Annual Report 2013
The state of the world's human rights

Press releases

6 July 2012

Condamnation historique en Argentine, une nouvelle étape vers la justice

Les peines de prison prononcées à l'encontre des ex-présidents de facto argentins Jorge Rafael Videla et Reynaldo Bignone pour le plan systématique d'appropriation de bébés en Argentique représentent une avancée historique en direction de la justice dans ce pays, a déclaré Amnesty International vendredi 6 juillet.

Jorge Rafael Videla et Reynaldo Bignone ont été reconnus coupables de l'enlèvement, de la rétention et de la dissimulation de mineurs ainsi que de la suppression de leur identité, lorsque l'armée était au pouvoir, de 1976 à 1983, et ont été condamnés à des peines de 50 et 15 ans de réclusion, respectivement.

« La condamnation de Jorge Rafael Videla et de Reynaldo Bignone prouve que personne n'est au-dessus des lois », a indiqué Mariela Belski, directrice exécutive d'Amnesty International Argentine.

« Il s'agit d'une avancée essentielle sur le chemin emprunté ces dernières années par l'Argentine en vue de traduire en justice les responsables des graves violations des droits humains commises lorsque le dernier gouvernement militaire était au pouvoir. »

La condamnation prononcée par le tribunal fédéral no 6 revêt une importance particulière car, pour la première fois, il a été possible de prouver, à travers les 35 cas d'appropriation illégale d'enfants qui ont fait l'objet d'une enquête dans cette affaire, qu'il existait un plan élaboré par les plus hautes instances du régime militaire, qui consistait à enlever, dissimuler et disposer des enfants nouveau-nés de personnes détenues et victimes de disparition forcée à cette époque. Ainsi, au lieu d'être remis à leur famille, ces bébés étaient donnés, sous une autre identité, à d'autres familles qui les déclaraient comme étant leur propre enfant.

Six de ces cas avaient été pris en compte lors du procès contre la junte militaire, en 1985, mais à ce moment-là il n'avait pas été possible de prouver l'existence d'un tel plan concernant les enfants nés alors que leur mère était en captivité ou les bébés enlevés pendant des opérations militaires.

Sept autres anciens membres de l'armée, notamment un médecin qui pratiquait des accouchements clandestins, ont également été condamnés à des peines allant de cinq à 40 années de réclusion. Ce jugement marque la fin d'une procédure judiciaire qui a débuté il y a 15 ans et d'un procès oral et public qui aura duré une année. À ce jour, plus de 100 enfants enlevés à leur famille ont retrouvé leur identité et 20 d'entre eux ont pu témoigner lors de ce procès. On estime que plus de 500 bébés auraient été volés lorsque l'armée était au pouvoir.

« Amnesty International appelle désormais l'État argentin à poursuivre ses recherches afin que les personnes qui ont été victimes de ces pratiques puissent récupérer leur véritable identité », a conclu Mariela Belski.

AI Index: PRE01/328/2012
Region Americas
Country Argentina
For further information, contact International Press Office »

International Press Office

Phone : +44 (0) 20 7413 5566
9:30 - 17:00 GMT Monday-Friday
Phone : +44 (0) 777 847 2126
Line open 24 hours a day
Fax : +44 (0) 20 7413 5835
International Press Office
Peter Benenson House
1 Easton Street
London
WC1X 0DW
UK
Follow International Press Office on Twitter
@amnestypress