Document - Iran: Iranian human rights defender rearrested
AU 05/10, MDE 13/003/2010 – Iran 7 janvier 2010
ACTION URGENTE
UN DÉFENSEUR DES DROITS HUMAINS iranien À NOUVEAU ARRÊtÉ
Emadeddin Baghi, défenseur des droits humains et lauréat 2009 du prix Martin Ennals, a été arrêté le 28 décembre 2009, à la suite de manifestations organisées la veille à l'occasion de la fête religieuse de l'Achoura. Amnesty International le considère comme un prisonnier d'opinion.
Dans la matinée du 28 décembre 2009, à 6h45, quatre agents armés en tenue civile se sont introduits par la force chez Emadeddin Baghi et l'ont appréhendé. Ils ont refusé de présenter des pièces d'identité et ont sauvagement battu son beau-frère. Lorsqu'Emadeddin Baghi a assuré à sa femme et à sa fille qu'il serait courageux en prison, ils lui ont dit qu'il ne vivrait pas assez longtemps pour avoir à faire preuve de courage.
Depuis lors, les autorités n'ont donné aucune information à sa famille et n'ont pas autorisé ses avocats à le contacter. Le 6 janvier, un de ses proches a rapporté qu'un détenu tout juste libéré de la prison d'Evin, à Téhéran, avait déclaré à la famille qu'il avait entendu sa voix dans cet établissement.Emadeddin Baghisouffre de graves problèmes de santé, résultant pour la plupart de ses précédents séjours en prison.
Il semble qu'Emadeddin Baghisoit détenu à l'isolement dans la prison d'Evin. Son médecin a demandé aux autorités de ne pas le soumettre à des pressions, afin d'éviter une dégradation de son état de santé.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS (en persan, en anglais ou dans votre propre langue) :
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exhortez les autorités à libérer Emadeddin Baghi immédiatement et sans condition, car il s'agit d'un prisonnier d'opinion ;
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exhortez-les à révéler immédiatement son lieu de détention, à veiller à ce qu'il soit protégé contre la torture et les autres formes de mauvais traitements et à lui permettre de consulter l'avocat de son choix, d'entrer en contact avec ses proches et de recevoir tous les soins médicaux dont il pourrait avoir besoin ;
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rappelez aux autorités que l'Iran est partie au Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) et qu'elles sont par conséquent tenues de respecter le droit à la liberté d'expression.
Veuillez envoyer vos appels avant le 19 février 2010.
Guide spirituel de la République islamique d'Iran :
Ayatollah Sayed ‘Ali Khamenei
The Office of the Supreme Leader
Islamic Republic Street – End of Shahid Keshvar Doust Street,
Tehran, République islamique d'Iran
Courriers électroniques : info_leader@leader.ir
via son site Internet (en anglais) : http://www.leader.ir/langs/en/index.php?p=letter
Formule d'appel : Your Excellency, / Excellence,
Responsable des autorités judiciaires à Téhéran :
Mr Ali Reza Avaei
Karimkhan Zand Avenue
Sana'i Avenue,
Corner of Ally 17, No 152
Tehran, République islamique d'Iran
Courriers électroniques : avaei@Dadgostary-tehran.ir
Formule d'appel : Dear Mr Avaei, / Monsieur,
Copies à :
Chef du Comité des droits de l'homme au sein du pouvoir judiciaire :
His Excellency Mohammad Javad Larijani
Bureau of International Affairs,
Office of the Head of the Judiciary, Pasteur St., Vali Asr Ave.
south of Serah-e Jomhouri,
Tehran 1316814737, République islamique d'Iran
Courriers électroniques : bia.judi@yahoo.com
Fax : +98 21 5 537 8827
(Merci de vous montrer persévérant)
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de l'Iran dans votre pays. Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.
ACTION URGENTE
UN
DÉFENSEUR DES DROITS HUMAINS iranien
À NOUVEAU ARRÊtÉ
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Éminent défenseur des droits humains, journaliste et écrivain, Emaddedin Baghi a été emprisonné à maintes reprises. Il est le fondateur de l'Association pour la défense des droits des prisonniers, que les autorités ont contrainte à fermer ses portes en août 2009, alors qu'étaient signalées de nombreuses violations des droits humains qui auraient été commises par les forces de sécurité après l'élection présidentielle de juin 2009. Depuis sa création, en 2002, cette association recueillait des informations sur des cas de torture et d'autres violences infligées à des détenus.
En octobre 2008, Emaddedin Baghi a pu quitter la prison d'Evin après avoir purgé une peine d'un an pour « atteinte à la sécurité nationale », à laquelle il avait été injustement condamné en 2003 après avoir critiqué le recours à la peine capitale.
Pendant son incarcération, on lui a interdit de se rendre aux toilettes pendant quatre jours d'affilée et les responsables de la prison ont tardé à lui permettre de bénéficier de soins médicaux dont il avait un besoin urgent. Il a finalement obtenu une permission de sortie pour raisons médicales, mais il souffre toujours de troubles, notamment rénaux et vésicaux, qui sont liés au traitement qui lui a été infligé. Une cour d'appel a disculpé Emadeddin Baghi et des membres de sa famille d'autres accusations liées à leur action en faveur des droits humains, mais l'affaire a été renvoyée devant un autre tribunal pour un supplément d'enquête.
D'autres défenseurs des droits fondamentaux ont également été arrêtés ces dernières semaines, dont sept membres du Comité des reporters des droits humains : Saeed Kalanaki, Saeed Jalalifar, Shiva Nazar Ahari, Koohyar Goodarzi, Saeed Haeri, Parisa Kakayi et Mehrdad Rahimi.
Parmi les autres personnes arrêtées le 28 décembre 2009 figuraient l'ancien ministre des Affaires étrangères Ebrahim Yazdi, soixante-dix-huit ans, membre dirigeant du Mouvement pour la liberté de l'Iran, des conseillers de l'ancien président Mohammad Khatami, ainsi que Mir Hossein Mousavi, candidat à l'élection présidentielle de juin 2009. D'après le site Internet d'informations Parleman, Morteza Haji et Hasan Rasoulid (qui gèrent l'ONG de l'ancien président Khatami, Baran) ont été appréhendés, de même que trois conseillers de Mir Hossein Mousavi, Alireza Beheshti, Ghorban Behzadian-Nejad et Mohammad Bagherian.
Au moins six journalistes de premier plan ont également été arrêtés les 28 et 29 novembre. Mashallah Shamsolvaezin, Morteza Kazemian, Keyvan Mehregan, Reza Tajik et deux femmes, Badrolsadat Mofidi et Nasrin Vaziri, figurent parmi les nombreuses autres personnes appréhendées à la suite de la fête commémorative de l'Achoura.
Mashallah Shamsolvaezin, ancien vice-président de l'Association des journalistes iraniens (officiellement fermée en 2008), a été arrêté le 29 décembre par six membres des forces de sécurité en civil qui se sont introduits par la force dans son domicile. Il a exigé qu'on lui présente un mandat d'arrêt, mais il a été menacé et emmené dans un lieu de détention inconnu. Morteza Kazemian, qui serait l'un des collaborateurs du site Internet d'informations Jaras, proche de Mir Hossein Mousavi, a été appréhendé le 29 décembre vers 1 heure du matin. Reza Tajik, journaliste du quotidien Etemad, a été arrêté devant les locaux du journal le 29 décembre vers 14h15 par des représentants du ministère du Renseignement. Il avait déjà été maintenu en détention pendant quarante-six jours après l'élection. Badrolsadat Mofidi est la secrétaire de l'Association des journalistes iraniens et Nasrin Vaziri la correspondante parlementaire de l'agence de presse iranienne ILNA et du site Internet Khabar Online.
Pour en savoir plus sur les événements qui ont suivi l'élection présidentielle, veuillez consulter le document intitulé Iran: Election contested, Repression compounded (index AI : MDE 13/123/2009, décembre 2009), disponible en anglais à l'adresse suivante : http://www.amnesty.org/en/library/info/MDE13/123/2009/en.
