Annual Report 2013
The state of the world's human rights

26 November 2009

Un militant syrien détenu au secret risque la torture

Un militant syrien détenu au secret risque la torture
Amnesty International a exprimé son inquiétude pour un militant politique syrien détenu au secret depuis le 15 novembre, qui risque de subir des actes de torture ou d'autres formes de mauvais traitements.

Yousef Dheeb al Hmoud a été arrêté à son domicile, dans la ville de Deir ez-Zor (est de la Syrie). Ses proches n'ont pas pu déterminer à quelle branche des forces de sécurité appartenaient les agents qui ont procédé à son arrestation.

Les autorités n'ont pas indiqué où Yousef Dheeb al Hmoud est détenu, pourquoi il a été arrêté et s'il va être inculpé. Il a déjà été convoqué aux fins d'interrogatoire par les forces de sécurité syriennes à plusieurs reprises, dont la dernière fois par la Sécurité politique au cours du mois de novembre.

Yousef Dheeb al Hmoud est membre du Courant islamique démocratique, un groupe politique islamiste qui réclame une réforme démocratique en Syrie et rejette le recours à la violence. Ce groupe fait partie de la Déclaration de Damas pour le changement national démocratique, une organisation interdite qui rassemble plusieurs mouvements d'opposition en Syrie.

Le recours à la torture et à d'autres mauvais traitements est répandu dans les centres de détention et d'interrogatoires syriens. Les personnes soupçonnées de faire partie de groupes islamistes interdits sont particulièrement exposées au risque d'être arrêtées arbitrairement, torturées ou soumises à d'autres formes de mauvais traitements. Ces violations des droits humains imputables aux forces de sécurité syriennes demeurent généralement impunies.

En août 2008, de nombreuses personnes ont été arrêtées, à Deir ez-Zor pour la plupart, ainsi qu'à Alep et Hama. L'un de ces détenus, Mohammed Amin al Shawa, est mort en détention en janvier 2009, des suites de torture selon certaines organisations syriennes de défense des droits humains.

Au moins neuf autres personnes demeurent détenues au secret dans un lieu inconnu. Selon des organisations syriennes de défense des droits humains, beaucoup semblent avoir été arrêtées parce que les autorités ont déduit, au vu de leur apparence et de leur mode de vie, qu'elles faisaient partie de groupes islamistes interdits.

Des restrictions sévères pèsent sur la liberté d'expression et d'association en Syrie, restrictions favorisées par les lois relatives à l'« état d'urgence » en vigueur depuis 1964. Seuls le Parti Baas et certains autres qui y sont liés sont officiellement reconnus en tant que partis politiques en Syrie, où les organisations de défense des droits humains ne sont pas autorisées à mener leurs activités.

Les détracteurs pacifiques des autorités syriennes, les membres d'organisations de défense des droits humains et les autres personnes soupçonnées d'être des opposants politiques risquent d'être victimes d'arrestations, de harcèlement et de persécutions.

Actuellement, 12 personnes purgent une peine de deux ans et demi d'emprisonnement en raison de leur participation à la Déclaration de Damas pour le changement national démocratique. Celles-ci ont été déclarées coupables d'« affaiblissement du sentiment national » et de « diffusion de nouvelles fausses ou exagérées susceptibles de porter atteinte au moral du pays » par le tribunal pénal de Damas le 29 octobre 2008. Elles ont toutes été arrêtées entre le 9 décembre 2007 et le 5 février 2008 et initialement placées en détention au secret dans les locaux de la Sûreté de l'État à Damas, où au moins huit d'entre elles ont été battues.

Elles se sont notamment vu infliger des coups de poing au visage, des coups de pied et des gifles, et elles ont été forcées à signer de faux « aveux ». Amnesty International a fait savoir qu'elle les considère comme des prisonniers d'opinion et a demandé leur libération immédiate et sans condition. Deux de ces 12 militants, Yasser al Eiti et Ahmad Tomeh, font partie du Courant islamique démocratique.

Amnesty International a exhorté les autorités syriennes à veiller à ce que Yousef Dheeb al Hmoud ne soit ni torturé, ni victime d'autres formes de mauvais traitements.

L'organisation a demandé que cet homme soit immédiatement autorisé à recevoir des visites de ses proches et de l'avocat de son choix, ainsi qu'à bénéficier de tous les soins médicaux dont il pourrait avoir besoin.

Elle a en outre prié instamment les autorités syriennes de le libérer, à moins qu'il ne soit inculpé d'une infraction dûment reconnue par la loi et jugé sans délai dans le cadre d'une procédure conforme aux normes d'équité des procès.

Issue

Activists 
Detention 
Disappearances And Abductions 
Freedom Of Expression 
Prisoners Of Conscience 

Country

Syria 

Region

Middle East And North Africa 

@amnestyonline on twitter

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