Documento - ÉTHIOPIE. Prisonniers d'opinion / Craintes de torture. \u0000Sultan Fowsi Mohamed Ali (h) ; Ahmed Mohamed Tarah (h), ingénieur

ETHIOPIA ÉTHIOPIE. Prisonniers d'opinion / Craintes de torture.

ÉTHIOPIE

Prisonniers d'opinion
Craintes de torture


Sultan Fowsi Mohamed Ali (h)
Ahmed Mohamed Tarah (h), ingénieur

ACTION URGENTE

DOCUMENT PUBLIC
Index AI : AFR 25/023/2007
AU 245/07
ÉFAI
14 septembre 2007

Sultan Fowsi Mohamed Ali et Ahmed Mohamed Tarah ont été arrêtés le 28 août à Jijiga, la capitale de l'Ogaden, région somalie située dans l'est du pays. Ils sont détenus au secret à la caserne de Jijiga et risquent de subir des tortures ou d'autres formes de mauvais traitements.

Ces deux hommes sont des aînés respectés au sein de leur clan (Fowsi Mohamed Ali porte le titre de Sultan). Ils jouaient de longue date le rôle de médiateurs indépendants dans la résolution de conflits dans la région somalie, et étaient reconnus comme tels par les autorités.

Sultan Fowsi Mohamed Ali et Ahmed Mohamed Tarah sont détenus illégalement et sans inculpation. Ils n'ont pas été présentés devant une autorité judiciaire dans les quarante-huit heures suivant leur interpellation, comme l'exige pourtant la loi. Selon certaines informations, leur arrestation visait à les empêcher de témoigner devant une mission d'enquête des Nations Unies dépêchée le 29 août dans la région somalie. Celle-ci était chargée de faire la lumière sur certaines allégations indiquant que l'armée bloquait l'acheminement de l'aide humanitaire à certaines régions et que des partisans présumés du Front de libération nationale de l'Ogaden (FLNO), un groupe armé d'opposition, avaient été tués.

Amnesty International pense que Sultan Fowsi Mohamed Ali et Ahmed Mohamed Tarah sont détenus uniquement pour avoir dénoncé les atteintes aux droits humains perpétrées dans la région somalie, et qu'il s'agit par conséquent de prisonniers d'opinion.

INFORMATIONS GÉNÉRALES

Dans la région somalie, zone militaire presque complètement fermée, le gouvernement se heurte depuis plus de treize ans à l'opposition armée du Front de libération nationale de l'Ogaden (FLNO), qui se bat pour la sécession de la région de l'Ogaden. L'armée s'est rendue coupable de multiples exécutions extrajudiciaires et autres violations des droits humains depuis le début de ce conflit. Le 24 avril, le FLNO a lancé contre une installation pétrolière chinoise d'Abole une attaque qui a tué 65 civils éthiopiens et neuf civils chinois. En mai, le gouvernement a accusé ce groupe d'avoir tenté d'assassiner le président de la région somalie à Jijiga.

Le gouvernement a intensifié les opérations militaires contre le FLNO au mois de mai. Il a instauré un blocus sur les marchandises et la circulation des produits alimentaires, et restreint l'accès aux opérations humanitaires, ce qui a eu pour effet de déclencher une crise humanitaire. En juillet, il a expulsé Médecins sans frontières et le Comité international de la Croix-Rouge, qui menait depuis douze ans des projets humanitaires dans la région, en particulier dans les domaines de l'eau et du sanitaire, et effectuait des visites dans les prisons. L'armée se serait livrée à des exécutions extrajudiciaires de partisans présumés du FLNO, des placements en détention arbitraires et des actes de torture. Elle aurait en outre chassé la population de certains villages afin d'éliminer tout soutien au FLNO.

ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en anglais ou dans votre propre langue) :

- déclarez-vous préoccupé par l'arrestation de Sultan Fowsi Mohamed Ali et Ahmed Mohamed Farah à Jijiga, le 28 août, et par leur maintien en détention au secret dans la caserne de Jijiga, où ils risquent d'être torturés ;

- demandez pourquoi ces hommes ont été arrêtés et pourquoi ils n'ont pas été conduits devant une autorité judiciaire dans les quarante-huit heures suivant leur arrestation, comme l'exige la loi ;

- priez les autorités de libérer ces deux hommes immédiatement et sans condition ;

- exhortez les autorités à leur permettre immédiatement de voir leurs proches, de bénéficier des services d'un avocat et de recevoir tous les soins médicaux qui pourraient leur être nécessaires.

APPELS À

Premier ministre :
His Excellency Meles Zenawi, Office of the Prime Minister, PO Box 1031, Addis Ababa, Éthiopie
Fax : +251 11 1552020
Formule d'appel :
Your Excellency, / Monsieur le Premier ministre,

Président de l'État régional somali :
Abdullahi Hassan
Somali Regional State Council, PO Box 11, Jijiga, Éthiopie

COPIES À

Ministre fédéral de la Justice :
Assefa Kesito, Ministry of Justice, PO Box 1370, Addis Ababa, Éthiopie
Fax : +251 11 5517775
+251 11 5520874
Courriers électroniques :
ministry-justice@telecom.net.et
Formule d'appel :
Dear Minister, / Monsieur le Ministre,

Commission nationale officielle des droits humains :
Ambassador Dr Kassa Gebreheywot, Chief Commissioner, Ethiopian Human Rights Commission, PO Box 1165, Addis Ababa, Éthiopie
Fax : +251 11 618 0041
Courriers électroniques :
hrcom@ethionet.et
Formule d'appel :
Dear Chief Commissioner, / Monsieur,

ainsi qu'aux représentants diplomatiques de l'Éthiopie dans votre pays.
PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.
APRÈS LE 26 OCTOBRE 2007,
VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S'IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.

Amnesty International, International Secretariat, 1 Easton Street, WC1X 0DW, London, United Kingdom