Document - Nepal: Vigilante groups worsen human rights situation
Amnesty International
BULLETIN D'INFORMATION 208/2005 page
NÈPAL
Les milices aggravent la situation des droits humains
Index AI : ASA 31/066/2005
ÉFAI
Embargo : Mercredi 3 août 2005
(00h01 TU)
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
D’après les éléments de preuve rassemblés par Amnesty International, l’apparition de milices soutenues par le gouvernement, les Forces de défense villageoises (Village Defence Forces), contribue à accroître la terreur de la population et la violence qu’elle subit.
Dans son dernier rapport Nepal: fractured country, shattered lives, basé sur une visite récente au Népal, l’organisation souligne que la situation des droits humains continue à se dégrader dans les campagnes. Depuis neuf ans, le pays fait face à un conflit armé brutal entre rebelles maoïstes et forces de sécurité.
« La création de ces “Forces de défense villageoises” brouille la différence entre combattants et non-combattants, ce qui aboutit à une augmentation du nombre de victimes parmi les civils », a déclaré Purna Sen, directrice du programme Asie-Pacifique d'Amnesty International.
Le 2 août 2005, en réponse au rapport d'Amnesty International Nepal: Children caught in the conflict publié le 26 juillet, l’Armée royale népalaise a déclaré que les civils ne devaient pas prendre la loi entre leur main. Purna Sen a réagit en déclarant que « si la déclaration de l’état-major de l’armée royale népalaise est positive en elle-même, elle est en contradiction totale avec la réalité dans les districts, car nous avons la preuve que les forces de sécurité soutiennent les milices ».
Les Forces de défense villageoises sont apparues en février 2005 dans le district de Kapilvastu. En une semaine, la violence de groupe qu’elles y ont orchestrée s’est traduite par 31 morts et 708 maisons incendiées. Depuis, ces milices ont étendu leur activité avec le soutien du gouvernement et des forces de sécurité. Des villageois ont dit aux délégués d'Amnesty International qu’ils sont terrorisés par ces groupes qui font parmi eux du recrutement forcé, exercent des violences, fouillent les domiciles et harcèlent sexuellement les femmes.
Le dernier rapport d'Amnesty International souligne aussi les nombreuses atteintes aux droits humains commises tant par les forces de sécurité que par les maoïstes. Les délégués d'Amnesty International ont pu rencontrer des personnes suspectées d’être des maoïstes qui étaient emprisonnées dans des casernes et qui avaient été torturés pour leur extorquer des aveux.
« Les militaires ont systématiquement recours à la torture et c’est une pratique normale à leurs yeux. Des militaires qui agissent dans un climat d’impunité totale ont reconnu utiliser de mauvais traitements pour obtenir des aveux », a ajouté Puma Sen.
Amnesty International est préoccupée par le climat prolongé de dénégation et d’impunité au sein des forces de sécurité du Népal. Dans une déclaration publiée hier, 2 août 2005, l’Armée royale népalaise a rejeté les accusations d'Amnesty International selon lesquelles les forces de sécurité arrêtent et torturent des enfants de manière routinière, ceci malgré les informations détaillées sur des cas individuels fournies par Amnesty International. De la même manière, l’Armée royale népalaise dit ne pas avoir connaissance d’une affaire d’exécution extrajudiciaire dont trois enfants auraient été victimes, ceci bien qu’Amnesty International ait envoyé des informations à ce sujet au commandement militaire en janvier 2005.
La visite au Népal d'Amnesty International a aboutit à recenser de nombreuses atrocités commises par les rebelles maoïstes, notamment l’enlèvement et le meurtre de civils et de membres des forces de sécurité sans arme.
« Bien que les dirigeants maoïstes prétendent respecter les Conventions de Genève, cela n’apparaît pas sur le terrain. Les atteintes aux droits humains commises par les deux cotés en conflit se traduisent par des milliers de vies brisées et un pays déchiré par la violence », a conclu Puma Sen.
Pour obtenir de plus amples informations, veuillez contacter le Service de presse d’Amnesty International à Londres, au +44 20 7413 5566, ou consulter le site http://www.amnesty.org
La version originale a été publiée par Amnesty
International,
Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 0DW,
Royaume-Uni.
La version française a été traduite et diffusée par Les Éditions
Francophones d'Amnesty International – Éfai –
Vous pouvez consulter le site Internet des ÉFAI à l’adresse
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