Document - Sri Lanka: Allegations of shootings at the scene of bomb blast
Amnesty International
BULLETIN D'INFORMATIONS 094/00
19 mai 2000
SRI LANKA
Des coups de feu auraient été tirés sur les lieux d’un attentat
Index AI : ASA 37/011/00
Les circonstances précises de l’attentat à la bombe qui a tué 29 personnes, dont 22 civils, mercredi dans la ville de Batticaloa (est de Sri Lanka) restent à éclaircir, des témoins ayant affirmé que des membres des forces de sécurité avaient ouvert le feu après l’explosion, tuant et blessant ainsi plusieurs personnes, a déclaré Amnesty International aujourd’hui (vendredi 19 mai 2000).
L’attentat, qui a également fait 90 blessés, parmi lesquels 64 civils, n’a pas été revendiqué. La majorité des victimes sont des membres de la communauté tamoule qui s’étaient réunis dans un temple bouddhiste pour assister à la célébration du festival bouddhiste de Wesak. Plusieurs enfants ont trouvé la mort.
Les autorités sri-lankaises ont imputé l’attentat meurtrier aux Liberation Tigers of Tamil Eelam (LTTE, Tigres libérateurs de l'Eelam tamoul), mais n’ont fait aucune allusion, à notre connaissance, aux allégations selon lesquelles les forces de sécurité gouvernementales auraient ouvert le feu, causant à leur tour des morts et des blessés.
La bombe aurait été cachée dans un petit congélateur pour glaces installé sur une bicyclette. Elle aurait explosé après que deux policiers et un soldat eurent arrêté le cycliste – qui s’est enfui en courant – afin d’inspecter le contenu du congélateur.
Amnesty International condamne l’attentat de Batticaloa, qui a tué et blessé des civils sans discrimination. L’Organisation a demandé à la présidente Chandrika Bandaranaike Kumaratunga d’ouvrir une enquête exhaustive et impartiale sur les causes et les circonstances des décès. Si cette enquête confirme que certaines personnes ont été tuées par balle après l’explosion et qu’elles ont ainsi pu être victimes d’homicides extrajudiciaires ou aveugles, les responsables présumés devront être identifiés et traduits en justice.
Amnesty International a exhorté les forces armées sri-lankaises et les LTTE à protéger la vie des civils lorsque les affrontements entre les deux camps se sont intensifiés dans la péninsule de Jaffna. Les LTTE luttent pour la création d’un État indépendant, l’Eelam tamoul, dans le nord et l’est du pays. En novembre 1999, ils se sont rendus maîtres de 10 camps de l’armée dans la région de Wanni. Plus récemment, en avril 2000, ils ont lancé une offensive visant à chasser l’armée de la péninsule de Jaffna, leur ancien bastion, afin de reprendre le contrôle de la région. ●
Pour obtenir des informations supplémentaires, veuillez contacter le service de presse d’Amnesty International, à Londres, au 44 171 207 5566.