Document - Worldwide Appeals December 1999
AMNESTY INTERNATIONAL ÉFAI
Index AI : NWS 22/07/99
DOCUMENT PUBLIC
Londres, décembre 1999
APPELS MONDIAUX
Décembre 1999
sommaire
Bhoutan page 2
Ouzbékistan page 3
Pérou page 4
Bhoutan
Condamné à perpétuité pour avoir dénoncé des pratiques discriminatoires
tek nath rizal est emprisonné depuis maintenant dix ans, dont deux passées à l'isolement enchaîné dans sa cellule. Au cours d'une visite au Bhoutan en décembre 1998, des délégués d'Amnesty International se sont entretenus avec cet homme et ont décelé chez lui des signes de troubles mentaux ; il était manifestement perturbé et entendait des voix. Tek Nath Rizal, que l'Organisation considère comme un prisonnier d'opinion, avait été arrêté pour la première fois au Bhoutan au milieu de 1988, après avoir mené campagne contre les méthodes appliquées au cours du recensement de cette même année. Il estimait que ces procédés injustes priveraient de la citoyenneté bhoutanaise nombre de personnes de langue népali qui vivaient dans le sud du pays depuis des générations.
Il avait été relâché trois jours plus tard et s'était rendu au Népal peu après, où il avait continué à mener campagne contre les méthodes injustes employées pendant le recensement, et contre la politique menée par le gouvernement bhoutanais en vue de contraindre les membres de la communauté népalaise à adopter les traditions et la culture du nord du Bhoutan.
L'année suivante, il était appréhendé au Népal et livré aux autorités bhoutanaises. Après avoir passé quatre ans en détention, il avait finalement été jugé et condamné, en novembre 1993, à la détention à perpétuité pour « actes de trahison ».
Il a été gracié par le roi Jigme Singye Wangchuk trois jours après le prononcé de sa peine ; toutefois, l'application de cette mesure de clémence a été subordonnée à la conclusion d'un accord entre les gouvernements népalais et bhoutanais sur le sort des dizaines de milliers de personnes de langue népali originaires du sud du Bhoutan vivant dans des camps de réfugiés au Népal. Un tel accord n'a cependant jamais été signé.
Veuillez écrire aux autorités afin de leur demander de libérer immédiatement et sans condition Tek Nath Rizal pour raisons humanitaires.
Envoyez vos appels au roi du Bhoutan :
His Majesty, King Jigme Singye Wangchuck
Taschichchodzong
Thimphu
Bhoutan
Légende photo :
Tek Nath Riza
Ouzbékistan
Une militante des droits humains emprisonnée pour cinq ans
La militante des droits humains makhbouba kassimova était absente de son domicile lorsqu'un groupe de policiers en civil est entré dans son appartement et l'a fouillé en mai 1999. Les fonctionnaires ont interrogé son mari, deux de ses filles et Ravchan Khamidov qui séjournait chez elle. Ce dernier a été appréhendé après qu'une grenade à main et une petite quantité de stupéfiants eurent apparemment été placées sur lui par les policiers. Ces derniers n'ont présenté aucun mandat et n’ont pas décliné leur identité.
Makhbouba Kassimova purge aujourd'hui une peine de cinq ans d'emprisonnement, à laquelle elle a été condamnée au terme d'un procès d'une flagrante iniquité pour avoir « dissimulé ou omis de signaler un crime », alors même que Ravchan Khamidov n'a pas encore été jugé pour les faits que cette femme est censée avoir dissimulés.
Mère de six enfants et ancienne enseignante, Makhbouba Kassimova appartient à un petit groupe de défenseurs indépendants des droits humains, non reconnu par les autorités, l’Organisation indépendante de défense des droits humains d’Ouzbékistan (NOPCHU). Ce groupe recueille des informations sur la vague d'arrestations et de procès qui a débuté après que des responsables locaux eurent été victimes de meurtres dans la vallée de la Fergana fin 1997. La vague de répression s'est amplifiée après que plusieurs bombes eurent explosé à Tachkent en février 1999. Makhbouba Kassimova est également membre du mouvement démocratique d'opposition Birlik (L'Unité), et figure parmi les nombreux militants de l'opposition qui ont été harcelés au début des années 90 en raison de leurs activités. Les autorités ont accusé ces personnes, de même que des membres de la NOPCHU, d'être impliquées dans les explosions de février.
Veuillez écrire aux autorités en vous déclarant préoccupé à l'idée que le véritable motif de la condamnation prononcée contre Makhbouba Kassimova réside dans ses activités légitimes et non violentes en tant que membre de la NOPCHU, ainsi que ses liens avec l'opposition démocratique. Demandez la libération immédiate et inconditionnelle de cette femme, qu'Amnesty International considère comme une prisonnière d'opinion.
Envoyez vos appels au président ouzbek :
President of Uzbekistan
Islam Abduganievich Karimov
700000 g. Tashkent, pr. Uzbekistansky
Rezidentsiya Prezidenta
Prezidentu
Karimov I.A.
Ouzbékistan
Fax : 998 71 139 5315
Pérou
Des centaines de personnes injustement accusées de « terrorisme » sont toujours incarcérées
efraín isidro tarazona tinoco a été appréhendé par des policiers en civil dans une rue de Lima, la capitale péruvienne, en avril 1993, après s'être entretenu avec un collègue de l'université placé sous surveillance par la police. Il a été conduit au siège de la Dirección Nacional Contra el Terrorismo (DINCOTE, Direction nationale de la lutte contre le terrorisme). Son collègue a reconnu ultérieurement qu'il faisait partie du Partido Comunista del Perú « Sendero Luminoso » (PCP-SL, Parti communiste du Pérou « Sentier lumineux »). Bien qu'il eût dénoncé un certain nombre d'autres personnes, il a déclaré qu'Efraín Tarazona n'entretenait aucun lien avec ce groupe armé d'opposition.
Pendant sa détention au siège de la DINCOTE, son domicile a fait l'objet d'une perquisition et la police a affirmé avoir découvert un tract du Sentier lumineux. C'est sur ce document que se sont fondées les poursuites engagées contre Efraín Tarazona, qui affirme que le tract a été placé chez lui par la police. En novembre 1993, il a été condamné à une peine de vingt ans de détention.
Le cas d'Efraín Tarazona n'a rien d'exceptionnel au Pérou. Malgré la création d'une Commission ad hoc chargée de réexaminer le cas des prisonniers abusivement poursuivis pour des infractions liées au terrorisme, des centaines d'entre eux dépérissent toujours derrière les barreaux. Depuis novembre 1998, la Commission a recommandé au président de gracier plus de 80 détenus, mais seuls 43 d'entre eux ont été libérés.
Veuillez écrire aux autorités afin de leur demander la libération immédiate et inconditionnelle des prisonniers d'opinion nommés ci-après, qui ont tous été injustement accusés d'infractions liées au « terrorisme » (photocopiez ou découpez la liste ci-contre pour la joindre à votre lettre ou à votre carte).
Envoyez vos appels au président péruvien :
Sr. Ing. Alberto Fujimori
Presidente de la República del Peru
Palacio de Gobierno
Plaza Mayor
Lima 1
Pérou
Fax : 511 426 6770
José Victoriano Acevedo Orbegoso
Marco Antonio Ambrosio Concha
Raúl Enrique Ayala Torres
Mirtha Ira Bueno Hidalgo
Juan Wilfredo Ccarhuas Pedraza
Leoncio Contreras Quinto
Mariá Teresa de la Cruz Flores
Mercedes Guzmán Ccañihua
Florencio Hurtado Luna
Carlos Florentino Molero Coca
Mariá Montenegro Montenegro
Carlos Ortega López
Violeta Robles Palomino
Jesús Rondinel Cano
Jesús Salas Ancco
César Tiberio Sanabria Casanova
Marco Antonio Sánchez Narváez
José Mercedes Sánchez Torres
Yehude Simon Munaro
Bonifacio Oswaldo Solsol Castillo
Efraín Isidro Tarazona Tinoco
Donato Alejandro Tolentino Argandoña
Hernán Atilio Vásquez Vásquez
Felipe Juvenal Zarate Avalos
Eleuterio Zarate Lujan
La version originale en langue anglaise de ce document a été publiée par Amnesty International, Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 0DW, Royaume-Uni, sous le titre Worldwide Appeals: December 1999. Seule la version anglaise fait foi.
La version française a été traduite et diffusée aux sections francophones et au Secrétariat international par LES ÉDITIONS FRANCOPHONES D'AMNESTY INTERNATIONAL - ÉFAI – novembre 1999.
Vous pouvez également consulter le site ÉFAI sur internet :http://efai.i-france.com
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