Document - Iran : Halte aux exécutions de mineurs au moment des faits
AMNESTY INTERNATIONAL
Déclaration publique
(les noms des cosignataires
figurent en fin de texte)
Index AI : MDE 13/103/2008
ÉFAI
Date: 29 juillet 2008
Diffusion immédiate
Iran : Halte aux exécutions de mineurs au moment des
faits
29 adultes et 2 mineurs au moment des faits qui
leur étaient reprochés ont été pendus
Le pouvoir judicaire iranien doit immédiatement faire cesser toutes
les exécutions de personnes mineures au moment des faits pour
lesquels elles ont été condamnées et le Parlement iranien doit
rapidement prendre des mesures pour interdire les exécutions de ce
genre, a déclaré ce mardi 29 juillet 2008 un groupe d'organisations
de défense des droits humains.
Amnesty International, Human Rights Watch, International Campaign
for Human Rights in Iran et six autres organisations
internationales ou régionales de défense des droits humains, dont
les noms figurent plus loin, ont fermement condamné, dans une
déclaration conjointe, la poursuite des exécutions de condamnés qui
étaient mineurs au moment des crimes qui leur sont reprochés.
« Chaque année, l’Iran exécute plusieurs enfants, bien que
cette pratique soit interdite par la législation
internationale », se sont insurgés les signataires de
cette déclaration. « S’il est cruel et inhumain d’appliquer
la peine de mort à des adultes, que dire lorsqu’elle frappe des
personnes condamnées pour des crimes perpétrées alors qu’elles
n’avaient pas dix-huit ans? »
Cette prise de position fait suite à l’exécution par les autorités
iraniennes, le 22 juillet, de Hassan Mozafari et de Rahman Shahidi,
deux jeunes condamnés qui, d’après les informations disponibles,
n’avaient pas dix-huit ans au moment des faits qui leur étaient
reprochés.
Les autorités iraniennes ont exécuté les deux jeunes garçons en
même temps qu’un condamné adulte, Hossein Rahnama, à Bushehr, une
ville du sud du pays. Le tribunal pénal de Bushehr les avait tous
trois condamnés à mort pour leur responsabilité dans un viol,
commis en compagnie d'un autre mineur, Mohammad Pezhman, et de deux
autres hommes majeurs, Behrouz Zangeneh et Ali Khorramnejad.
Mohammad Pezhman a été exécuté en mai 2007 ; Behrouz Zangeneh
et Ali Khorramnejad en octobre suivant.
L’Iran détient le triste record du monde des exécutions de
personnes mineures au moment des faits. Or, en tant qu'État partie
au Pacte international relatif aux droits civils et politiques,
ainsi qu'à la Convention relative aux droits de l'enfant, l'Iran
est obligé de renoncer à cette pratique.
Or, pour la seule année 2007, l’Iran a procédé à au moins huit
exécutions de ce type. La mort de Hassan Mozafari et de Rahman
Shahidi porte à quatre le nombre de personnes mineures au moment
des faits exécutées au cours des sept premiers mois de l'année
2008. L’Iran serait apparemment le seul pays à avoir exécuté en
2008 des condamnés mineurs au moment des faits.
La question des jeunes délinquants menacés d’exécution en Iran a
pris une tournure d'une extrême gravité, ce pays violant
aujourd'hui les normes internationales dans des proportions sans
commune mesure avec ce qui peut se passer ailleurs. Au moins 132
condamnés à mort mineurs au moment des faits pour lesquels ils ont
été condamnés se trouvent à l'heure actuelle dans les prisons
iraniennes. Encore ne s’agit-il que des condamnés connus ; ils
pourraient en réalité être beaucoup plus nombreux.
À la suite d’une intense campagne internationale de protestation,
deux jeunes gens condamnés pour meurtre, Sa’eed Jazee et Reza
Sheshblooki, ont finalement eu la vie sauve la semaine dernière,
les familles des victimes ayant décidé de leur accorder la
grâce.
Le 8 juillet dernier, 24 grandes organisations internationales et
régionales ont appelé les autorités iraniennes à cesser
immédiatement les exécutions de mineurs au moment des faits. En
décembre 2007, l’Assemblée générale de l’ONU s’est dite préoccupée
par « l’exécution de personnes qui étaient âgées de
moins de 18 ans lorsque l’infraction a été commise, ce, en
violation des obligations qui incombent à la République islamique
d’Iran en vertu de l'article 37 de la Convention relative aux
droits de l’enfant et de l'article 6 du Pacte international relatif
aux droits civils et politiques ».
« En persistant à exécuter des personnes mineurs au moment
des faits, en contravention avec la législation internationale et
malgré les protestations internationales, l’Iran renvoie l'image
d'un pays dont le système judiciaire semble déterminé à faire usage
de la violence d'État contre les mineurs, avec le plus profond
mépris pour la justice et le droit international »,
déplorent les organisations de défense des droits humains.
Les organisations qui demandent à l'Iran de mettre un terme aux
exécutions de mineurs au moment des faits sont les suivantes:
Amnesty International, Human Rights Watch, International Campaign
for Human Rights in Iran, Iran Human Rights, Ligue pour la défense
des droits de l'homme en Iran (LDDHI), Penal Reform International,
Human Rights Association, Stop Child Executions et Vivere.
Les pouvoirs publics iraniens ont procédé, le 27 juillet, à la
pendaison de 29 condamnés adultes, à la prison d’Evin, à Téhéran.
Selon les autorités, ces personnes avaient toutes été reconnues
coupables de trafic de drogue et d'homicide volontaire. Seuls les
noms de 10 d'entre elles ont cependant été donnés. Aucun détail
concernant les charges retenues contre elles ou la manière dont
s'étaient déroulés leurs procès n'a été diffusé. Le 18 décembre
2007, l’Assemblée générale des Nations unies a pourtant adopté la
Résolution 62/149, dans laquelle elle appelle les États de la
planète à décréter un moratoire sur les exécutions, dans la
perspective d'une abolition de la peine capitale. L'Iran préfère
pourtant aller à contre-courant de la tendance générale à
l'abolition. Ce pays a procédé à 191 exécutions depuis le début de
l’année, ce qui devrait vraisemblablement lui permettre de
conserver la deuxième place au sinistre palmarès des pays
exécuteurs, après la Chine, alors que sa population est 18 fois
moins nombreuse que celle de cette dernière.
« En envoyant ainsi à la mort par pendaison une trentaine
de personnes en un seul jour, le système judiciaire iranien donne
de lui-même une image grotesque », déclarent les
organisations signataires. « Odieuse, l'absence
d'informations concernant les suppliciés suscite de sérieux doutes
sur la régularité des procès et le respect du
droit. »
FIN/
Pour plus d’informations, vous êtes invités à contacter :
International Campaign For Human Rights in Iran
Hadi
Ghaemi, Coordinateur
+1 917 669 5996
Courriel : hadighaemi@iranhumanrights.org
Human Rights Watch
Clarisa Bencomo,
chercheuse sur les droits de l’enfant pour le Moyen-Orient et
l’Afrique du Nord
+2010 970 9911 (mobile);
Courriel : bencomc@hrw.org
Amnesty International
Judith Higgin
Attachée de presse
+44 207 413 5810 (ligne directe)
Courriel : judith.higgin@amnesty.org
Stop Child Executions
David Etebari,
Vice-président
+1 310 598 3616
Courriel : detebari@gmail.com
www.stopchildexecutions.com
Tahar Boumedra
Penal Reform International
Directeur régional pour le
Moyen-Orient et l’Afrique du Nord
Sweifieh Post Office
PO Box 852122
11185 Amman, Jordan
Tél. (00 962 6)5826017
Tel/Fax. (00 962 6)5826078
Portable.(00 962) 0799946651
Courriel : tboumedra@penalreform.org
v i v e r e
Pour la protection des personnes
dont la vie est menacée par des discriminations inacceptables
Mike Hoffman, Président
7 av. d'Yverdon C.H.1004
Lausanne, Suisse
www.vivere.ch
contact@vivere.ch
CCP 17 – 709 738 – 6
Karim Lahidji, Président
Ligue pour la défense des droits de l'homme en Iran
(LDDHI)
lddhi@wanadoo.fr
Osman Isci
Consultant pour les Affaires
internationales
Human Rights Association (IHD)
+903124259547
Courriel : ihd@tr-net.net.tr
Iran Human Rights
Mahmood
Amiry-Moghaddam
Porte-parole
+47 91742177
Courrier : iranhr2007@gmail.com
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