Annual Report 2012
The state of the world's human rights

Document - Philippines: Human rights need to be respected as election campaign intensifies

Amnesty International

BULLETIN D'INFORMATION 118/2004





PHILIPPINES

Les droits humains doivent être respectés au moment où la campagne électorale s’intensifie

Index AI : ASA 35/007/2004
ÉFAI

Jeudi 6 mai 2004


DÉCLARATION PUBLIQUE


Amnesty International appelle ce jeudi 6 mai 2004 les forces gouvernementales, les groupes d’opposition armés et tous les partis politiques à respecter pleinement le droit international relatif aux droits humains et les principes humanitaires dans le cadre des élections nationales du lundi 10 mai.

Au cours de ces derniers mois, des informations ont fait état d’un certain nombre d’exécutions extrajudiciaires qui se seraient produites dans le cadre des opérations militaires anti-insurrectionnelles menées contre la New People’s Army (NPA, Nouvelle Armée du peuple), la branche armée du Parti communiste des Philippines (CPP). Si certains observateurs mettent les attaques sur le compte des rivalités politiques locales, des inquiétudes subsistent du fait que l’on soupçonne les responsables de ces attaques d’être liés aux Forces armées des Philippines (AFP, Armed Forces of the Philippines) voire d’en faire partie.

Le 28 avril, Isais Drummond Manamo, secrétaire général du parti politique Anak Pawis dans la province du Mindoro oriental, a été tué par un homme armé non identifié. Le lendemain, Rogelio Perez, responsable du parti Bayan Muna (Le peuple d'abord) dans le Quezón et son épouse Cristina Perez, membre du parti Bayan Muna, ont été la cible de tirs. Rogelio Perez est mort lors de l’attaque et sa femme a été gravement blessée.

Les attaques violentes perpétrées contre des membres des partis Bayan Muna et Anak Pawis semblent s’inscrire dans le cadre d’une politique délibérée d’homicides et de « disparitions » de militants de l’opposition de gauche et de défenseurs des droits humains. Tous étaient membres de partis politiques légaux, qualifiés par de hauts responsables militaires « d’organisations de façade » pour la NPA. Amnesty International considère que de telles déclarations risquent d’exposer les membres d’organisations légales à de graves atteintes aux droits humains, en particulier dans les provinces où la présence militaire est importante et où les groupes rebelles sont très actifs.

Amnesty International demande au gouvernement des Philippines de prendre des mesures pour assurer la protection des membres des partis politiques et de mener des enquêtes approfondies et impartiales sur les affaires d’exécutions extrajudiciaires qui se sont produites au cours de ces derniers mois.

Depuis le début de la campagne électorale, la NPA serait responsable d’un certain nombre d’atteintes aux droits humains, notamment des exécutions extrajudiciaires. Les forces gouvernementales affirment que ces attaques font partie de la campagne d’intimidation et d’extorsion de fonds de ce groupe d’opposition armé, en lien avec le scrutin national du mois de mai.

Amnesty International demande à la NPA de se conformer au droit international humanitaire qui interdit l’attaque délibérée de civils et de toute personne ne prenant pas directement part aux hostilités.

Complément d’information

Les élections aux Philippines donnent traditionnellement lieu à de violentes confrontations dues à des rivalités politiques localisées, à des attaques de la NPA ou à ce qui est présenté comme un recours à la force par des militaires contre des civils non armés. Selon la police, 64 personnes auraient été tuées lors des élections de 1998 et 132 lors des élections législatives de 2001. Depuis décembre dernier, au moins 71 personnes seraient décédées lors d’épisodes de violence liée aux élections.

Depuis plus de trente ans, le gouvernement philippin combat une insurrection communiste armée, alimentée en grande partie par la pauvreté et une répartition inégale des richesses. Le gouvernement philippin prend actuellement part à des pourparlers de paix à Oslo, en Norvège, avec le National Democratic Front (NDF, Front démocratique national), représentant du CPP-NPA. 


Pour obtenir de plus amples informations, veuillez contacter le Service de presse d'Amnesty International à Londres, au +44 20 7413 5566, ou consulter le site http://www.amnesty.org



La version originale a été publiée par Amnesty International,
Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 0DW, Royaume-Uni.
La version française a été traduite et diffusée par Les Éditions Francophones d'Amnesty International – Éfai –
Vous pouvez consulter le site Internet des ÉFAI à l’adresse suivante :
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