Timor-Leste
 - Rapport 2009 d'Amnesty International

Human Rights in République démocratique du Timor-Leste


Amnesty International  Report 2013


The 2013 Annual Report on
Timor Leste is now live »

Chef de l'État : José Manuel Ramos-Horta
Chef du gouvernement : Kay Rala Xanana Gusmão
Peine de mort : abolie
Population : 1,2 million
Espérance de vie : 59,7 ans
Mortalité des moins de cinq ans (M/F) : 90 / 89 ‰
Taux d'alphabétisation des adultes : 50,1 %

L'appareil judiciaire et la police demeuraient des institutions fragiles. Le chef de l'État et le Premier ministre ont été la cible de violentes attaques. L'impunité prévalait toujours pour les auteurs des violations patentes des droits humains perpétrées en 1999, au cours de la période de transition qui a suivi l'occupation indonésienne. Attendu de longue date, le rapport de la Commission vérité et amitié, instituée conjointement par l'Indonésie et le Timor-Leste, a été soumis au gouvernement de chacun des deux pays. La question de l'impunité dont jouissaient les auteurs des violations a poussé les Nations unies à boycotter les enquêtes menées par la Commission. Le nombre de personnes déplacées à l'intérieur du pays à la suite des violences de 2006 et vivant dans des camps demeurait élevé.

Contexte
Les auteurs des violations des droits humains commises en marge du référendum de 1999 sur l'indépendance, ainsi qu'au cours des affrontements survenus en avril et en mai 2006, continuaient de jouir d'une parfaite impunité.
La Mission intégrée des Nations unies au Timor-Leste (MINUT) a vu son mandat prorogé jusqu'au début de l'année 2009, mais le président José Ramos-Horta a demandé qu'elle soit maintenue jusqu'en 2012 au moins.

Police et autres forces de sécurité
Le programme de reconstitution de la police nationale suivait son cours. Des violations des droits humains commises par des policiers et des militaires ont toutefois été signalées. Les tensions entre la police et les forces armées se sont intensifiées lorsque, à la suite des attaques lancées contre le chef de l'État et le Premier ministre, la police a été placée à titre temporaire sous la tutelle de l'armée. Les Nations unies ont continué à encadrer la police nationale.
Le 11 février, le président José Ramos-Horta a été touché par trois balles au cours d'une incursion à son domicile menée par un soldat rebelle, Alfredo Reinado. L'insurgé et le garde du corps du chef de l'État ont été tués lors de la fusillade qui a ensuite éclaté. Le véhicule qui transportait le Premier ministre, Xanana Gusmão, et la résidence de celui-ci ont également été pris pour cibles au cours d'une attaque coordonnée. Le chef du gouvernement est sorti indemne de cette tentative d'assassinat. Alfredo Reinado avait été inculpé de meurtre et était recherché par la police pour son rôle clé dans les violences de 2006. Le chef de l'État s'est rétabli de ses blessures.

Impunité
En juillet, la Commission vérité et amitié a officiellement remis aux gouvernements du Timor-Leste et de l'Indonésie son rapport sur les violences de 1999. Le document allait plus loin que prévu en imputant la responsabilité des violations patentes des droits humains aux milices autonomistes, mais aussi à l'armée, au gouvernement civil et à la police d'Indonésie. Le mandat de la Commission vérité et amitié ne lui permettait pas d'engager des poursuites ; cet organe n'a par ailleurs pas communiqué l'identité des auteurs des sévices. En réaction à l'impunité dont jouissaient ces personnes, les Nations unies ont boycotté les enquêtes menées par la Commission et ont repris les poursuites qui avaient été engagées par le Groupe d'enquête sur les crimes graves, mis en place avec la collaboration des procureurs du Timor-Leste. Vingt affaires avaient été examinées à la fin de 2008, et les Nations unies estimaient à trois années le délai nécessaire pour achever les investigations sur près de 400 dossiers.
En mai, le chef de l'État a accordé des remises de peine à de nombreux membres de milices pro-indonésiennes qui avaient été reconnus coupables de meurtre lors des violences de 1999.
 La peine de Joni Marques, chef de milice, a été réduite de moitié et fixée à douze années d'emprisonnement. Initialement condamné à trente-trois ans de réclusion pour crimes contre l'humanité, cet homme avait bénéficié en 2004 d'une remise de peine de neuf années.
 En avril, la Cour suprême indonésienne a annulé en appel la condamnation à dix ans d'emprisonnement pour crimes contre l'humanité commis au Timor-Leste, qui avait été prononcée contre Eurico Guterres. Sur un total de six accusés reconnus coupables en première instance, cet ancien chef de milice avait été le seul à voir sa condamnation confirmée et à purger une peine de prison.

Personnes déplacées
On dénombrait toujours quelque 40 000 personnes déplacées à l'intérieur du pays. Elles continuaient de manquer d'un hébergement décent, de nourriture en quantité suffisante, d'eau propre, d'installations sanitaires et de soins médicaux.