Annual Report 2013
The state of the world's human rights

2 May 2012

Journée mondiale de la liberté de la presse. Attaques contre les journalistes dans le monde

Journée mondiale de la liberté de la presse. Attaques contre les journalistes dans le monde

Des journalistes travaillant pour les médias traditionnels, du Pakistan à la Colombie, en passant par le Mexique et le Soudan, ainsi que dans la plupart des pays d'Europe de l'Est et du Moyen-Orient, ont été victimes de harcèlement, d'agressions, d'emprisonnements injustifiés et même de meurtre pour avoir seulement fait leur travail.

Amériques
Des reporters s'efforçant de dénoncer les abus de pouvoir, les violations des droits humains et la corruption sont fréquemment la cible d'attaques et de manœuvres de harcèlement à travers l'Amérique latine et les Caraïbes.

Au Mexique, en Colombie, à Cuba, au Honduras et au Venezuela, les autorités ou des bandes criminelles s'en prennent à des journalistes faisant état d'atteintes aux droits humains, d'abus de pouvoir et d'actes de corruption.

Le Mexique est l'un des endroits les plus dangereux des Amériques ; les professionnels des médias du nord du pays sont particulièrement exposés aux risques.

Samedi 28 avril, le corps de la journaliste Regina Martínez a été retrouvé à son domicile, à Veracruz. Elle était reporter au magazine politique Proceso et, pendant plus de trente ans, a rendu compte d'informations relatives à l'insécurité, au trafic de stupéfiants et à la corruption. Les autorités locales ont déclaré qu'elles enquêteraient sur cet homicide.

Parallèlement, le Sénat mexicain a adopté une nouvelle loi visant à protéger les journalistes et défenseurs des droits humains recevant des menaces.

Mais le Mexique n'est pas le seul pays où les professionnels des médias sont confrontés à de terribles dangers dans le cadre de leur travail.

Dina Meza, journaliste hondurienne et défenseure des droits humains, a été menacée de violences sexuelles à plusieurs reprises début 2012. Le 6 avril, elle marchait dans son quartier avec ses enfants quand elle a remarqué que deux hommes les prenaient en photo.
Afrique
Certains des lieux les plus dangereux pour les journalistes se trouvent en Afrique. Dans certains pays tels que l'Éthiopie et la Gambie, les journaux, les sites web, les chaînes de télévision et les stations de radio sont surveillés de près par des agents des forces de sécurité prêts à intervenir pour juguler toute contestation.

Au Rwanda et en Éthiopie, des journalistes sont poursuivis et condamnés à de lourdes peines de prison pour avoir critiqué des politiques gouvernementales, fait état d'appels en faveur de manifestations pacifiques ou accusé de hauts responsables de corruption.

Les autorités soudanaises trouvent de nouvelles manières de s'en prendre aux journalistes indépendants – notamment en invoquant à mauvais escient certaines lois afin de les empêcher de rendre des informations publiques et en condamnant ceux qui les critiquent à verser des amendes.

En Gambie et en Somalie, la situation pour les journalistes est si dangereuse que beaucoup, craignant pour leur vie, choisissent l'exil. D'autres risquent d'être arrêtés, ce qui limite le nombre de reportages indépendants dans le pays. Depuis 2007, au moins 27 journalistes ont été tués en Somalie ; trois ont été assassinés lors d'attaques ciblées à Mogadiscio, la capitale, ces six derniers mois.

Ali Ahmed Abdi, journaliste travaillant pour un site Internet d'information et pour Radio Galkayo, a été tué par trois hommes armés le 4 mars dans la ville de Galkayo (centre de la Somalie). Le 5 avril, Mahad Salad Adan, journaliste de Radio Shabelle, a été abattu par trois agresseurs dans la ville de Beletweyne près de la frontière éthiopienne. Personne n'a été traduit en justice pour ces homicides.

Asie et Pacifique
Le Pakistan est l'un des pays les plus dangereux au monde pour les journalistes ; au moins 15 d'entre eux ont été tués au cours de la seule année 2011.

Le 17 janvier 2012, Mukarram Aatif, journaliste à Dunya TV et Deewa radio, a été abattu par des membres des talibans pakistanais alors qu'il faisait sa prière du soir dans la ville de Shabqada, à une trentaine de kilomètres de Peshawar, la capitale de la province de Khyber Pakhtunkhwa.

L'un des porte-paroles des talibans a plus tard déclaré que le groupe avait dit à Mukarram Aatif « à plusieurs reprises d'arrêter ses reportages anti talibans, mais il n'en a rien fait. Il a fini par le payer de sa vie. »

Tout comme en Chine, les journalistes et blogueurs du Sri Lanka opèrent dans un climat de peur, sachant que leurs courriels et appels téléphoniques sont susceptibles d'être surveillés.

Dans la plupart des pays, les autorités n'enquêtent pas suffisamment sur les violations commises contre les journalistes. Aux Philippines par exemple, pas moins de 12 journalistes ont été tués par des hommes non identifiés depuis l'arrivée au pouvoir du gouvernement Aquino en 2010 ; personne n'a encore été traduit en justice.

Des cybermilitants et des journalistes travaillant pour des publications en ligne ont également été victimes de violations dans plusieurs pays d'Asie en 2011.

Avec 513 millions d'internautes en Chine, les autorités cherchent à contrôler étroitement ce que ceux-ci peuvent lire et dire en ligne.

Les blogueurs qui écrivent sur des sujets que le gouvernement estime sensibles sont régulièrement surveillés, interrogés et harcelés par les forces de sécurité ; certains ont même « disparu ».

Les cybermilitants chinois sont toutefois devenus experts dans l'art de trouver des moyens créatifs pour échapper au contrôle du gouvernement. Dans une campagne très suivie menée en faveur du militant aveugle Cheng Guangcheng, des sympathisants ont diffusé en ligne des photos d'eux-mêmes portant des lunettes noires, ou mis des lunettes noires sur leur photo de profil sur des sites de réseaux sociaux.

Europe
2012 a pour l'instant vu les régimes autocratiques de l'ancienne Union soviétique renforcer leur mainmise sur le pouvoir, étouffer la contestation, museler les détracteurs et sévir contre les manifestations. L'année ne s'annonce pas bonne pour la liberté d'expression.

En Biélorussie, la répression ayant fait suite aux élections présidentielles fin 2011 continue en 2012 ; plusieurs éminents militants appartenant à l'opposition et dirigeants d'organisations non gouvernementales ont ainsi été mis derrière les barreaux.

En Azerbaïdjan, une nouvelle vague de protestation inspirée par le Printemps arabe a donné lieu à des mesures de répression – les manifestations antigouvernementales ont été interdites et 14 organisateurs ont été condamnés à de lourdes peines de prison. Tout au long de l'année écoulée des journalistes et des militants ont été harcelés et incarcérés sur la base de charges forgées de toutes pièces pour avoir dénoncé des abus.

Pays fermés essayant d'étouffer les critiques, l'Ouzbékistan et le Turkménistan ont continué à réduire au silence les voix indépendantes.

En Russie, le tableau était contrasté. Les allégations de fraudes massives lors des élections parlementaires ont déclenché les manifestations les plus suivies depuis 1991. Si ces manifestations étaient autorisées et se sont déroulées de manière pacifique, des actions de protestation de moindre ampleur ont régulièrement été dispersées et les participants arrêtés.

Moyen-Orient
Si l'espace réservé à l'expression médiatique s'est transformé dans certains pays ayant été le théâtre de soulèvements en 2011, comme la Tunisie et la Libye, les restrictions juridiques et autres aux libertés des médias restent monnaie courante dans la région. En Iran, les autorités ont maintenu les vastes restrictions à l'utilisation d'Internet, et déployé une force de cyberpolice flambant neuve à travers le pays. En Arabie saoudite, de nouvelles sanctions ont été introduites contre la publication de documents considérés comme offensants ou contraires aux dispositions de la charia.

Les attaques visant les journalistes et les blogueurs dans la région au cours de l'année écoulée ont été nombreuses. Des journalistes ont été tués ou ont fait l'objet de détentions arbitraires, d'actes de torture ou de harcèlement pendant les émeutes en Syrie - qui d'ailleurs continuent -, le conflit de 2011 en Libye et les soulèvements en Tunisie, en Égypte, au Yémen et à Bahreïn. Les violations se sont poursuivies après que les soulèvements aient pris fin. En Égypte, des journalistes et blogueurs ayant critiqué les autorités militaires ont été interrogés et placés en détention, tandis qu'en Tunisie des professionnels des médias ont été poursuivis pour troubles à l'ordre public ou aux bonnes mœurs.

Des journalistes et des auteurs ont par ailleurs fait l'objet d'arrestations arbitraires ou de harcèlement ailleurs dans la région, comme en Iran, en Irak, en Jordanie, en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis et dans les territoires palestiniens occupés, souvent après avoir critiqué les autorités.

Issue

Activists 
Freedom Of Expression 

Country

Colombia 
Ethiopia 
Iran 
Mexico 
Pakistan 
Rwanda 
Sudan 

Region

Africa 

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