Informe anual 2012
El estado de los derechos humanos en el mundo

Documento - Cameroon: Fear for safety / detention without charge

ACTION URGENTE

DOCUMENT PUBLIC ÉFAI – 010287 – AFR 17/006/01
AU 111/01

Avertissement : Amnesty International défend des individus sans prendre position ni sur leurs idées
ni sur les organisations auxquelles ils pourraient adhérer.


CRAINTES POUR LA SÉCURITÉ / DÉTENTION SANS INCULPATION



CAMEROUN

le professeur Sindjoun Pokam
Djeukam Tchameni
Djimo Léandre
Peter William Mandio, journaliste
Olivier Sande

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Londres, le 3 mai 2001


Cinq hommes ont été arrêtés et sont maintenus en détention sans inculpation ni jugement dans des conditions éprouvantes. La torture et les autres formes de mauvais traitements sont monnaie courante au Cameroun, et Amnesty International éprouve de vives craintes pour la sécurité de ces hommes.


Les cinq hommes dont le nom figure ci-dessus ont été appréhendés le 26 avril 2001. Aucun motif n’a été avancé pour justifier cette interpellation. Ils sont actuellement retenus au Commissariat central de police de la capitale, Douala, où ils partagent une cellule de 16 m2. Ils n’ont pas accès à des sanitaires et dorment à même le sol. L’un d’entre eux, le professeur Sindjoun Pokam, s’est blessé à la tête au cours de son transfert au commissariat et n’a toujours pas reçu de soins médicaux. Le 1er mai, les cinq hommes ont entamé une grève de la faim pour protester contre leur détention.


Le professeur Sindjoun Pokam, Djeukam Tchameni, Djimo Léandre et Peter William Mandio sont membres du Collectif national contre l’impunité (CNI), qui milite pour que les auteurs de violations des droits humains soient traduits en justice. Ces hommes ont été interpellés alors qu’ils se rendaient à une réunion organisée au domicile d’un autre membre du CNI. Il semble que leur arrestation ait eu pour seul motif le fait qu’ils aient exercé leur droit à la liberté d’expression et protesté contre l’impunité.


En 1990, Djeukam Tchameni avait été maintenu en détention sans inculpation seize mois durant avant de comparaître devant un tribunal militaire. À l’époque, Amnesty International avait fait état des préoccupations d’ordre juridique qu’elle éprouvait à son égard. Peter William Mandio est le directeur de la publication du Front indépendant, journal qui adopte des positions critiques à l’égard du gouvernement.


Le cinquième homme arrêté, Olivier Sande, a été appréhendé le même jour que les quatre autres et conduit en même temps qu’eux au commissariat. On ignore les motifs de son interpellation.


informations générales

Selon le Rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, qui s’est rendu au Cameroun en 1999, la torture, dans ce pays, est « répandue et systématique ». Amnesty International a fait état à maintes reprises des préoccupations que lui inspirent les actes de torture et les autres formes de mauvais traitements commis en garde à vue, ainsi que les exécutions extrajudiciaires.


Le Collectif national contre l’impunité (CNI) a été créé après que le gouvernement eut tenté d’étouffer les protestations exprimées après la « disparition », en février, de neuf jeunes de Bépanda Omnisport, un quartier de Douala. De nombreuses personnes s’accordent à penser que ces jeunes ont été tués par des membres du Commandement opérationnel de la gendarmerie, une force de sécurité spécialement créée pour lutter contre la criminalité qui règne dans les rues de Douala. Le Commandement opérationnel a été accusé de s’être rendu responsable de nombre d’exécutions extrajudiciaires, d’actes de torture et de coups de filet – prétendument destinés à capturer des suspects – au cours desquels des civils ont été interpellés sans discernement et humiliés en public.


Soumis à des pressions nationales et internationales, le gouvernement a récemment mis sur pied une commission d’enquête chargée de mener des investigations sur les « disparitions », et a muté le responsable du Commandement opérationnel dans une autre région du pays. Toutefois, cette commission n’est pas indépendante et le gouvernement ne s’est pas engagé à rendre publiques les conclusions de ses travaux. Les autorités ont interdit l’organisation de manifestations publiques contre ces « disparitions », et les proches des victimes, de même que ceux qui dénoncent les violations des droits humains présumées, sont harcelés, suivis ou menacés. Le gouvernement n’a pas donné de suite positive aux appels l’invitant à accepter, voire à solliciter la présence d’observateurs internationaux chargés de suivre le déroulement de cette affaire ainsi que d’autres.


ACTION RECOMMANDÉE : télégramme / courrier électronique / fax / aérogramme / lettre par avion (en français ou en anglais) :

– dites-vous préoccupé par la sécurité de Sindjoun Pokam, Djeukam Tchameni, Djimo Léandre, Peter William Mandio et Olivier Sande ;


– demandez instamment qu’ils soient libérés immédiatement et sans condition, à moins qu’ils soient inculpés d’une infraction prévue par la loi ;


– insistez sur le fait que ceux qui dénoncent des violations des droits humains présumées ne doivent pas être harcelés ni menacés lorsqu’ils ne font qu’exercer leur droit à la liberté d’expression et leur droit de manifester sans violence.


APPELS À :



Ministre de la Justice :

Monsieur Amadou Ali

Ministre de la Justice

Garde des Sceaux

Ministère de la Justice

1000 Yaoundé

Cameroun

Formule d'appel : Monsieur le Ministre,



Procureur de la République :

Monsieur Michel Angouing

Procureur de la République

Ministère de la Justice

1000 Yaoundé

Cameroun

Formule d'appel : Monsieur le Procureur de la République,


Ministre de l’Intérieur :

Monsieur Ferdinand Koungou Edima

Ministre de l’Administration du territoire
Ministère de l’Administration du territoire

1000 Yaoundé

Cameroun

Formule d'appel : Monsieur le Ministre,



Commissaire principal et Directeur de la police de Douala :

Monsieur Djibril Garba

Commissaire principal et Directeur de la police à Douala

Direction centrale de la police

Douala

Cameroun

Formule d’appel : Monsieur le Commissaire,


COPIES À :


Premier ministre :

Mr Peter Mafany Musonge

Primature

1000 Yaoundé

Cameroun



Directeur de la police de Yaoundé :

Monsieur Pierre Minlo Medjo

Commissaire divisionnaire et Directeur de la police à Yaoundé

Fax : + 237 427889


Journal :

Le Front indépendant

Fax : + 237 425432



Hebdomadaire :

Le Messager

BP 5925, Douala

Cameroun

Fax : 237 42 02 14

Courrier électronique : redmes@wagne.net.cm ou lemessager@camnet.cm


ainsi qu'aux représentants diplomatiques du Cameroun dans votre pays.



PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.
APRÈS LE 13 JUIN 2001, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S'IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.

La version originale a été publiée par Amnesty International,
Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 0DW, Royaume-Uni. Seule la version anglaise fait foi.
La version française a été traduite et diffusée par Les Éditions Francophones d’Amnesty International - ÉFAI -
Vous trouverez les documents en français sur LotusNotes, rubrique ÉFAI - IS documents
Vous pouvez également consulter le site Internet des ÉFAI :
www.efai.org

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