« Nous devons nous efforcer de créer une société harmonieuse et d’instaurer un bon climat social pour que l’organisation du XVIIe Congrès du Parti communiste et des Jeux olympiques de Pékin soit un succès […] Nous devons frapper fort contre les forces hostiles qui mènent des activités déstabilisantes à l’intérieur et à l’extérieur de la nation, comme les séparatistes ethniques, les extrémistes religieux, les terroristes violents et les “organisations hérétiques” telles que le Fa Lun Gong. » - Zhou Yongkang, ministre de la Sécurité publique
Bu Dongwei, un pratiquant du Fa Lun Gong qui travaillait pour l’Asia Foundation, une organisation non gouvernementale basée aux États-Unis, a été astreint à deux ans et demi de « rééducation par le travail » au camp de Tuanhe, à Pékin. Qu’a-t-il fait ? Il a uniquement exercé son droit à la liberté de religion. Accusé de s’être « opposé à la mise en application de lois nationales » et de « trouble à l'ordre social », il a été envoyé au camp de Tuanhe sans avoir été jugé. Les éléments de preuve retenus contre lui se résumaient à des « aveux » faits oralement et à 80 exemplaires de documents du Fa Lun Gong que la police aurait découverts chez lui.Bu Dongwei a été appréhendé par sept policiers en mai 2006. Sa famille n’a été informée de son lieu de détention que trois mois plus tard. Ses proches ont contesté les éléments retenus contre lui et ont démenti l’information donnée par les autorités, selon laquelle Bu Dongwei avait renoncé à former un recours contre sa peine. Les responsables du camp de Tuanhe ont demandé à sa famille de participer à ses frais de subsistance - environ 400 yuans (35 euros) par mois.
Ce n'est pas la première fois qu'il est incarcéré en raison de ses convictions. En 2000, après avoir demandé aux autorités de revenir sur l'interdiction qui frappait le Fa Lun Gong, il avait passé dix mois dans un camp de « rééducation par le travail ». Il était accusé d’avoir « troublé l'application de la loi par le biais d'une organisation hérétique ». D’après les informations reçues par Amnesty International, on l’avait, au cours de cette période, privé de sommeil, battu et contraint à rester assis toute la journée sur une petite chaise, et ce dans le but de le faire renoncer au Fa Lun Gong.
C’est la police qui décide d’astreindre une personne à une période de « rééducation par le travail », sans inculpation ni jugement. Celle-ci peut être détenue durant trois ans, période qui peut être prolongée d'un an si nécessaire.
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