Guinée équatoriale

Human Rights in RÉPUBLIQUE DE GUINÉE ÉQUATORIALE

Amnesty International  Report 2013


The 2013 Annual Report on
Equatorial Guinea is now live »

Chef de l’État :
Teodoro Obiang Nguema Mbasogo
Chef du gouvernement :
Ignacio Milán Tang, remplacé par Teodoro Obiang Nguema Mbasogo le 21 mai

Contexte

La Constitution modifiée, approuvée par référendum en novembre 2011, a été promulguée en février. Conformément au nouveau texte et dans l’attente d’élections début 2013, un gouvernement provisoire, incluant 12 membres de la famille du président Obiang Nguema, a été constitué en mai. Bien qu’aucune disposition constitutionnelle ne le prévoie, le président a nommé son fils aîné, Teodoro « Teodorín » Nguema Obiang, au poste de second vice-président.

En mars, dans le cadre d’une enquête sur une affaire de détournement de fonds publics et de blanchiment d’argent ouverte en France, des juges d’instruction ont décerné un mandat d’arrêt international contre « Teodorín » Nguema Obiang. En août, la justice française a saisi la résidence parisienne de celui-ci au motif qu’elle aurait été achetée avec de l’argent détourné de Guinée équatoriale. En septembre, le gouvernement équato-guinéen a saisi la Cour internationale de justice pour qu’elle ordonne à la France d’abandonner l’enquête visant le président et son fils, d’annuler le mandat d’arrêt lancé contre ce dernier et de restituer les biens confisqués. En octobre, le tribunal d’instruction de Malabo a décerné un mandat d’arrêt contre le directeur de la branche française de l’ONG Transparency International, l’accusant de calomnie, de diffamation, d’extorsion de fonds à la Guinée équatoriale et d’enrichissement illicite.

Haut de la page

Défenseurs des droits humains

Des défenseurs des droits humains ont été harcelés et arrêtés en raison de leurs activités et de leur engagement politique, pourtant pacifique.

  • Wenceslao Mansogo Alo, médecin, membre influent de la Convergence pour la démocratie sociale (CPDS, un parti politique d’opposition) et défenseur des droits humains, a été arrêté sans mandat au poste de police central de Bata, sur le continent, le 9 février. Il avait fait spontanément une déposition au sujet du décès d’une patiente, survenu le 1er février alors qu’elle subissait une intervention chirurgicale dans sa clinique privée. La famille de la patiente avait accusé le médecin d’avoir mutilé son corps, malgré deux rapports d’autopsie confirmant que la dépouille était intacte et que la femme avait succombé à une crise cardiaque. Le ministre de la Santé a affirmé que l’infarctus avait été provoqué par une erreur de dosage des anesthésiques. Malgré l’absence d’éléments à charge, le juge d’instruction a ordonné le placement en détention du médecin, sans toutefois l’inculper. Les recours contre l’arrestation et la détention ont été rejetés par plusieurs tribunaux. En mai, Wenceslao Mansogo Alo a été déclaré coupable de négligence professionnelle et condamné à trois ans d’emprisonnement et au versement d’une indemnisation. Il a été remis en liberté en juin, à la faveur d’une grâce présidentielle. Sa déclaration de culpabilité et sa peine ont fait l’objet d’un appel en novembre devant la Cour suprême, qui ne s’était pas prononcée à la fin de l’année.
Haut de la page

Arrestations et détentions arbitraires

Des opposants présumés ont été arrêtés et détenus arbitrairement au motif, entre autres, qu’ils n’avaient pas participé aux festivités organisées en août à l’occasion de l’anniversaire de la prise du pouvoir par le président Obiang. La plupart ont été détenus quelques jours ou quelques semaines avant d’être libérés sans inculpation. Plusieurs ont été torturés ou ont subi d’autres mauvais traitements.

  • Florentino Manguire Eneme, ancien associé de « Teodorín » Nguema Obiang, le fils aîné du chef de l’État, a été interpellé le 11 août au poste de police central de Bata, où il s’était présenté en réponse à une convocation par téléphone. Il a été accusé d’avoir transmis à des tiers des documents relatifs aux affaires de « Teodorín » Nguema Obiang. Deux jours plus tard, il a été transféré à Malabo, où il a été maintenu en détention au poste de police central avant d’être relâché, sans inculpation, le 23 août.
  • Le 17 octobre à 23 heures, des policiers qui n’étaient pas munis d’un mandat ont interpellé Agustín Esono Nsogo à son domicile, à Bata. Cet homme a été détenu au secret à la prison de Black Beach pendant au moins une semaine. On l’a torturé à trois reprises, dans le but semble-t-il de le contraindre à « avouer » un complot visant à déstabiliser le pays. Ce n’est qu’un mois après l’arrestation, soit bien au-delà des 72 heures prévues par la loi, que la détention d’Agustín Esono Nsogo a été validée par un magistrat. À la fin de l’année, il n’avait toujours pas été inculpé d’une quelconque infraction.

Une dizaine de personnes, dont des proches et des amis d’Agustín Esono Nsogo, ont été interpellées à Bata dans les jours qui ont suivi l’arrestation de celui-ci. Trois au moins ont été transférées à la prison de Black Beach à Malabo, puis relâchées sans inculpation le 30 octobre. Arrêté sans mandat le 22 octobre à la prison de Black Beach, où il rendait visite à un client appréhendé une semaine plus tôt, l’avocat d’Agustín Esono Nsogo, Fabián Nsue, a été remis en liberté ce même 30 octobre.

Haut de la page

Disparitions forcées

Antonio Lebán, membre des Forces spéciales de l’armée, a été arrêté à Bata peu après le 17 octobre. On était sans nouvelles de lui depuis. Son arrestation serait liée à celle d’Agustín Esono Nsogo.

Haut de la page

Exécutions extrajudiciaires

Des militaires et des policiers se seraient rendus coupables d’exécutions extrajudiciaires.

  • Alors qu’il tentait de s’évader avec 46 autres détenus dans la nuit du 14 mai, Blas Engó a été abattu par un soldat devant la prison de Bata, d’une balle tirée semble-t-il à bout portant.
  • En mai, un militaire a abattu Oumar Koné, un ressortissant malien, à Bata, parce qu’il refusait de verser un pot-de-vin à un barrage routier ordinaire.
Haut de la page

Liberté d’expression – journalistes

La presse demeurait sous le contrôle de l’État, et les critiques n’étaient pas tolérées. À la mi-octobre, une émission de la radio nationale a été interrompue et suspendue pour une durée indéterminée, en raison de la retransmission d’un entretien avec la représentante de 18 familles expulsées de force de leur domicile à Bata. Cette femme avait critiqué le président de la Cour suprême, l’accusant d’être personnellement impliqué dans ce litige.

Haut de la page

Prisonniers d’opinion

En juin, un prisonnier d’opinion et 20 autres prisonniers, qui étaient peut-être eux aussi détenus uniquement en raison de leurs opinions, ont été remis en liberté à la faveur d’une grâce présidentielle.

Haut de la page