Une femme toutes les 90 secondes

Plus de 300 000 femmes meurent chaque année des complications d’une grossesse ou d’un accouchement – soit une femme toutes les 90 secondes .La plupart de ces décès pourraient être évités. En effet, si les complications sont souvent imprévisibles, elles peuvent être traitées.

 

©: Salud sin Limites - Peru

 

De nombreuses femmes des zones rurales du Pérou doivent effectuer des trajets difficiles pour atteindre les centres de soins. Les coûts de transport et de traitement empêchent de nombreuses femmes pauvres d’obtenir les soins qui leur sont nécessaires. © Salud sin Limites - Peru


La grande majorité des femmes qui meurent ainsi sont pauvres et issues des pays en développement. Dans les pays riches, elles viennent en général de milieux marginalisés ou défavorisés.

Cette situation ne constitue pas seulement une urgence sanitaire : c'est un scandale au regard des droits humains.

Les femmes ont droit à la vie, mais elles sont nombreuses à mourir à cause de la pauvreté, de l’injustice et des discriminations liées au genre. Et ces morts sont évitables. Les femmes ont également droit au meilleur état de santé physique et mentale susceptible d’être atteint, mais elles se heurtent à des barrières sociales et financières qui les empêchent d’accéder au système de santé. Enfin, les femmes ont le droit de décider du moment de leur grossesse, mais elles n’ont souvent pas accès à la contraception ou aux informations qui leur permettraient de maîtriser leur fécondité.

La présence de personnel qualifié lors de l’accouchement et les soins obstétricaux d'urgence sont essentiels pour réduire la mortalité maternelle. Mais dans trop d’endroits, les services de santé sont de mauvaise qualité ou tout simplement inaccessibles, en particulier pour les femmes vivant dans la pauvreté et celles qui habitent dans des zones reculées.

Il incombe aux gouvernements de fournir ces services.

Lorsque les femmes vivant dans la pauvreté doivent payer pour les soins de santé, le temps joue contre elles : retards dans la décision d'aller à la clinique ou à l’hôpital, retards dans les transports car il faut recueillir de l’argent, et retards dans les soins dispensés à l’arrivée. Tous ces retards peuvent être mortels.

La pauvreté a partie liée avec la mortalité maternelle ; or, un accouchement qui entraîne le décès d’une mère ou altère sa santé enfonce la famille dans la pauvreté. Les femmes qui décèdent laissent derrière elles des familles qui doivent lutter pour survivre. Plus d'un million d'enfants perdent ainsi leur mère chaque année.

La mortalité maternelle est la conséquence du cycle des atteintes aux droits humains – la privation, l'exclusion, l'insécurité et l’impossibilité de faire entendre sa voix – qui définit et perpétue la pauvreté.

Voir :
•    USA - Maternal Health in the US
•    La discrimination, cause de mortalité chez les femmes enceintes au Burkina Faso
•    Sierra Leone : le taux de mortalité maternelle constitue une urgence en matière de droits humains
•    L'interdiction totale de l'avortement au Nicaragua prive les femmes de soins médicaux vitaux
•    Peru - Hundreds of Peru’s poor, rural and Indigenous pregnant women die in health service lottery

 

 


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