Bahreïn - Rapport 2008 d'Amnesty International

Human Rights in État de Bahreïn

Amnesty International  Report 2013


The 2013 Annual Report on
Bahrain is now live »

Chef de l'État : Sheikh Hamad bin Issa al Khalifa
Chef du gouvernement : Sheikh Khalifa bin Salman al Khalifa
Peine de mort : maintenue
Population : 0,75 million
Espérance de vie : 75,2 ans
Mortalité des moins de cinq ans (M/F) : 15 / 15 ‰
Taux d'alphabétisation des adultes : 86,5 %

Des cas isolés de répression contre des défenseurs des droits humains, des journalistes et des sites Internet ont été signalés. Deux condamnations à mort ont été prononcées, mais aucune exécution n'a eu lieu.

Contexte
Des manifestations ont été organisées en février à la suite de l'arrestation de trois personnes ; des heurts ont opposé les manifestants aux forces de sécurité. Les trois hommes appréhendés – Abdul Hadi al Khawaja, président du Centre bahreïnite des droits humains, organisation dissoute ; Hassan Mshaima, ancien prisonnier politique et chef du mouvement radical chiite d'opposition al Haq ; et Shakir Mohammed Abdul Hussain – ont été inculpés d'« incitation à la haine et tentative en vue de modifier le système politique par des moyens illégaux », entre autres infractions. Ils ont été remis en liberté sous caution le jour de leur interpellation. Les poursuites judiciaires engagées à leur encontre ont été abandonnées par la suite, à la demande du roi Sheikh Hamad bin Issa al Khalifa.
Bahreïn a adhéré en septembre au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels.

Défenseurs des droits humains
Nabeel Rajab, vice-président du Centre bahreïnite des droits humains, organisation dissoute, aurait été harcelé. Il a été suivi et sa femme et lui-même ont reçu des appels téléphoniques anonymes insultants ainsi que des lettres et des messages de menace. Nabeel Rajab a été convoqué, en mars, devant la Direction des enquêtes criminelles, apparemment parce qu'il avait diffusé des documents concernant un rapport rendu public en septembre 2006 par Salah al Bandar, un ancien conseiller du gouvernement bahreïnite, de nationalité britannique. Selon ce rapport, des responsables gouvernementaux ont envisagé de truquer les résultats des élections législatives de novembre 2006 au détriment de la population chiite majoritaire. La Haute Cour criminelle avait interdit, en octobre 2006, la diffusion de toute information concernant le rapport de Salah al Bandar. À la connaissance d'Amnesty International, Nabeel Rajab n'a fait l'objet d'aucune inculpation.

Liberté d'expression
En mai, quelque 200 journalistes bahreïnites ont manifesté devant la Chambre des représentants (Parlement élu) pour réclamer une plus grande liberté des médias et la suppression des peines d'emprisonnement pour les délits de presse. Au cours du même mois, le Conseil consultatif (autre organe parlementaire) a adopté à l'unanimité un projet de loi dans ce sens. La loi n'avait toutefois pas été promulguée à la fin de l'année.
Au moins 22 sites Internet, dont certains diffusaient des critiques contre le gouvernement, étaient toujours interdits.
Selon certaines sources, les médias locaux auraient reçu l'interdiction d'interviewer Ghada Jamsheer, une militante des droits humains.

« Guerre contre le terrorisme »
Les derniers ressortissants bahreïnites encore détenus sur la base navale américaine de Guantánamo – Jumaa Mohammed al Dossari, résident en Arabie saoudite, et Issa Abdullah al Murbati – ont été renvoyés en Arabie saoudite et à Bahreïn, respectivement en juillet et en août. Ils ont été remis en liberté sans inculpation par les autorités de l'un et l'autre pays.

Loi antiterroriste
Au moins 11 personnes auraient été arrêtées à la mi-2007 en vertu de la loi antiterroriste entrée en vigueur en 2006. Six ont été remises en liberté, mais les cinq autres ont été placées en détention au mois d'août. Inculpées de « préparation d'attaques contre un pays tiers, appartenance à une organisation interdite et financement d'attentats terroristes », elles ont comparu le 23 octobre devant un tribunal et demeuraient incarcérées à la fin de l'année.

Arrestations et détentions arbitraires
Quelque 45 personnes ont été interpellées à la suite de manifestations qui ont eu lieu le 17 décembre et dans les jours suivants. Beaucoup ont été libérées au bout de quelques heures ou de quelques jours, mais 20 au moins ont été maintenues en détention dans les locaux de la Direction des enquêtes criminelles et dans la prison centrale de Manama. Ces prisonniers placés à l'isolement ont eu les yeux bandés pendant de longues périodes. Certains ont reçu des coups et des décharges électriques sur différentes parties du corps, entre autres tortures subies au cours de leurs interrogatoires par des membres des forces de sécurité. Selon certaines sources, trois détenus – Mohammad Khalil al Madoob, Hussain Khalil al Madoob et Hussain Abd al Nabi – se sont plaints d'avoir été torturés dans les jours qui ont suivi leur arrestation. Leur avocat a constaté qu'ils présentaient des lésions au visage résultant apparemment des coups qui leur avaient été portés.

Peine de mort
Une modification du Code pénal de 1976 visant à abolir la peine de mort pour trafic de drogue a été rejetée, en janvier, par le Conseil consultatif. À l'Assemblée générale des Nations unies, en novembre, le gouvernement a voté contre un moratoire sur les exécutions.
Deux personnes reconnues coupables de meurtre ont été condamnées à mort : un ressortissant bangladais dont on ignore l'identité, en janvier, et Mizan Noor al Rahman Ayoub Miyah, un autre Bangladais, en avril.