Annual Report 2013
The state of the world's human rights

30 November 2005

Amnesty International / Reprieve Conference Summaries

Amnesty International / Reprieve Conference Summaries

La torture ne fait pas barrage au terrorisme – elle est une forme de terrorisme. 19/11/2005

Des personnes ayant subi des tortures et d’autres mauvais traitements à Guantánamo se sont exprimées aujourd'hui lors d’une conférence organisée par Amnesty International et l’association Reprieve. Dans plusieurs cas, c’était la première fois qu’elles se revoyaient depuis leur libération. Deux d’entre elles ne s’étaient même jamais vues auparavant, alors qu’elles étaient détenues dans des cages voisines.
Huit Britanniques ont raconté leur histoire: comment ils se sont retrouvés à Guantánamo, les horreurs qu’ils ont endurées. Le président des États-Unis, George Bush, affirme que son pays n’a pas recours à la torture, mais cela ne correspond pas du tout à ce que déclare Moazzam Begg, un Britannique qui a été détenu dans le centre de Guantánamo, dirigé par les États-Unis: «La torture est pratiquée, elle continue d’être pratiquée, et elle détruit des vies.»

Moazzam Begg et d’autres anciens détenus ont raconté qu’ils étaient enchaînés dans des positions douloureuses et ont parlé de leur angoisse, de leur épuisement, du manque de soins médicaux, des coups et des os qui se brisent. Ils ont expliqué comment les détenus de Guantánamo étaient maintenus dans une situation de non-droit. L’un d’eux a indiqué qu’à son arrivée, un soldat américain lui avait dit: «Tu n’as pas le droit de passer de coup de téléphone, de voir un avocat ou de faire quoi que ce soit, à part ce qu’on te dit.»

Dans un contexte où la torture se développe en secret et où le gouvernement des États-Unis bloque tout véritable accès à Guantánamo, Clive Stafford Smith, directeur juridique de Reprieve, a déclaré: «Si nous réussissons à faire ouvrir Guantánamo, ils seront obligés de le fermer.»

Un groupe d’experts s’est penché sur la manière de lutter contre l’«externalisation» de la torture et l’utilisation des «preuves» obtenues sous la torture en dehors des États-Unis. Les gouvernements qui veulent aller contre le principe interdisant de renvoyer des personnes dans des pays où elles risquent d’être torturées ou maltraitées cherchent à obtenir l’«assurance diplomatique» que ces personnes ne seront pas maltraitées après leur arrivée. Mais, selon le groupe d’experts, cette garantie n’a même pas la valeur du papier sur lequel elle est rédigée.

Par ailleurs, les délégués présents à la conférence ont discuté de leurs plans d’action et de leurs stratégies juridiques visant à combattre la torture.

À la fin de la journée, plusieurs personnes ont pleuré en parlant de leurs proches détenus à Guantánamo.

Durant les deux prochains jours de la conférence, les anciens détenus, les familles, les avocats et les autres militants vont continuer à échanger leurs expériences, mais aussi, comme l’a déclaré Irene Khan, la secrétaire générale d’Amnesty International, à «se faire les porte-parole de tous ceux qui savent que la torture ne fait pas barrage au terrorisme, mais qu’elle est une forme de terrorisme».

La torture tue les gens à petit feu. 20/11/2005

«Je ne voulais pas faire un grand discours. C’est juste que c’est très douloureux», a déclaré une mère après avoir parlé de son fils détenu à Guantánamo. Comme elles l’ont déjà fait hier dans le cadre de la conférence organisée par Amnesty International et Reprieve, les familles ont fait part de leurs difficultés et de leur désespoir de ne pas savoir si leurs proches sont bien traités et s’ils se reverront un jour.

Un groupe de recherche des États-Unis estime qu’il existe huit à quinze sites de détention secrets à travers le monde, dans au moins huit pays. Il semblerait que les détenus soient transférés d’un site à l’autre pour échapper à tout contrôle public et que des agents de services de renseignement étrangers soient utilisés pour soutirer des informations, en général grâce à la torture et aux mauvais traitements.

La détention prolongée au secret peut être assimilée à de la torture. Un Canadien, arrêté dans un aéroport aux États-Unis, envoyé en Jordanie puis en Syrie, le confirme: les dix mois et dix jours qu’il a passés à l’isolement dans une cellule sombre de 0,9 mètre de large, 1,8 mètre de profondeur et 2,1 mètres de hauteur ont été une véritable torture, comme les coups qu’il recevait.

Lorsque des gens sont en détention secrète et que les autorités refusent de divulguer leur sort ou leur lieu de détention, on considère qu’ils ont «disparu». Ces «disparitions» vont souvent de pair avec la torture et les autres mauvais traitements.

Les proches de «disparus» font à leur tour l’objet de mauvais traitements lorsqu’on les prive délibérément de toute information alors qu’ils n’espèrent qu’une chose, recevoir des nouvelles. Mais comme l’a observé un membre d’un groupe d’experts, «si la pratique gouvernementale de la "disparition" peut mettre une personne à l’écart de la société pendant un certain temps, le souvenir que laisse cette personne ne peut pas être effacé. Et c’est ce souvenir qui pousse la famille, les amis, les militants à se mettre à sa recherche, quelles que soient les circonstances. Au bout du compte, la vérité finit par émerger.»

Les participants à la conférence ont discuté des effets médicaux de la torture. Un spécialiste a expliqué que la torture «tue une personne sans la faire mourir». La détention des mineurs, les problèmes de rapatriement des anciens détenus, les stratégies judiciaires et le rôle des Nations unies dans la défense des droits de la personne, tous ces thèmes ont été abordés par les anciens détenus, les familles, les avocats et les autres militants.

Malgré les nombreux obstacles, les participants établissent de nouveaux contacts, échangent des idées et des stratégies et étudient de nouvelles voies pour combattre ensemble la torture.

La journée s’est achevée sur une note musicale: un ancien détenu, qui a recouvré la liberté cette année après plus de deux ans et demi à Guantánamo, s’est lancé dans un morceau de rap improvisé. 

Guantánamo ne représente que la partie visible de l’iceberg. 21/11/2005

«Où est l’indignation publique?», a demandé Irene Khan, la secrétaire général d’Amnesty International, le dernier jour de la conférence organisée avec l’association Reprieve.
Ces trois journées ont permis de braquer les projecteurs sur Guantánamo, où beaucoup de participants ont passé un certain temps. Le centre est devenu le symbole d’une situation où les pouvoirs publics s’écartent du droit au nom de la «guerre contre le terrorisme».

Mais Guantánamo ne représente que la partie visible de l’iceberg. Les détentions secrètes, les restitutions, les procès inéquitables et les «disparitions» favorisent la torture et créent des dissensions. À terme, ces pratiques nous mettent tous en danger.

«Nous sommes dans une situation où les valeurs communes sont trahies, où il y a deux poids deux mesures et où les États tiennent un double discours, a ajouté Irene Khan. Ce n’est qu’en continuant à travailler tous ensemble – anciens détenus, familles, avocats et autres militants – et en utilisant différentes tactiques – actions en direction des médias, recours en justice, manifestations et envoi de lettres – que nous pourrons mettre fin aux violations et combattre l’impunité dont jouissent les responsables de torture et de mauvais traitements.

«Grâce au réseau mondial de militants d’Amnesty International dans 74 pays, nous devons galvaniser l’opinion publique pour parvenir à la sécurité en faisant respecter les droits humains et la dignité humaine. Chacun et chacune d’entre nous doit prendre la responsabilité de secouer l’apathie de l’opinion publique.»

Pour reprendre les termes de Clive Stafford-Smith, directeur juridique de Reprieve: «Et VOUS, que comptez-vous faire?» 

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Amnesty International / Reprieve Conference

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See no evil, hear no evil, speak no evil (The case of Ahmed Abu Ali)

Guantánamo: UN Special Rapporteur on the right to health denied access 

Campagne Contre le terrorisme : la justice

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