07 February 2008
Demandez aux autorités sri-lankaises de protéger les professionnels des médias

[asset|aid=999|format=image|formatter=asset|title=Le journaliste Subramaniyam Sugirdharajan, correspondant du quotidien Sudar Oli dans le district de Trincomalee, a été tué le 24 janvier 2006.|widtLe journaliste Subramaniyam Sugirdharajan, correspondant du quotidien Sudar Oli dans le district de Trincomalee, a été tué le 24 janvier 2006.
Depuis la reprise du conflit armé à Sri Lanka, en 2006, les menaces pesant sur les médias et la liberté des médias se sont considérablement intensifiées.

Dix professionnels des médias, au moins, ont été victimes d’un homicide illégal depuis le début de l’année 2006. Parmi eux figure le journaliste Subramaniyam Sugirdharajan (ci-contre). Un autre a, semble-t-il, « disparu » alors qu’il était détenu par les forces de sécurité. D’autres encore ont été torturés et maintenus en détention arbitraire en vertu de règlements d’exception accordant des pouvoirs très étendus au gouvernement.

Les tentatives de censure des médias se multiplient depuis que le cessez-le-feu entre le gouvernement sri lankais et les Tigres libérateurs de l'Eelam tamoul (LTTE) a volé en éclats. La trêve de 2002 a officiellement pris fin le 16 janvier 2008, à la suite d’un vote unanime du conseil des ministres.

La montée des affrontements a immanquablement donné lieu à une multiplication des violations des droits humains commises par toutes les parties au conflit, et s’est également traduite par un recul de la protection des civils, notamment des professionnels des médias. Des journaux ont été fermés, des employés ont fait l’objet de manœuvres d’intimidation et d’agressions, et un site Internet a été bloqué.

Dans certains cas, les attaques ont été menées par des groupes armés tamouls agissant manifestement avec l’accord des forces de sécurité. Amnesty International n’a connaissance d’aucune enquête ayant abouti à l’arrestation et à la poursuite en justice des auteurs présumés des meurtres de journalistes et d’autres personnes travaillant dans les médias, y compris en ce qui concerne des affaires remontant à 1990.

Le 27 décembre 2007, le ministre du Travail, Mervyn Silva, s’est rendu avec des hommes de main dans les locaux de la chaîne de télévision publique Sri Lanka Rupavahini Corporation, où il aurait agressé le directeur de l’information, T.M.G. Chandrasekara.

Le ministre n’avait pas apprécié la décision prise par la chaîne de ne pas retransmettre le discours qu’il avait prononcé lors d’un meeting à Matara en présence du président Mahinda Rajapaksa. Le discours en question comportait un certain nombre de remarques insultantes. Déterminés à obtenir des excuses, des employés de la chaîne ont séquestré le ministre pendant près de trois heures après l’agression présumée.

Plusieurs journalistes sri-lankais ont depuis été informés par des sources fiables que des bandes armées avaient reçu l'ordre de les menacer, de les harceler et même de les tuer à cause de leur participation à des mouvements de protestation contre le comportement du ministre du Travail.

Les locaux de Voice of Tigers, la station de radio officielle des LTTE, qui sont situés dans la région septentrionale du Vanni, ont été bombardés le 27 novembre 2007 par l’armée de l’air sri-lankaise. Cette attaque a fait neuf morts et 10 blessés graves. Elle a coïncidé avec la retransmission de célébrations pour la journée de commémoration des membres des LTTE morts au combat.

Le 20 novembre 2007, le bureau du groupe de presse Leader Publications a été pris d’assaut par une bande armée. La police a déclaré que des hommes masqués avaient forcé les employés à s’agenouiller, et qu’ils avaient aspergé les presses d’essence avant d’y mettre le feu.

Le personnel d'Uthayan, un journal basé sur la péninsule de Jaffna, a également été la cible d’attaques menées par des groupes militaires et paramilitaires, qui se sont soldées par quatre morts. Vadivel Nirmalarajan, correcteur à Uthayan, est porté disparu depuis le 17 novembre ; il semble qu’il ait fait l’objet d’une disparition forcée. De plus, des employés des journaux Yal Thinakkural et Sudar Oli, entre autres, ont été tués.

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