Annual Report 2013
The state of the world's human rights

8 August 2008

Libération d’un prisonnier d'opinion syrien

Libération d’un prisonnier d'opinion syrien
Les autorités syriennes ont, contre toute attente, libéré Aref Dalilah mardi, à la faveur d’une grâce présidentielle. Aref Dalilah est l’ancien doyen de la faculté de sciences économiques de l’université d’Alep et il était un prisonnier d'opinion bien connu en Syrie.

Amnesty International se félicite de sa libération, mais souligne qu'il aurait dû être libéré depuis longtemps. L’organisation espère que toutes les autres personnes détenues pour délit d'opinion en Syrie seront également libérées.

Aref Dalilah a été arrêté en septembre 2001 et déclaré coupable par une cour de sûreté de l'État de « tentative de modification de la constitution par des moyens illégaux » en juillet 2002. Il a été condamné à une peine de dix ans d’emprisonnement. Il est resté sept ans derrière les barreaux, en étant la plupart du temps maintenu à l'isolement dans le quartier des détenus politiques de la prison d’Adhra, à Damas.

Il a été libéré vraisemblablement en raison de son état de santé, qui s’est dégradé de manière très inquiétante pendant sa détention.

Il a souffert d’une embolie pulmonaire, d’une thrombose veineuse profonde, d’une inflammation du cœur et de diabète. En mai 2006 il a eu un accident vasculaire cérébral qui a causé une perte de sensibilité dans le côté gauche du corps.

À sa connaissance, sa libération n’est assortie d’aucune condition, ni d’aucune restriction à sa liberté de mouvement qui l’empêcherait de se rendre à l’étranger pour se faire soigner.

Aref Dalilah a déclaré après sa libération : « Je remercie tous les gens d’Amnesty International pour ce qu'ils ont fait et tous ceux qui ont participé à des actions en ma faveur. Nous nous battons ensemble pour la justice et la démocratie. Cette lutte se poursuit. »

Aref Dalilah fait partie des dix personnalités qui ont été placées en détention en raison de leur rôle dans le « Printemps de Damas », et c’est lui qui a été condamné à la plus longue peine. On appelle « Printemps de Damas » la brève période, après l’arrivée au pouvoir du président Bachar el Assad en juillet 2000, durant laquelle les autorités ont permis une plus grande liberté d’expression et se sont montrées plus tolérante à l’égard des activités en faveur de réformes.

La libération d’Aref Dalilah ne clôt cependant pas le chapitre des détentions liées au « Printemps de Damas ». Kamal Labwani et Habib Saleh, qui avaient été emprisonnés dans ce contexte et libérés avant Aref Dalilah, ont été à nouveau arrêtés. Kamal Labwani a été condamné à quinze ans d’emprisonnement en raison de ses activités en faveur de la démocratie, et Habib Saleh est en train d’être jugé pour avoir publié des textes politiques sur Internet. Il y a en Syrie des centaines d’autres prisonniers politiques, parmi lesquels un grand nombre de prisonniers d'opinion.

Country

Syria 

Region

Middle East And North Africa 

@amnestyonline on twitter

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