les autorités de l'État d'Orissa ont, elles aussi, manqué à leur devoir d'étudier les conclusions de ce rapport et d'évaluer l'impact de la pollution sur les droits des habitants de la région à l'eau et à la santé.


Lors de la réunion publique qui s'est tenue le 25 avril 2009 sur le projet d'extension de la raffinerie, rien n'avait été prévu pour discuter de ces motifs de préoccupation avec les populations locales.



« Ce qui nous est arrivé est inimaginable. Après avoir renoncé à nos terres, nous vivons à l'ombre de cette gigantesque raffinerie et de ses déchets. »

Un habitant de Chattrapur, Lanjigarh



Le réservoir à boues rouges de Vedanta Aluminium recueille les déchets de la raffinerie. Les parois, qui ne sont pas suffisamment étanches, laissent filtrer des eaux résiduaires qui contaminent le Vamsadhara, principale source d'eau des habitants de la région de Lanjigarh.

© Amnesty International




AGISSEZ !


Écrivez aux gouvernements de l'Inde et de l'État d'Orissa.


  • Exhortez-les à refuser d'accorder un certificat de conformité environnementale au projet d'extension de la raffinerie de Vedanta Aluminium à Lanjigarh, tant que les autorités et Vedanta Aluminium n'auront pas examiné en bonne et due forme les préoccupations en matière de droits humains suscitées par l'exploitation actuelle de la raffinerie.

  • Demandez-leur de faire en sorte que Vedanta Aluminium procède immédiatement au nettoyage de tous les sites pollués jusqu'à présent et cesse toute nouvelle contamination de l'air, de l'eau et des sols.

  • Exigez d'eux qu'ils prennent toutes les mesures nécessaires pour se conformer aux recommandations du Comité de contrôle de la pollution de l'État et pour se préoccuper des conséquences de la pollution sur les droits des populations locales à l'eau et à la santé.

  • Priez-les d'entreprendre une évaluation indépendante et impartiale de l'impact que risque d'avoir le projet d'extension sur les droits humains et l'environnement ; demandez-leur que cette évaluation se fasse en consultation avec les populations concernées et dans un esprit d'ouverture et de sérieux.



Veuillez écrire à :

Jairam Ramesh

Minister of State for Environment and Forests

Government of India

New Delhi 110 003

Inde

Formule d'appel : Dear Minister, / Monsieur le Ministre,


Shri Naveen Patnaik

Chief Minister

Government of Orissa

Bhubaneswar

Orissa

Inde

Formule d'appel : Dear Chief Minister, / Monsieur le Premier ministre,




EXIGEONS LA DIGNITÉ


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