Document - Tunisia: Jailed journalist must get medical treatment
AU 340/09, MDE 30/022/2009 – Tunisie 18 décembre 2009
ACTION URGENTE
UN JOURNALISTE EMPRISONNÉ A BESOIN DE SOINS MÉDICAUX
Le journaliste tunisien Taoufik Ben Brik, emprisonné pour des accusations sous-tendues par des motifs politiques, a besoin de toute urgence de soins médicaux spécialisés, sans lesquels sa vie pourrait être en danger. Cet homme, qui est l'un des principaux détracteurs du gouvernement tunisien, a été condamné le 26 novembre 2009 à six mois d'emprisonnement, à l'issue d'un procès inique. Amnesty International le considère comme un prisonnier d'opinion.
Taoufik Ben Briksouffre de diabète, de diarrhée chronique et du syndrome de Cushing, un trouble hormonal. Ces pathologies nécessitent un traitement régulier et une surveillance médicale adaptée. Il doit prendre des médicaments quotidiennement et suivre un régime alimentaire spécial. Selon sa femme, qui l'a vu dix minutes le 16 décembre, son corps était gonflé et sa peau bleuâtre, ces signes étant des conséquences probables du syndrome de Cushing. Il avait du mal à se lever et n'a pas beaucoup parlé. Elle l'a trouvé très faible, bien qu'il prenne ses médicaments et que sa famille puisse lui apporter trois fois par semaine la nourriture dont il a besoin. Cependant, il n'a pas pu consulter de médecin spécialisé dans sa pathologie.
Le 9 décembre, sa femme n'a pas été autorisée à lui rendre visite, mais sa sœur et son frère ont pu le voir. Ils ont déclaré qu'il présentait les symptômes de la grippe et qu'il était déjà souffrant. Il avait été examiné par un médecin en prison mais celui-ci n'avait pas pu l'aider car il devait consulter un spécialiste. Sa femme a affirmé que, même lorsqu'il était chez lui, son état de santé était précaire : il avait souvent besoin de se reposer toute la journée et consultait régulièrement des spécialistes.
Taoufik Ben Brika d'abord été détenu à la prison de Mornaguia, près de Tunis, la capitale, où vit sa famille. Ses avocats ont rarement été autorisés à lui rendre visite en prison. Ni eux ni ses proches n'ont eu de nouvelles de lui entre le 19 et le 29 novembre 2009, après quoi on leur a signalé qu'il avait été transféré à la prison de Siliana, à quelque 125 kilomètres au sud-ouest de Tunis. Il a entamé une grève de la faim en signe de protestation mais l'a interrompue au bout de huit jours après la visite de sa famille.La prison est froide et sale, et sa femme affirme que cela affecte son état de santé : lorsqu'elle l'a vu le 16 décembre, il avait froid et portait un bonnet en laine et trois pulls.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS RAPIDEMENT POSSIBLE AUX DESTINATAIRES CI-APRÈS (en arabe, en anglais, en français ou dans votre propre langue) :
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exhortez les autorités tunisiennes à libérer immédiatement et sans condition Taoufik Ben Brik, car il s'agit d'un prisonnier d'opinion qui n'a fait qu'exercer pacifiquement son droit à la liberté d'expression ;
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exhortez-les à faire en sorte que cet homme bénéficie des soins médicaux spécialisés dont il a besoin, et ce à l'extérieur de la prison si nécessaire, comme le prévoit l'Ensemble des règles minima pour le traitement des détenus ;
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appelez-les à veiller à ce que les autorités pénitentiaires lui permettent de suivre le régime alimentaire qui lui est indispensable et d'être régulièrement en contact avec ses avocats et sa famille.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 29 JANVIER 2010 À :
Président de la République :
Zine El Abidine Ben Ali
Président de la République
Palais Présidentiel
Tunis, Tunisie
Fax : +216 71 744 721
Formule d'appel : Your Excellency, / Monsieur le Président,
Ministre de la Justice et des Droits de l'homme :
Béchir Tekkari
Ministère de la Justice et des Droits de l'homme
31, boulevard Bab Benat
Tunis 1019, Tunisie
Fax : +216 71 568 106
Formule d'appel : Your Excellency, / Monsieur le Ministre,
Copies à :
Directeur général des prisons :
Rue 8003, Appartement L
Espace de Tunis Monplaisir
Tunisie
Fax : +216 71 904 472
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de la Tunisie dans votre pays. Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci. Pour plus d'informations : www.amnesty.org/fr/region/tunisia.
ACTION URGENTE
UN JOURNALISTE EMPRISONNÉ A BESOIN DE SOINS MÉDICAUX
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Lors de l'audience du 19 novembre, les avocats de Taoufik Ben Brik n'ont pas pu exposer pleinement leurs arguments ni procéder à un contre-interrogatoire des témoins. Le prévenu lui-même n'a pas été autorisé à achever ses déclarations, et le juge n'a pas répondu aux requêtes de ses avocats demandant que des experts examinent sa signature sur une déposition qui, selon eux, a été forgée de toutes pièces. Seuls quatre de ses avocats ont été autorisés à présenter l'affaire devant le tribunal, et ce uniquement sur des questions de procédure, avant que le président n'estime qu'il avait suffisamment de preuves pour prendre une décision. Pendant l'audience, les forces de sécurité étaient déployées autour du palais de justice et à l'intérieur de la salle. Elles ont empêché un certain nombre de journalistes et de militants venus en observateurs d'assister au procès. Seuls trois membres de la famille du prévenu ont été autorisés à entrer.
Avant les élections présidentielles et législatives du 25 octobre, Taoufik Ben Brik a écrit pour des journaux français, parmi lesquels Le Nouvel Observateur, plusieurs articles critiquant le gouvernement du président Zine el Abidine Ben Ali. Il semble que Taoufik Ben Brik a été poursuivi parce qu'il a critiqué le gouvernement et s'est opposé à la réélection du président Ben Ali.
Dans les semaines qui ont précédé, les autorités tunisiennes ont mis en place une répression visant les détracteurs pacifiques du gouvernement. Plusieurs journalistes, défenseurs des droits humains et militants de la société civile ont été harcelés, agressés et détenus sur la base d'accusations forgées de toutes pièces. Les autorités prennent pour cible les personnes qui, comme Taoufik Ben Brik, exercent leur droit à la liberté d'expression en critiquant le gouvernement ou en dénonçant la corruption, parce qu'elles sont la voix de la contestation. Cela constitue une violation manifeste des obligations qui incombent à la Tunisie en vertu du droit international, notamment de l'article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, auquel cet État est partie.
Le syndrome de Cushing est une pathologie relativement rare causée par la sécrétion excessive et prolongée d'une hormone : le cortisol.
AU 340/09, MDE 30/022/2009, 18 décembre 2009
