Annual Report 2013
The state of the world's human rights

20 March 2009

La proposition de l'Irlande d'accueillir des détenus de Guantánamo doit faire des émules

La proposition de l'Irlande d'accueillir des détenus de Guantánamo doit faire des émules
Le gouvernement irlandais a proposé d'accueillir un petit nombre de détenus de Guantánamo devant être libérés par les États-Unis mais ne pouvant être renvoyés dans leur pays de crainte qu'ils ne fassent l'objet de violations de leurs droits fondamentaux une fois sur place.

Dans un entretien accordé il y a quelques jours à CNN, Brian Cowen, le Taoiseach [Premier ministre] irlandais, a déclaré : « Il incombe à ceux qui ont réclamé la fermeture [de Guantánamo] d'aider les États-Unis à veiller à ce que certains détenus soient réinstallés ailleurs. »

Un porte-parole d'Amnesty International a salué la déclaration de Monsieur Cowen et demandé que d'autres lui emboîtent le pas.

« La déclaration forte du Taoiseach irlandais doit désormais faire des émules au sein d'autres gouvernements européens et, surtout, être accompagnée d'une action concrète et prompte de la part des États-Unis afin de mettre fin à la détention illégale des hommes se trouvant encore à Guantánamo », a expliqué Daniel Gorevan, responsable de la campagne Contre le terrorisme : la justice d'Amnesty International.

Des représentants de l'Union européenne se sont rendus à Washington au début de la semaine du 16 mars afin de discuter de la possibilité, pour des détenus de Guantánamo que les États-Unis ne souhaitent pas inculper et qui ne peuvent retourner dans leur pays d'origine, de bénéficier de la protection des pays européens.

Jacques Barrot, le commissaire européen à la Justice, a déclaré que les États-Unis avaient évoqué, dans le cadre d'une rencontre, le 17 mars, la possibilité d'un protocole d'accord entre l'Union européenne et les États-Unis concernant la protection des détenus de Guantánamo.

« Tout protocole d'accord entre l'Union européenne et les États-Unis relatif aux détenus de Guantánamo doit prendre en considération la condition fondamentale suivante : tous les détenus n'ayant pas été inculpés ni jugés dans le cadre d'une procédure équitable par la justice américaine doivent être remis en liberté en toute sécurité, a ajouté Daniel Gorevan. La fermeture de Guantánamo doit mener à une rupture nette et complète avec les violations des droits humains ayant été commises au nom de la lutte contre le terrorisme ».

Lors d'un point presse après la réunion avec les représentants de l'Union européenne, Eric Holder, le ministre américain de la Justice, a de nouveau déclaré que la procédure de révision des détentions à Guantánamo ordonnée par le président Obama le 22 janvier prévoit « diverses solutions » pour les détenus que l'administration a décidé de relâcher.

Parmi ces solutions figure « la possibilité que nous les remettions en liberté sur le territoire américain ». Le ministre a cependant précisé que la nouvelle administration n'avait « pris aucune résolution ni soumis de requête à qui que ce soit pour l'instant ».

« À ce jour, les États-Unis se sont abstenus de relâcher ne serait-ce qu'un seul détenu de Guantánamo sur le territoire américain, tout en demandant à d'autres gouvernements d'accueillir ceux ne pouvant être renvoyés dans leur pays d'origine de crainte qu'ils ne fassent l'objet d' actes de torture ou d'autres violations des droits humains à leur retour sur place, a expliqué Daniel Gorevan. L'heure est désormais à l'urgence. L'administration américaine doit immédiatement mettre un terme à cette politique contreproductive consistant à demander à d'autres d'accomplir ce à quoi elle se refuse elle-même, et d'admettre qu'elle a une obligation légale internationale de mettre un terme à ces détentions illégales sans plus tarder. »

Il appartient en premier lieu aux États-Unis de trouver des solutions pour toutes les personnes détenues à Guantánamo. Ce sont les États-Unis qui les ont placées dans ce lieu de détention et les y retiennent en toute illégalité.

« Si les États-Unis n'ont pas l'intention de les inculper et de les déférer devant des tribunaux américains ordinaires dans les meilleurs délais, et si ces hommes ne peuvent pas être renvoyés en toute sécurité dans leur pays d'origine, les autorités américaines doivent leur donner sans attendre la possibilité de séjourner aux États-Unis après leur remise en liberté », a estimé Daniel Gorevan.

En octobre dernier, un juge fédéral a déclaré illégale la détention de 17 Ouïghours à Guantánamo et a ordonné leur libération immédiate sur le sol américain. Plus de cinq mois plus tard, ils se trouvent toujours en détention illimitée à la base.

Les gouvernements d'Europe et d'ailleurs peuvent jouer un rôle vital en offrant une protection humanitaire, sous la forme d'un lieu sûr, aux détenus libérés ne pouvant retourner dans leur pays d'origine, de sorte qu'ils puissent reprendre le cours de leur vie. La participation de gouvernements européens peut permettre d'aider à atteindre le but fixé par le président Obama de fermer Guantánamo « dès que possible ».

Après une réunion à Washington le 16 mars avec le ministre irlandais des Affaires étrangères, Micheál Martin, la secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, a déclaré : « Nous avons besoin d'aide afin de prévenir les problèmes en matière de droits humains pouvant se poser lors de la libération et de la réinstallation des détenus. Et nous essayons de faire de notre mieux face à une situation dont nous avons hérité, tâche à laquelle l'Europe, d'un bout à l'autre, nous a assurément engagés. Nous espérons donc pouvoir compter sur la coopération des gouvernements européens. »

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Les cent premiers jours du président Obama : dernières nouvelles
Autres informations sur l'action d'Amnesty International visant à obtenir la fermeture de Guantánamo
Binyam Mohamed libéré du camp de Guantánamo (bonne nouvelle, 24 février 2009)
Building trust and respect for human rights (article, 28 janvier 2009)
Les ministres européens priés de contribuer à la fermeture de Guantánamo (nouvelle, 26 janvier 2009)

Issue

Detention 
Trials And Legal Systems 

Country

Ireland 
USA 

Region

Americas 

Campaigns

Security with Human Rights 

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