Document - Romania: Denial of medical care/health concern
DOCUMENT PUBLIC EUR 39/002/2004 – ÉFAI
AU 71/04
Avertissement : Amnesty International
défend des individus sans prendre position ni sur leurs idées
ni sur les organisations auxquelles ils pourraient adhérer.
PRIVATION DE SOINS MÉDICAUX / PRÉOCCUPATIONS POUR LA SANTÉ
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ROUMANIE |
les patients de l’hôpital psychiatrique de Poiana Mare |
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Londres, le 20 février 2004
Selon les informations recueillies par Amnesty International, 17 patients d’un hôpital psychiatrique du sud de la Roumanie sont morts de malnutrition et d’hypothermie depuis le début de l’année. Les 440 autres personnes internées dans cet établissement courent un grave danger si les autorités roumaines ne lui procurent pas immédiatement de la nourriture, du combustible de chauffage et des médicaments en quantité suffisante.
Un représentant du Centrul de Resurse Juridice (Centre de ressources juridiques), organisation non gouvernementale roumaine, a visité l’hôpital le 20 février dernier et constaté qu’en 2004, 17 patients avaient trouvé la mort pour cause, manifestement, de malnutrition et d’hypothermie ; il a également relevé le décès de 84 personnes en 2003, dont beaucoup pour des motifs similaires. Certains membres du personnel ont dénoncé le manque de fonds nécessaires à une prise en charge satisfaisante des patients, qui souffrent de la faim et du froid – ils sont vêtus trop légèrement et ne disposent pas d’assez de couvertures – et sont couverts de poux. Il semble par ailleurs que le système de chauffage ne soit pas mis en marche dans l’hôpital, une ancienne caserne militaire, dans une région où les températures sont bien souvent négatives pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines d’affilée entre les mois de novembre et de mars.
Cet établissement est situé dans la ville de Poiana Mare, à 80 kilomètres au sud de Craiova. Le 17 février, le maire de Poiana Mare a déclaré au quotidien national Evenimentul Zilei : « Depuis le début de l’année, j’ai dressé 21 certificats de décès [ce nombre tient compte de la mort de quatre patients hospitalisés dans un autre établissement pour des affections respiratoires]. J’ai appris que ces personnes étaient mortes de faim et de froid […] Les conditions de vie sont misérables dans cet hôpital, comme l’ont également constaté les services d’inspection sanitaire du district de Dolj. Cela faisait longtemps que je n’avais pas assisté à pareille hécatombe – tant de morts en si peu de temps. »
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Depuis de nombreuses années, des organismes publics examinent la situation de l’hôpital de Poiana Mare. Dans les années 1970 et 1980, sous le régime de Nicolae Ceausescu, cet établissement, à l’instar d’autres hôpitaux, était tristement célèbre pour les dissidents qui y étaient détenus de manière arbitraire. Après 1989, les conditions de vie déplorables et le manque de soins qui y prévalaient reflétaient le sort peu enviable de milliers de personnes atteintes de maladie mentale internées dans ce type d’institutions à travers tout le pays. Le Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants a visité l’hôpital en 1995 et en 1999. En novembre 1995, le ministère roumain de la Santé a indiqué au Comité que Poiana Mare allait progressivement perdre ses fonctions d’hôpital, parce que les conditions n’y étaient plus acceptables. Il semble toutefois que les choses n’aient pratiquement pas changé depuis.
Depuis quelques mois, Amnesty International et le Centrul de Resurse Juridice (Centre de ressources juridiques) surveillent ensemble la situation des hôpitaux psychiatriques de Roumanie. Les informations recueillies au cours de visites dans ces institutions, de même que de nombreuses autres sources montrent qu’en Roumanie, les fonds alloués aux services de santé mentale, déjà chroniquement insuffisants, se sont encore amenuisés au cours des dix-huit mois qui viennent de s’écouler. Des témoignages venant de divers établissements du pays font état de pénuries persistantes de médicaments, de chauffage et de nourriture.
ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous
ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires
mentionnés
ci-après (en anglais, en français, en allemand, en roumain ou dans
votre propre langue) :
– dites-vous préoccupé par les conditions régnant dans l’hôpital psychiatrique de Poiana Mare, où 17 patients sont morts depuis le début de l’année ;
– exhortez les pouvoirs publics à prendre des mesures d’urgence pour éviter que d’autres personnes ne meurent de faim ou de froid dans cet établissement ; demandez notamment aux autorités de lui fournir de la nourriture, des médicaments, des combustibles de chauffage, des couvertures et des vêtements chauds pour tous les patients ;
– appelez les autorités à diligenter une enquête publique, exhaustive et indépendante sur la situation prévalant à Poiana Mare et dans d’autres hôpitaux psychiatriques du pays, en vue d’améliorer de façon concrète les soins dispensés aux patients ;
– priez le procureur général d’ordonner sans délai une autopsie des 17 corps se trouvant dans la morgue de l’hôpital de Poiana Mare, en vue de déterminer les causes de la mort de ces patients.
APPELS À :
Remarque : Il est possible que vous éprouviez des difficultés à obtenir certaines lignes de fax. Merci de vous montrer persévérant.
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Président : D-lui lon Iliescu, Excelenţei Sale Preşedintele României Palatul Cotroceni Bd. Geniului 1 76238 Bucureşti Fax : +40 21 411 3131 Formule d’appel : Dear President, / Monsieur le Président,
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Premier ministre : D-lui Adrian Nâstase Prim Preşedinte al Consiliului de Miniştri Guvernul României Secretariatul General, Piaţa Victoriei 1 71201 Bucureşti Roumanie Fax : +40 21 222 5814 Formule d’appel : Dear Prime Minister, / Monsieur le Premier ministre,
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Procureur général : Ilie Botoş Prim Preşedinte al Consiliului de Miniştri Procuror General al României, Bd. Unirii Nr 2-4 76105 Bucureşti Roumanie Fax : + 40 21 311 3939 Formule d’appel : Dear Prosecutor General, / Monsieur le Procureur général,
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Ministre de la Santé : D-lui Brinzan Ovidiu Str. Cristian Popişteanu, nr. 1-3, sector 1, 010024, Bucureşti Roumanie Formule d’appel : Dear Minister, / Monsieur le Ministre,
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COPIES À :
Ministre des Affaires étrangères :
D-lui Mircea Geoaná
Ministru Afacerilor Externe
Aleea Modrogan 14
71274 Bucureşti
Roumanie
Fax : + 40 21 230 7489
Formule d’appel : Dear Minister, / Monsieur le Ministre,
ainsi qu’aux représentants diplomatiques de la Roumanie dans votre pays.
PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.
APRÈS LE 2 AVRIL 2004, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S'IL
FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.
La version originale a
été publiée par Amnesty International,
Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 0DW,
Royaume-Uni.
La version française a été traduite et diffusée par Les Éditions
Francophones d'Amnesty International - ÉFAI -
Vous pouvez consulter le site Internet des ÉFAI à l'adresse
suivante : http://www.efai.org